Des nouvelles pas fraîches

Monde du crime en 1958

Monde du crime en 1958

Chroniques du monde criminel du mois d’octobre 1958

Un détenu cause des surprises peu banales

Près d’une centaine de vols éclaircis

Le travail du policier, souvent ingrat et difficile, réserve parfois des surprises les plus inattendues, non seulement au policier lui-même, mais aussi au plaignant, ce citoyen honnête qui a été victime ou dupe d’un malfaiteur.

Ainsi, par exemple, les deux incidents survenus, hier (mercredi, 15 octobre 1958), au quartier général de la police, au cours de l’interrogatoire d’un individu de 25 ans. qui, après avoir été recherché par plusieurs corps policiers de la région pendant plusieurs semaines doit comparaître aujourd’hui devant, les tribunaux, sous plusieurs chefs d’accusation de vols dans des maisons privées, non seulement à Montréal, mais dans plusieurs municipalités de banlieue, comme Verdun, Westmount et Hampstead.

D’abord, un officier de police apprit du suspect lui-même, que celui qu’il interrogeait était le cambrioleur qui avait forcé la porte de sa demeure en juillet dernier. Ensuite, une des victimes du même individu apprit à son tour que celle-ci était bien l’homme à qui il avait remis un billet de $ 5, pour « service rendu ».

Le lieutenant-détective Simon Lacroix, de la division ouest, de la Sûreté municipale, a précisé que le suspect a été capturé en fin de semaine dernière, alors qu’il circulait, dans une auto volée à Granby, dans le sens contraire d’une rue à sens unique de la métropole.

Conduit aux cellules du quartier général, l’individu fut aussitôt identifié comme étant le présumé auteur d’un vol de $ 700 commis le 6 octobre, dans une maison privée au 1282 ouest, rue Notre-Dame.

« Je me souviens… c’est moi »

Peu après, plusieurs détectives de divers districts de la métropole se mirent à interroger l’individu sur des plaintes qu’ils avaient à éclaircir.

Ainsi, à la demande de l’inspecteur Jean Tasse, chef de la division ouest, le détenu fut amené devant le capitaine Marcel Meunier. Ce dernier, incidemment, avait eu « la visite » de cambrioleur, dans sa propre maison, en juillet dernier.

Au cours de l’interrogatoire, le capitaine Meunier déclara au détenu qu’il avait lui-même été victime d’un cambriolage. « On avait déchiré le grillage de la porte arrière, pour entrer, » dit-il. « Et le voleur avait emporté ma marmite électrique et un petit cochon rempli d’argent américain. »

-Oui, me souviens, fit le détenu. C’est moi qui ai déchiré le grillage et emporté le tout. Même, il n’a pas d’escalier pour descendre à l’arrière de votre demeure. C’est très malcommode, vous savez!

Oh ! Surprise!

Le « bon samaritain »

Le lieutenant Lacroix a remarqué de son côté, qu’une grande quantité de marchandises et d’articles volés avait été retrouvée ici et là. « Cela et l’arrestation du suspect, nous permettent d’éclaircir près d’une centaine de vols dans des maisons privées », a-t-il précisé.

« Parmi les articles retrouvés, il y avait une montre indiquant les lunes du mois. Elle avait été volée de nuit, en même temps que l’auto du propriétaire.

Celui-ci m’a raconté qu’il dormait au moment du vol. Il retrouva sa voiture plus tard, fortement endommagée. Le voleur avait écrasé la voiture contre un poteau dans l’ouest de la ville.

Par la suite, poursuit l’officier, le plaignant m’apprit qu’il avait reçu un appel téléphonique d’un prétendu infirmier de l’hôpital Saint-Luc, qui s’était identifié comme étant M. Ouimet.

Ce « M. Ouimet » déclarait alors qu’il avait trouvé l’enregistrement de la voiture et certains papiers appartenant au plaignant, dans le centre de la ville.

