Des nouvelles pas fraîches

Enlèvement de ses propres enfants

Enlèvement de ses propres enfants

Mère accusée de l’enlèvement de ses propres enfants

Mariage deux fois dissous

La police de Windsor arrête Mme John-D. Code, de Montréal, à la frontière américaine. – Elle tentait de se rendre aux États-Unis avec ses enfants pour échapper à la juridiction de notre Cour supérieure où son ancien mari a pris des procédures actuellement pendants pour obtenir la garde des enfants

La police provinciale a annoncé, hier soir, l’arrestation de Mme John Drummond Code, 35 ans, 1009, boulevard Laird (Ville Mont-Royal) qui avait quitté la ville de Montréal vendredi soir dernier dans le but apparent de se soustraire à la juridiction de la Cour supérieure où des procédures en habeas corpus ont été prises contre elle au sujet de la garde de ses deux enfants, qu’elle retiendrait illégalement.

Accompagnée de ses deux fils âgés de moins de dix ans, elle a été arrêtée samedi soir, par la police de Windsor, en Ontario, comme elle allait passer la frontière américaine à bord d’un train international. À la nouvelle de cette arrestation, deux agents de la police provinciale de Québec sont immédiatement partis pour Windsor ; ils ramèneront Mme Code à Montréal aujourd’hui.

Mme Code, qui tentait de passer la frontière sous le nom d’emprunt de Mme Gordon Graham, sera accusée d’enlèvement. Son mari, M. John-D. Code, 38 ans, a été mis en état d’arrestation samedi sous la même accusation.

Cet enlèvement est une nouvelle et retentissante péripétie de la querelle qui sépare Mme Code de son premier mari, le docteur H.W. Williams, riche et éminent spécialiste de Rochester (New York). Autrefois Mme Code, qui résidait alors aux États-Unis, épousa en premières noces le docteur Williams. Ils eurent deux enfants, Henry-Ward, 9 ans, et James Simpson, 7 ans. Par la suite, deux divorces intervinrent. Le docteur obtint un divorce devant la Cour Suprême de l’État de New York, laquelle accorda la garde des enfants au père. La mère obtint aussi un divorce des tribunaux de l’État de la Floride, lesquels accordèrent la garde des enfants à la mère. Depuis lors, le docteur Williams s’est remarié sa femme également. Elle est maintenant l’épouse de Mé Code et demeure à Montréal avec lui.

Ce qui donna lieu aux procédures actuellement pendantes devant notre Cour Supérieures, est le fait que la mère, forte de son jugement en divorce, a gardé et garde encore les enfants.

Également fort de son propre jugement en divorce lui accordant aussi la garde des enfants, le père, représenté par Me Philippe Brais, C.R.. de l’étude juridique Brais et Campbell, a pris un bref d’habeas corpus afin de forcer Mme Code à lui remettre les enfants. Cette affaire, où il s’agit de décider de la possession de ces enfants issus d’un mariage deux fois dissous, est actuellement pendant devant l’honorable juge Alphonse Décary de la Cour Supérieure. L’enquête a eu lieu et les plaidoiries doivent commencer d’un jour à l’autre. Le Tribunal décidera ensuite lequel des parents a droit à la garde des enfants, qui, entre parenthèses, sont héritiers de la fortune de leur grand-père paternel, soit de plus d’un million.

Lorsque Me Philippe Brais, avocat du docteur Williams, a découvert samedi que Mme Code avait quitté Montréal depuis la veille avec les enfants et qu’elle n’y était pas revenue, il a craint que la mère n’eut le dessin de se soustraire à la juridiction de la Cour supérieure et de frustrer les procédures en habeas corpus. Il avertit la police et les mesures nécessaires furent prises pour faire arrêter Mme Code. Samedi après-midi, un mandat d’arrestation fut signé contre le mari, M. Code, par M. le juge Desmarias, de la Cour des sessions de la paix. Le chef de police Elliott, de Ville Mont-Royal exécuta le mandat et arrêta M. Code, qui, dit-on, avait déjà fait ses malles pour quitter aussi Montréal.

En même temps, la police était alertée et se mettait à la recherche de Mme Code. Elle fut retracée à Toronto. Avant que les mandats nécessaires furent signés, Mme Code quittait la Ville-Reine à destination de Windsor. C’est là qu’elle fut arrêtée à bord d’un train, pendant l’inspection du convoi par les douaniers.

Maître Claude Prévost, de l’étude Hyde et Ahern, avocat de Mme Code et de M. Code, ignorait la fugues de sa cliente. Interrogé au sujet de l’affaire, il a répondu que c’était sans doute là l’acte d’une mère désespérée.

(Cela se passait le 5 mars 1939).

L’amour meurt toujours à l’aube, une aube bien froide et bien blême, pour satisfaire aux clichés en usage. (Jean-Pierre-Andrevon Chapo). Photographie par Megan Jorgensen.
L’amour meurt toujours à l’aube, une aube bien froide et bien blême, pour satisfaire aux clichés en usage. (Jean-Pierre-Andrevon Chapo). Photographie par Megan Jorgensen.

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