Une note de 3,5 milliards pour l’équité salariale
Après une bataille de quinze ans et deux défaites en cour, Ottawa tourne finalement la page de l’équité salariale. Le gouvernement accepte de verser entre 3,3 et 3,6 milliards à ses employés.
« C’est en fin le temps de célébrer, c’est une victoire pour tous les travailleurs canadiens ». Ainsi a lancé Daryl Bean, président de l’Alliance de la fonction publique.
Les milliards de l’équité salariale, a expliqué une représentante du gouvernement Chrétien, se puiseront dans les provisions du gouvernement. Personne n’en sentira donc les contrecoups.
Arrivé au bout de ses ressources juridiques, le gouvernement a donc décidé de ne pas en appeler de la décision de la cour fédérale. En fait, celle-ci a confirmé, il y a une dizaine de jours un premier jugement historique du Tribunal des droits de la personne en faveur des fonctionnaires.
Une note de 3,5 milliards aux 230 mille employés
Quelque 230 mille employés de l’état, par la grande majorité des femmes, recevront dans les prochains mois un ajustement salarial rétroactif estimé à 30 mille dollars en moyenne. L’entent conclue doit encore être approuvée par le Tribunal des droits de la personne, une formalité, jugent les deux parties.
Pour les syndiqués, la victoire de l’Alliance de la fonction publique est celle de tous les travailleurs qui se battent pour la reconnaissance de l’équité salariale.
« La vitesse à laquelle l’accord a été conclu est une leçon pour tous ceux qui attendent un règlement, a affirme Nycole Turmel, vice-président de l’Alliance. Nous espérons que notre victoire fera comprendre à tous les employeurs que l’équité salariale, c’est la loi ».
Après BELL, d’autres grands employeurs, tels Air Canada et Canadien, se retrouveront dans la mire des syndicats.
(Texte paru dans La Presse, le 30 octobre 1999).