Le plaignant reçut alors le « bon samaritain » chez lui en le remerciant, lui remit un billet de $ 5, comme récompense.

Sur ce,le lieutenant Lacroix sortit une photo du suspect et demanda à son plaignant : « Ce M. Quimet, est-ce lui ? » – Oui, c’est lui… – Celui qui a volé votre montre et votre auto !

Oh ! Surprise !

Six vols à main armée hier dans Montréal et la région

Six vols à main armée ont été enregistrés, hier, à Montréal et dans la région. Un butin de plus de $16,210 est ainsi tombé entre les mains des bandits, dans deux banques, une caisse populaire, deux restaurants et une maison d’appartements où un messager avait effectué une livraison.

Le premier vol a été commis par trois bandits masqués, à 10 heures 30 a.m., à la succursale de la Banque Canadienne-Nationale, à S.-Jacques-l’Achigan, à une trentaine de milles au nord de Montréal.

L’assistant gérant, M. Fernand Gilbert, a déclaré à la police provinciale qu’un des bandits immobilisa six employés, sous la menace d’un revolver, tandis que ses deux complices vidaient le contenu des caisses, soit environ $8,000.

La police provinciale sous les ordres du chef de l’escouade des vols à main armée, le lieutenant Albert Bisaillon, a aussitôt bloqué les routes environnantes, mais on n,avait pas encore réussi, tôt ce matin, à trouver les bandits.

Vers 2h 30 p.m., deux autres bandits, non masqués cette fois, ont commis un vol de $7,000, à la caisse populaire de S.-Elzéar. Les deux individus ont fui dans une automobile, dans laqyelle les attendait un troisième homme.

Finalement, peu avant 3 h p.m., un bandit solitaire a réussi à dérober $1,000, de la succursale de la banque Provinciale du Canada, au 4494, rue S. Denis. La caissière, Mlle Denise Perron, 22 ans, a déclaré à la police que l’homme sortit un revolver en s’approchant du comptoir et réclama de l’argent. La jeune fille lui remit alors une liasse de billets de banque et l’individu s’enfuit aussitôt.

Dans la soirée

Deux bandits ont fait irruption vers 9 h hier soir, au restaurant-épicerie de Mlle Clairette Ethier, au 1371 ouest, rue S. Jacques. Chacun portait un revolver noir et un d’eau dit laconiquement : C’est un hold-up ».

Puis, pendant qu’un des malfaiteurs tenait Mlle Ethier et trois client en respect, l’autre raflait le contenue de la caisse, soit environ $ 100. Les bandits prirent ensuite la fuite dans une voiture de taxi qui les attendait à la porte.

Peu après le vol, l’auto, filant rue St-Antoine, renversa des barrières de sécurité, indiquant un cahot assez prononcé dans la chaussée.

Par ailleurs, un peu plus tôt, le jeune Gérard Lavoie, 15 ans, messager de la pharmacie Cabron, 775 est, rue Roy, fut attaquée par un jeune homme armé, dans l’entrée d’une maison d’appartement, au %%1, rue Cherrier, où il venait d’effectuer une livraison.

Le bandit, dans la vingtaine, lui déroba $10.

Enfin, au tout début de la journée, soit vers 4 h. 30 a.m., deux individus dans la vingtaine, dont un était armé, s’emparèrent d’une somme de plus de $100, après avoir menacé une employée du restaurant des Royaux, au Stadium, angle Ontario et Delorimier. L’établissement est la propriété du conseiller municipal Marce Despatis.

Les escouades des vols à main armée, des polices municipales et provinciales, ont institué des enquêtes sur ces vols.

Ne pas empêcher un crime quand on le peut, c'est l'ordonner soi-même.
Les troyennes - Acte second - Scène II - Sénèque
Ne pas empêcher un crime quand on le peut, c’est l’ordonner soi-même.
Les troyennes – Acte second – Scène II – Sénèque. Photo de Megan Jorgensen.

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