Des nouvelles pas fraîches

Chronique ouvrière du 18 juillet 1937

Chronique ouvrière du 18 juillet 1937

Chronique ouvrière du 19 juillet 1937 – La grève générale chez les ouvriers de filatures – Assemblée chez les chauffeurs de taxi – Syndicats catholiques

La grève des travailleurs de filatures

Le public saura aujourd’hui si les ouvriers à l’emploi de la Dominion textile ont déclaré la grève. La grève la plus considérable dans l’histoire de la province de Québec.

Au cours de réunions tenues vendredi et samedi soirs par les ouvriers de filature à l’emplois de la Dominion Textile Company à ses usines de Saint-Henri, de Pointe-Saint-Charles, de Côte-Saint-Paul et d’Hochelaga se sont prononcés par vote secret sur l’opportunité d’une grève. On connaîtra aujourd’hui le résultat du vote. Mais il y a tout lieu de croire, qu’on fera la grève, si l’on en juge par les applaudissements qui accueillaient au cours des assemblées de vendredi et de samedi les discours des chefs ouvriers.

Monsieur Albert Côté, président de la Fédération catholique des ouvriers de filatures, tout en exprimant l’espoir qu’on ne soit pas obligé de recourir à la grève pour régler le différent entre patrons et ouvriers, fit entendre nettement que ceux-ci ne pouvaient attendre plus longtemps. « Notre fédération, disait-il, a prêché la tolérance depuis le début de sa campagne de recrutement. Elle a même reçu des protestations de ses membres parce qu’elle n’agissait pas assez rapidement. Maintenant nous sommes décidés à agir et je ne crois pas que nous attendions plus longtemps le bon vouloir de M. Gordon. »

Monsieur Blair Gordon est le directeur – gérant de la Dominion Textile. Il est actuellement en Europe. On avait précédemment répondu aux ouvriers qu’il fallait attendre son retour pour entamer toute discussion.

La grève affectera les huit ateliers de la compagnie répartis dans les principaux centres de la province : Drummondville, Magog, Valleyfield, Saint-Grégoire-de-Montmorency, Sherbrooke et Montréal. La compagnie possède dans cette dernière ville plusieurs usines. Plus de 15,000 ouvriers laisseront leur travail Ce sers la grève la plus considérable jamais déclarée dans la province de Québec.

On sera fixé sur l’attitude des ouvriers de la Dominion Textile quand on connaîtra le rapport du vote des différents ateliers de la compagnie. En rappelant les démarches faites par la fédération pour obtenir une entente, M. Côté déclara que la Fédération catholique avait réclamé l’intervention de l’honorable William Tremblay, ministre du travail de la province de Québec. Le ministre est intervenu en faveur des ouvriers, mais sans résultat. M. Côté ne croit pas qu’il faille attendre l’intervention d’Ottawa, car, dit-il, la compagnie répondrait ce qu’elle a répondre à l’honorable M. Tremblay : qu’il faut attendre le retour de M. Blair Gordon, directeur – général de la compagnie, actuellement en Europe.

Des chauffeurs de taxi seront-ils congédiés?

Depuis que l’on a soulevé la question d’un salaire minimum pour les chauffeurs de taxi, on entend des objections autant de la part des patrons que des employés. Plusieurs prétendent que la mise en application d’un contrat de travail aura pour effet de diminuer l’emploi dans l’industrie du taxi et de provoquer le congédiement d’un grand nombre de chauffeurs.

« Ne me souciant pas d’où est partie cette rumeur, dit M. V. – E. Dupont, agent d’affaires du syndicat des chauffeurs d’autos, je puis prouver, en me basant sur ce qui s’est produit dans d’autres métiers, que rien de tel ne surviendra pour les chauffeurs de taxi.

Si l’on considère par exemple le métier de barbier où auparavant existait un état de chômage désespérant, il faut se rendre compte que la convention collective n’a pas eu pour effet d’aggraver cette situation, mais bien au contraire d’y remédier. En plusieurs circonstances, on s’est même trouvé à court d’employés depuis l’application de ce contrat. »

Monsieur Dupont continue en disant que d’autres chauffeurs craignent que leur employeur cesse d’opérer leurs taxis si un contrat collectif est appliqué dans cette industrie. « Ce serait la première fois, dit-il, que la loi des conventions collectives causerait un tel état de chose. Car toujours dans le passé, elle a permis de stabiliser en particulier de diminuer la concurrence entre les patrons en les obligeant à payer le même taux de salaire.

« L’on dit aussi que d’autres voitures font le commerce du taxi à Montréal. Il est difficile de certifier un tel avancé. Toujours on peut dire qu’il y a trop d’individus qui transportent des voyageurs sans posséder un permis obligatoire. Il y a aussi, ne craignons pas de le dire, trop de personnes qui s’occupent de la question du taxi et qui n’en ont ni le droit et ni les connaissances nécessaires pour ce faire. »

Monsieur Dupont affirme en dernier lieu qu’il est malheureusement trop vrai que trop peu de propriétaires et de chauffeurs de taxi se préoccupent de leurs affaires. Que ces derniers étudient sérieusement leurs questions et ils pourront régler, tout aussi bien que les patrons et les employés des nombreux autres industries qui se sont entendus et qui, par un contrat de travail, ont amélioré leurs propres affaires et les conditions de vie de leurs employés. »

Assemblée des chauffeurs de taxi demain matin

L’Union des Chauffeurs de taxi de Montréal tiendra une grande assemblée cette nuit à 2 heures 30 (demain matin) dans la salle de l’Union du Commerce, 1079, rue Berri. On y discutera des questions de la plus haute importance, entre autres, le salaire et les heures de travail des chauffeurs de taxi. On prie tous les membres d’y assister sans faute.

Importantes assemblées aux Syndicats catholiques

Assemblée régulière des poseurs des lattes en bois

II y aura une assemblée régulière des travailleurs en bois ce soir, a 8 heures, au # 1231 est, rue DeMontigny. On y discutera d’affaires de la plus haute importance. Les membres sont priés d’y assister sans faute.

Les employés d’hôpitaux

Ce soir, à 8 heures 30, il y aura une assemblée du comité exécutif des Employés d’Hôpitaux dans la salle des Syndicats Catholiques Nationaux, 1231 est, rue DeMontigny. Tous les représentants, hommes et femmes, sont priés d’être présents à cette assemblée. On y discutera mesures de la plus haute importance.

Assemblée des charpentiers menuisiers

L’assemblée régulière du Syndicat des Charpentiers – menuisiers aura lieu ce soir à 8 heures dans la salle des Syndicats Catholiques et Nationaux, 1231, est, rue DeMontigny.

À cette assemblée, on discutera de mesures importantes. On y étudiera le rapport de l’agent d’affaires. Tous les membres sont priés d’y assister et de soumettre leurs suggestions aux officiers du Syndicat. Il y aura également une assemblée des Cordonniers et des pressiers de ville.

Hôtel de ville
Hôtel de ville de Montréal. Photo de GrandQuebec.com.

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