Des nouvelles pas fraîches

Hausse du prix de l’essence

Hausse du prix de l’essence
La solution idéale dans le cas d'une hausse du prix de l'essence. Photo de Megan Jorgensen.
La solution idéale dans le cas d’une hausse du prix de l’essence. Photo de Megan Jorgensen.

Protestations contre une hausse du prix de l’essence

L’unanimité se fait pour la dénoncer  – Une nouvelle qui nous vient du février 1951

Les protestations s’accumulent devant la menace d’une augmentation du prix de l’essence.

La rumeur publique veut de plus en plus que l’essence, qui se détaille présentement 42 cents le gallon, pour la première qualité, augmente à 44 cents le gallon.

L’augmentation de ce produit de première nécessité a été vertigineuse depuis la fin de la guerre.

Cette ascension a commencé en 1946. L’essence se vendait alors 38 cents le gallon.

Bientôt, lorsque les postes ont recommencé à vendre de l’essence après 6 heures et qu’ils ont travaillé le dimanche, les compagnines, afin d’aider les vendeurs à rencontrer cette nouvelle dépense, ont consenti à une augmentation de dux cents le gallon.

Les autombolistes, patients, ont accepté cette hausse.

1949

Au printemps dernier, es compagnies ont annoncé qu’à cause du coût de la main-d’oeuvre et de la production, elles étaient forcées de majorer leurs prix de deux cents le gallon. Tout était si cher que les automobilistes ont accepté sans mot dire. Personne ne songeait à protester contre cet item que l’on qualifiait “de luxe”.

Aujourd’hui, tout se stabilise. L’indice du coût de la vie, ayant atteint son point culminant en août dernier, commence à descendre tranquillement la pente. Mais voilà que l’essence menace de grimper. D’où vient cette augmentation ?

Locateurs-vendeurs
Les locataires de postes d’essence se plaignent du loyer excessif qu’ils paient. Cette augmentation de leur loyer, ils veulent la transmettre à leurs clients. Hier soir, en l »hôtel LaSalle, au salon B, une trentaine de locataires de postes Shell se sont réunis pour discuter de la question de l’augmentation. Au moment où nous nous sommes présentés la discussion allait bon train. Tout c’est vite calmé à notre entrée.

« Nous préférons que vous ne restiez pas, » dit l’un des argumenteurs. « Nous discutons de choses personnelles. » C’est dommage, nous aurions peut-être appris s’il y avait vraiment une bonne raison pour que ces messieurs demandent une augmentation des prix de l’essence.

S’il existe une bonne raison, elle reste mystérieuse et les locataires de postes d’essence ont manqué une bonne occasion de faire connaître au grand public ces mystérieuses raisons.

Quoiqu’il en soit, la menace reste sur nos têtes. Les compagnies accepteront-elles d’augmenter le prix de leur produit pour répondre aux instances de leurs vendeurs ?

C’est impossible !

« C’est impossible », c’est exclamé M. De Gaspé Beaubien. Président du Royal Automobile Club, lorsque nous l’avons mis au courant de la rumeur. « Trop de gens seraient directement affectés par une telle hausse. Les compagnies ne consentiront jamais à une telle augmentation, »

« L’auto n’est plus un objet de luxe, » explique M. Beaubien. « Mois de 2,5 % des véhicules-moteurs présentement en circulation ne servent qu’au tourisme. Les autres sont des véhicules essentiels, servant au transport des marchandises, des voyageurs et des commodités dont les prix seront sûrement affectés si la décision d’augmneter l’essence de deux sous le gallon est fondée. »

« Le tourisme serait aussi atteint, » ajoute M. Beaubien. « Que dirait l’Américain en visite ou le touriste d’une autre province s’il trouvait une différence aussi considérable des prix dans notre province ? »

Quelques vendeurs, qui refusent de se joindre aux rangs des dissidents, crient aussi fort que les victimes.

Un important garagiste du centre de la ville, en réponse à notre question, s’est contenté de hausser les épaules.  « Qu’ils surveillent mieux leurs profits, » dit-il. « Ils se croient obligés de faire des cadeaux à leurs clients, par des remises sur toutes sortes d’accessoires. Ils mangent leurs profits et son surpris de ne pas arriver à la fin de la semaine. »

« Pendant la guerre, alors que les profits étaient gelés et qu’ils n’avaient pas le droit de faire de remises, ils se baladaient en Floride. Maintenant, c’est en donnant des cadeaux qu’ils croient attirer la clientèle. C’est bien de leur faute. »

(Montréal, 8 février 1951).

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