Des nouvelles pas fraîches

La grippe espagnole et la Mort

La grippe espagnole et la Mort

La Grippe espagnole et la Mort – la pandémie de 1918 

Jamais elle n’a été plus près de nous et plus menaçante ; elle remplit l’air de ses miasmes infectieux et pénètre partout, elle siège les villes, envahit les campagnes, escalade la maison du riche, descend dans celle du pauvre, s’attaque aux petits comme aux grands, aux faibles aussi bien qu’aux robustes et n’épargne personne sur son passage ; de son aile redoutable elle frôle tout le monde et des milliers d’êtres succombent à son contact perfide.

Jamais elle ne s’est montrée si affamée de carnage, si assoiffée de cadavres, non contente de se gorger des dépouilles de la guerre, voilà qu’elle demande à une terrifiante épidémie de nouvelles hécatombes, et sa faulx inflexible et brutale abat de fraîches victimes, fauche sans pitié des vies pleines d’espoir et d’activité.

Jamais les attributs qui la caractérisent ne se sont si bien vérifiés: aveugle, elle frappe sans distinction, et sous ses coups inconscients tombent des victimes de toute condition ; sourde, elle est sans égard et sans miséricorde, n’écoute aucune lamentation, méprisant les voix attendrissantes qui ici demandent grâce et ménagement.

Elle a jeté le monde dans l’affolement et lui fait oublier les horreurs de la guerre qu’elle surpasse en cruautés.

Heureux si dans cet énervement, et dans cours précipitée vers la science médicale, l’homme n’a pas oublié d’avoir recours à Dieu, si dans sa détresse il lui a envoyé un suprême appel, un cri suppliant de foi et d’espérance. Bien aveugle en effet qui ne verrait dans cette calamité décimante le doigt de Dieu et un avertissement solennel à l’humanité désobéissante et coupable, d’avoir à revenir promptement et sincèrement dans les droits sentiers de la vertu et de la justice.

Bien endurci qui ne se convertirait pas aux accents de cette voix lugubre, voix nouvelle que Dieu substitue à la parole dédaignée des pasteurs, devenue muette, et aux clameurs de nos chaire silencieuses, voix puissante qui fermera les théâtres et les buvettes source de nos maux, voix salutaire qui convertira les âmes et réformera le monde.

(Par La Rochelle).

Sainte-Geneviève de Batiscan

Grippe espagnole : Le 16 octobre. La mort enlevait à l’affection de sa famille et de tous ceux qui l’ont connu, Patrick, enfant bien aimé de Octave Massicotte, cultivateur, et de Alphonsine Langlois. Le défunt, âgé de 15 ans seulement, succomba après quelques jours de maladie : forte attaque d’appendicite et grippe espagnole. Se sentant affaiblir, il demanda lui-même à être muni des sacrements de la sainte Église. Avec une grande résignation, il s’est conformé à la volonté de Dieu, et généreusement il a fait le sacrifice de sa vie. Quelques heures après il s’endormait dans le Seigneur avec le calme et la sérénité d’un petit enfant. Qu’il repose en paix. Parents affligés, votre douleur est grande et légitime. Mais consolez-vous, au Ciel la famille se reformera.

Les funérailles eurent lieu jeudi matin à neuf heures. À la famille en deuil nous offrons nos sincères sympathies.

(Publié dans le Le Bien public, journal de Trois-Rivières, édition hebdomadaire, texte paru le jeudi, 21 octobre 1918).

Soeurs de la Sainte-Croix en octobre 1918. Photo libre de droits.
Soeurs de la Sainte-Croix en octobre 1918. Photo libre de droits.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *