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Enseignants : grève ou démission en bloc?

Enseignants : grève ou démission en bloc?

La décision des enseignants : mystère ! : Démission en bloc ou grève en septembre

Les enseignants du Québec reprendront dans quelques heures les droits que le bill 25 leur avaient supprimés en février 1967. C’est aujourd’hui, à Montréal, nue le président de la Corporation des enseignants du Québec (CEQ), M. Raymond Laliberté, doit faire connaître la position des enseignants face à « la lenteur des négociations provinciales ».

Les enseignants remettront-ils leurs démissions massivement ou demanderont-ils la conciliation, comme le prévoit le Code du Travail qui régit à nouveau leurs relations de travail avec leurs employeurs, les commissions scolaires locales et régionales?

À cette question, le président de la Fédération des enseignants de L’Île de Montréal, M. Julien Thibodeau, pas plus que M. Matthias Rioux, président de l’Alliance des professeurs de Montréal, n’ont voulu répondre. M. Laliberté a, lui aussi, esquivé la question en demandant d’attendre à demain (aujourd’hui) pour en savoir davantage.

Au cours de l’assemblée de la Commission des écoles catholiques de Montréal, hier après-midi, on a fait lecture d’un télégramme de M. Marcel Masse, ministre délégué a la Fonction publique qui répondait a une question des commissaires. M. Masse faisait écho a une déclaration du porte- parole patronal à la table de négociation provinciale des 72.000 enseignants du Québec, Me Jean Cournoyer, à l’effet :

  1. que rien ne s’oppose à ce que les représentants de la partie syndicale, au niveau local, demandent au ministère du Travail la conciliation prévue dans le Code du travail ;
  2. que rien ne semble s’opposer à ce que la partie syndicale. au nom de la table de négociation, fasse elle-même une demande.

Un commissaire, M. Paul-Henri Lavoie, a déclaré que ce télégramme ne donne aucune indication sur les intentions du gouvernement. Il a relevé l’ambiguïté de la situation, en décrivant 1 e gouvernement comme négociateur et législateur.

« Le gouvernement, comme législateur, ne veut pas faire connaître sa stratégie », a-t-il dit. Il a poursuivi en disant que « si le gouvernement ne veut pas faire connaître son intention, c’est son droit, mais ça nous met dans la situation où on ne sait pas quoi dire ». Selon lui, M. Masse aurait dû ajouter qu’il y avait une troisième solution consistant, celle-là. à ce que les enseignants « prennent la rue. »

La 1er juin

C’est demain que théoriquement les enseignants reprennent leurs droits à la négociation collective sur le plan local et leur droit de grève. Il leur faudra d’abord franchir les étapes prévues au Code du travail, soit la conciliation pendant 60 jours (ou 90 jours dans le cas d’une première convention collective’ avant de pouvoir déclencher légalement la grève.

Plus rien ne forcera les enseignants à négocier a l’échelle provinciale. Cependant clauses Intervenue» sur les plans locaux devront être uniformisées sur le plan provincial pour être mises en application. C’est aujourd’hui que M. Laliberté doit tenter de démêler ce dilemme.

Les enseignants de la région de Montréal ont manifesté hier devant l’édifice de la CECM, rue Sherbrooke, pendant, que leurs dirigeants (de sept associations) rencontraient les commissaires d’écoles. Monsieur Matthias Rioux a lu un mémoire portant sur les droits acquis.

« Ils (les enseignants) sont venus réclamer le maintien des droits qu’ils ont acquis au prix d’efforts inouïs et incessants durant les dix ou quinze dernières années : leurs droits acquis dans les lois et leurs droits acquis dans leurs différente.» conventions collectives.

« … Dans quelques heures le bill 25 sera mort… Enterrer le bill 25, en soi, cela justifie amplement la présente manifestation.

Les enseignants du Québec recouvrent leur liberté et, dés leur sortie de prison, ils viennent fêter leur libération devant ce qui, aux yeux de tous, est le symbole même de « autorité scolaire dans la région de Montréal: le centre administratif de la CECM. »

Après avoir énuméré plusieurs points sur lesquels il y a encore divergences d’opinion, la mémoire ajoute que les enseignants sont prêts à se battre.

« Ils ne renonceront pas à la lutte qu’ils ont entreprise pour améliorer leurs conditions de travail parce que cette amélioration est indispensable à la réforme efficace de tout l’enseignement québécois. Si le gouvernement et les commissions scolaires veulent seulement faire semblant d’effectuer ces réformes, les enseignants entendent bien voir à ce que la population ne soit pas bernée une fois de plus par ceux qu’elle a élus pour la représenter aux divers échelons de gouvernement. »

M. Rioux a ajouté que « les négociations qui se déroulent présentement sont de la foutaise ».

La rencontre fut fort amicale. Le président de la CECM, M. André Gagnon, qui est en congé sans solde pour briguer les suffrages aux élections fédérales, était présent à cette rencontre. Il a fait part que la CECM espérait en venir rapidement, au dialogue avec leurs enseignants, comme auparavant.

Rappelant que les commissaires et les enseignants ont une tâche commune, celle de voir à l’éducation des enfants, il a ajouté qu’il espérait « qu’on continuera de penser aux enfants et qu’ils ne deviendront, pas des otages ».

Tous les commissaires étaient présents.

(C’est arrivé au Québec le 31 août 1968).

Le temps presse
Le temps presse. L’horloge ne s’arrête pas. Photo de Megan Jorgensen.

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