Des nouvelles pas fraîches

Eisenhower et Kay Summersby

Eisenhower et Kay Summersby

Ike avait un faible pour son chauffeur

« Il est rare de voir un général embrasser son chauffeur », explique Jack Thompson, correspondant de guerre de Chicago Tribune.

Une photographie oubliée a fait ressurgir une romance passée, telle qui unit le général Dwight Eisenhower à Kay Summersby, son chauffeur particulier durant la guerre.

Sur cette photographie, prise à Remis en mai 1945, le général Eisenhower forme le V de la victoire en brandissant les deux stylos avec lesquels les officiers nazis viennent de signer la capitulation allemande. Cinquante ans plus tard, le photographe personnel d’Ike, le sergent Al Meserlin, a exhumé le tirage original de ce cliché sur lequel figure au second plan, derrière le général, Kay Summersby.

La jeune femme avait disparu de cette photographie officielle, soigneusement retouchée par le laboratoire photographique des armées.

Le général Eisenhower n’avait mentionné qu’une seule fois Kay Summersby ans son journal, dans une liste du personnel militaire. Mais avant de mourir, malade et solitaire, en 1974, Kay Summersby devait raconter, dans une autobiographie amère (Un oubli du passé : ma liaison avec Dwight D. Eisenhower), une histoire d’amour, passionnée mais platonique, qui ne devait durer que le temps de la guerre.

Une histoire romantique, émaillée de baiser volés, de promenades à cheval, de parties de bridge et de soirées passées ensemble à écouter des disques en sirotant des cocktails.

Durant la guerre, Kay Summersby, irlandaise divorcée, ancien mannequin de la maison de couture Worth à Paris, s’était engagée comme volontaire dans les transports britanniques. Elle conduisait une ambulance sous les bombardements dans le quartier d’East End, transportant morts et blessés.

Elle était âgée de 33 ans lorsqu’elle fut désignée comme chauffeur personnel du général Eisenhower, de 20 ans son aîné. Kay écrit avoir succombé « immédiatement à ce large sourire qui allait devenir célèbre ». Le général s’attacha à cette pétillante jeune femme qui portait du rouge à lèvres sons son masque à gaz.

Sous l’influence de Kay Summersby, le général Eisenhower devint un amateur de thé, habitude tournée en dérision par les officiers américains : « Eisenhower est le meilleur des généraux britanniques ».

Bientôt, le chauffeur fut promue secrétaire personnelle. De Downing Street aux champs de bataille, où elle partagea la ration des GI’s et sabla le champagne avec les généraux Bradley et Patton, des réunions secrètes aux dîners officiels où elle tenait le rôle d’hôtesse, la jeune femme devint «l’ombre d‘Ike », d’après le commandant Bradley, ancien camarade d’Eisenhower à West Point.

« Nous n’avons rien à cacher à Kate », avait confié le général à Winston Churchill, charmé par cette jeune femme assise à ses côtés lors d’un dîner. Il devait lui décerner la médaille de l’Empire britannique.

Cette amitié amoureuse ne devait pas manquer de susciter sous-entendus, railleries et plaisanteries grivoises dans les rangs des soldats, ainsi que la jalousie de l’épouse du général.

Lorsque le général quitta l’Europe pour retrouver le Pentagone, quelques mois après la victoire alliée, Kay Summersby fut oubliée sur la liste du personnel qui devait le suivre aux États-Unis. Elle s’installa par la suite aux États-Unis et obtint la nationalité américaine.

Son existence se déroula entre déboires sentimentaux et difficultés financières. Reçue une fois à la Maison Blanche, elle fut priée de ne plus chercher à revoir le président. Le général Eisenhower avait alors écrit : J’ai appris aujourd’hui que ma chère secrétaire se trouve actuellement dans une situation désespérée. Je suis certain qu’elle se reprendra en main; elle est irlandaise et tragique.

L'histoire de l'homme n'est pas à écrire, mais à vivre. Et c'est justement cela qui fait la force de l'homme (Vasco Varoujean). Photo de Megan Jorgensen.
L’histoire de l’homme n’est pas à écrire, mais à vivre. Et c’est justement cela qui fait la force de l’homme (Vasco Varoujean). Photo de Megan Jorgensen.

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