Une féroce guerre de remorquage éclate à Laval en juin 1993
La guerre que se livrent des entreprises de remorquage dans la partie Est de Laval serait à l’origine de l’explosion qui a complètement détruit, peu après minuit hier, une résidence située au 4220, boulevard des Mille-Îles, dans le quartier Saint-François.
Fort heureusement l’occupant de la maison, Jocelyn Legros, était absent au moment de la déflagration qui a réveillé tout le voisinage. Quand la maison a été pulvérisée, M. Legros était justement en train d’effectuer un remorquage avec sa dépanneuse de Remorquage M.P. Plus, appartenant à Michel Pietrantonio.
Pour M. Legros, il ne fait aucun doute que l’explosion qui a détruit la belle maison qu’il occupait est l’oeuvre d’une main criminelle. Sa compagnie a reçu de nombreuses menaces.
« Hier, je me suis fais dire par un employé d’une autre entreprise de remorquage: Tu ne peux pas savoir comment ton temps achève », a relaté M. Legros, assis dans son bureau de Carrosserie M.P. Plus, après avoir passé la nuit debout à répondre aux questions des policiers et des voisins.
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Un collègue de travail a passé près de se faire heurter par une dépanneuse et son conducteur a été interrogé par les policiers.
M. Legros soutient que, dans l’Est de l’île Jésus, la lutte est féroce pour le remorquage de véhicules à la suite d’accidents. Récemment, a-t-il poursuivi, le garage d’un autre entrepreneur a explosé.
« Actuellement, une firme a le contrat exclusif du remorquage des véhicules lors d’un grave accident, plus précisément quand le conducteur est mort ou blessé grièvement. Par contre, quand le conducteur peut discuter, il a le choix de prendre la compagnie qu’il désire. Nous sommes souvent préférés à cause de notre attitude qui n’est pas agressive et l’autre n’aime pas ca. »
Un des collègues de M. Legros a été accusé de voies de fait sur l’un des employés de la firme qui a le contrat exclusif. « Nous savons que nous n’avons rien fait et, dans un premier temps, deux policiers ont refusé d’inscrire la plainte. » L’employé en question a tout de même passé une nuit en prison, a indiqué M. Legros.
Il pense que les policiers font bien leur travail. « Avec toutes ces lois, chartes et autres, ils ont les mains menottées. Ils ne peuvent pas toujours agir comme ils le voudraient », ajoute-t-il.
M. Legros croit que, pour qu’il y ait moins de querelles et de guerres entre les entreprises de remorquage, Laval devrait redécouper ses districts et les confier par alternance à chacune des compagnies.
Fort bruit
Il était minuit juste quand les résidents ont entendu un fort bruit au boulevard des Mille-Îles, raconte Louise Bérard, une voisine qui demeure en face de la maison qui a explosé. « Lorsque nous sommes arrivés sur le balcon, quelques secondes plus tard, il n’y avait plus rien. C’était fini, plus de maison, seulement des débris. Une chance qu’il n’y avait pas d’occupant», a-t-elle souligné.
« L’un de nos employés était au travail et, quand il a entendu le bruit, il se tourne de côté et, déjà, tout avait été pulvérisé. On a retrouvé les fenêtres et les cadrages en plein milieu de la rue », a expliqué Jocelyn Legros.
La police de Laval a déclaré que cette explosion était bien l’oeuvre d’une main criminelle. Mais elle ignore encore si elle a été causée par une bombe incendiaire ou un accélérant. Des chimistes de laboratoire médico-légal du Québec et l’expert en sinistre de la police locale feront connaître les résultats de leurs expertises au début de la semaine. On devait par contre interroger deux suspects en soirée.
M. Jocelyn Legros effectuait un remorquage su moment où la maison qu’il habitait a explosé. Elle était inoccupée, sinon il y aurait certainement eu des victimes à déplorer.
M. Michel Pietrantonio, propriétaire de M.P. Plus, affirme que ses concurrents ont multiplié les menaces, ces derniers temps.