Des nouvelles pas fraîches

Condamné remercie le juge

Condamné remercie le juge

Condamné remercie le juge – Intérêt à 40 pour cent – La loi de guerre et les patrons

Condamné au bagne pour 4 ans Kayan remercie le juge

L’Arménien s’en tire à bon compte à cause de son âge

Joseph Kayan, Arménien coupable d’avoir blessé trois personnes, Harry Merakim, sa femme, et leur cousine, Rose Karogranin, l’ex-fiancé du prévenu, a été condamné à une peine de 4 ans au bagne, hier, par le juge Wilfrid Lazure, en cour d’Assises. Kayan purgera une peine de deux ans pour avoir blessé Harry Merakian en lui tirant une balle de revolver dans la tête. À l’expiration de cette première peine, il devra passer encore deux ans à l’ombre, pour avoir blessé (il l’a lui-même avoué) les deux femmes en question. Le prévenu avait d’abord subi son procès pour tentative de meurtre, mais le jury rendit un verdict de « blessures ».

Mais il est rare qu’un juge soit remercié après une condamnation. Le fait s’est produit lorsque Kayan déclara doucement : – Vous avez un cœur sympathique, et que le ciel vous bénisse.

Avant le prononcé de la sentence, Kayan implora la clémence en invoquant son âge avancé 58 ans) et le grand amour qu’il portait à Rose Karognanin. Il conclut qu’il allait visiter des amis au moment du drame. Sur quoi le juge Lazure souligne : – Vous allez visiter des amis avec un revolver chargé de six balles? – Pardon, Votre Honneur, il n’y en avait que cinq.

La peine imposée à Kayan compte cependant du mois de septembre 1939, lors de son arrestation à Windsor, en Ontario, après sa fuite de Montréal au lendemain de la tragédie.

Intérêt à 40 pour cent sur billet

Abraham I. Cohen accuse Harry Rosenthal de lui avoir chargé de taux

Le juge Jules Desmarais, siégeant dans la salle de messieurs les notaires, au troisième étage du Palais, a présidé hier au procès Harry Rosenthal, 1435, rue Bleury, accusé, par Abraham I. Cohen, d’avoir exigé de 36 à 40 pour cent d’intérêt sur 365 billets escomptés à la demande du plaignant lorsqu’il opérait une compagnie sous le nom de Berman Brothers en 1937 et en 1938.
Le procès. Qui durera plusieurs jours ne manquera pas d’intérêt (sans calembour). Le ministère public, représenté par Maître Jean Tellier, C. R. et Maître Ernest Bertrand, M. P., tente de prouver le chef d’accusation tel que porté, alors que la défense, représentée par Maîtres Peter Bercovitch, Ben Shulman et Gustave Monet, fera tout pour obtenir un jugement favorable. Le délit aurait été commis entre le 1er janvier 1937 et le 7 novembre 1938.

Hier, Maître Peter Bercovitch demanda au plaignant Cohem s’il devait $11,443.90 à la Leeds Importing et Cohen de déclarer : – Est-ce le procès de Rosenthal ou le mien ? – Répondez aux questions, demande le tribunal. – Je ne me souviens plus du montant que je devais avant le compromis. – Rosenthal ne vous a-t-il pas donnée une réduction volontaire de $3,000 ? – C’est toujours la même chose, interrompt Maître Bertrand. Ceci n’a rien à faire avec la plainte.

Un témoin important, M. Roger Marchand, 3674, rue Jeanne-Mance, comptable expert, produisit le travail qu’il avait préparé avec les livres de l’inculpé et déclara, sous serment, avoir noté que le taux de l’intérêt alla jusqu’à 24 pour cent. Le témoin a utilisé tous les billets escomptés par Rosenthal en faveur de Cohen, pour en arriver à cette conclusion.

La chaise levée et le mari qui défend sa jeune épouse

Accusation de voies fait contre deux inculpés pendant un déménagement de hardes

Aimé Lavallée et Joseph Grenier, accusés de voies de fait sur la personne de Roméo Théroux, 2216, rue Workman, ont été cités à leur examen volontaire hier par le juge Gustave Marin, le doute étant toujours contre l’inculpé à l’enquête judiciaire. La victime déclara avoir eu une dispute avec la femme de Grenier, qui avait demandé « son » linge. Mais Théroux aurait refusé de livrer les hardes, affirmant qu’elles appartenaient plutôt à une connaissance de Mme Grenier ». Rita Lachapelle, 14 ans, 2362, rue Lalonde, se trouvait au restaurant de sa grand’mère, lorsqu’elle vit Lavallée tenir Théroux pour permettre à Grenier de mieux le frapper. Me Jean Mercier, avocat de la défense, demande au témoin :

– Ce jour-là, le 14 novembre, vous avez vu les prévenus frapper la victime ?

– Oui.

– Ont-ils frappé fort ?

– J’étais trop énervée. J’ai vu le coup, mais ne sais pas à quel endroit Théroux a été frappé.

– Avez-vous vu la victime courir vers Mme Grenier, la femme de l’un des inculpés à la barre, et la menacer avec une chaise ?

– Oui. Mme Grenier sortait du linge en disant qu’il lui appartenait. Je sais que M. Théroux avait bu du vin dans la journée.

Le juge Marin fixa l’examen volontaire au 29 novembre 1940.

Parole de patron et loi de guerre

Firme accusée d’avoir refusé de reprendre à son emploi un mobilisé

Les patrons sont obligés de reprendre à leur emploi les jeunes recrues de retour de l’entraînement obligatoire de 30 jours. Ils devraient y songer à deux reprises avant de refuser de l’emploi à un employé qui revient des casernes. Le premier cas du genre dans les annales criminelles dans tout le Canada a été soumis hier au juge J. C. Langlois. La firme Hyde Park Clothes Limited, 2059, rue Bleury, était citée à la barre pour avoir refusé de reprendre un mécanicien, le plaignant au dossier, Jean-Paul Chartrand, 4697, rue Henri-Julien.

Maître Jacques Vadboncoeur, avocat de la poursuite, déclara au tribunal que tous les patrons manquant à leur parole seraient poursuivis. L’accusation logée contre la compagnie accusée se lit comme suit : « Le Hyde Park Clothes, étant mon employeur, alors militaire, à, sans raison valable, refusé de me réintégrer dans mes fonctions à l’expiration de ma période d’instruction ou de me confier un emploi comportant des conditions aussi avantageuses que celles dont j’aurais bénéficié, si je n’avais pas été appelé à suivre un cours d’instruction militaire, et ce contrairement aux dispositions édictés à l’article 20 des règlements de 1940, sur les services nationaux de guerre. »

Le prévenu enregistra un plaidoyer de non culpabilité et le procès fixé au 28 novembre 1940.

(Chronique judiciaire du Québec du 22 novembre 1940).

Le monde est partagé en deux, ceux qui peuvent faire une grève de la faim et ceux qui aimeraient une greffe de la faim (Inconnu). Image : © Megan Jorgensen.
Le monde est partagé en deux, ceux qui peuvent faire une grève de la faim et ceux qui aimeraient une greffe de la faim (Inconnu). Image : © Megan Jorgensen.

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