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Halifax détruit

Halifax détruit

Épouvantable catastrophe – Explosion à Halifax

Plus de 1200 morts

La ville de Halifax est dévastée par une explosion qui se produit à la suite d’une collision entre un steamer chargé de munitions et un autre navire. Une conflagration est allumée et des centaines de maison sont détruites.

L’une des plus grandes catastrophes de l’histoire du Canada, et plus vraisemblablement la pire, est survenue le 6 décembre 1917, vers 9 heures le matin, quand l’explosion d’un navire bourré de munitions et d’explosifs a rasé au sol tout un secteur, le quartier nord, le plus important et le plus populeux, de la ville portuaire de Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Le bilan a été très lourd, plus particulièrement sur le plan humain, car s’il est facile de reconstruire un édifice à la condition de pouvoir y mettre le prix, il est impossible de remplacer adéquatement un ou des être chers.

En fait, la catastrophe a fait 1226 morts et plus de 8000 blessés plus ou moins graves, y compris 300 cas de cécité vraisemblablement irréversible, et elle a laissé pas moins de 25 mille victimes sur le pavé. En comparaison, le naufrage de l’Empress of Ireland dans les eaux du Saint-Laurent, avait entraîné la mort de 1024 personnes.

Les pertes matérielles se sont chiffrées par $35 millions, ce qui était gigantesque à l’époque. Ce chiffre a été décortiqué de la façon suivante : $20 millions pour les édifices détruites; $6 millions pour les pertes maritimes; $5 millions pour les pertes de marchandises; $4 millions en dommages aux quais.

L’explosion et la conflagration qui lui a succédé ont rasé pas moins de 500 autres édifices. Au surplus, trois navires amarrés dans le port ont aussi été complètement détruits.

Les édifices entièrement démolis occupaient une superficie de deux mille carrés. Le district dévasté s’étendait sur une distance d’environ dix mille et sur une profondeur d’environ trois quarts de mille à partir de la mer.

Au nombre des édifices complètement détruits, on cite la gare de chemin de fer du gouvernement, la brasserie d’Halifax, les entrepôts et les cale sèches du gouvernement, la fonderie Hollis & Sons, l’hôtel King Edward, les deux arsenaux, le marché, l’hôpital militaire du port, les casernes Wellington la raffinerie de sucre Acadia, les établissement de la Dominion Textile, les bâtisses de l’Exposition, l’école Alexander McKey, l’école méthodiste Brunswick, l’église anglicane Saint-Marc, l’école Saint-Joseph, le refuge des sourds, l’orphelinat protestant, les édifices de l’Amirauté et l’école Richmond, pour ne citer que ceux-là.

Mais à premier abord, et à cause de la confusion qui règne toujours dans de pareilles circonstances, ces tristes résultats auraient pu être pire encore. En effet, les premiers rapports émis par les responsables faisaient état de pas moins de 5 mille morts. Au début, on croyait que tous les membres d’équipage des deux navires impliqués avaient perdu la vie, ce qui ne fut pas le cas.

La collision

L’explosion est survenue au large du quai 8, juste à l’entrée du bassin du port de Halifax, quelque 25 minutes après une collision entre le Mont-Blanc, un navire français chargé de munitions et d’explosifs, et le steamer norvégien Imo affecté au ravitaillement de la Belgique. Selon le capitaine du navire français, Frank Mackay, la collision aurait été imputable à un mélange dans les signaux dont se serait rendu coupable le Imo.

Un incendie s’est déclaré à bord du Mont-Blanc immédiatement après la collision et son équipage, voyant que la cause était désespérée, a cherché refuge à terre. Quant au Imo, on le dirigea à toute vitesse vers Tuft’s Cove où il alla s’échouer. Ironie du sort, son capitaine, qui se trouvait sur le pont au moment de l’explosion, fut décapité. Le préposé au gouvernail est aussi mort à son poste. Quant au pilote, William Hayes, il est tombé à la mer sous la violence du raz-de-marée qui a suivi l’explosion, et il a péri noyé.

Le Mont-Blanc transportait une cargaison de 5 mille tonnes de munitions et de produits explosifs, dont le trinitrotuol, le plus puissant explosif fabriqué en Amérique. Après l’explosion, il ne restait di navire qu’une épave sinistre toute noircie et toute tordue par la force de la déflagration.

L’explosion a été si forte qu’elle a été entendue à Truro, à 67 milles de Halifax. Les lignes télégraphiques et téléphoniques ont été coupées dans un rayon de 30 milles autour de Halifax.

Et c’eut pu être pire!

Le bilan aurait pu être encore plus épouvantable, n’eut été du courage d’une compagnie de garde du 63e régiment de Halifax, montée à bord du Pictou pour y combattre un incendie allumé lors de l’explosion. Ce navire transportait lui aussi des explosifs, en l’occurrence de la cordite.

Note de GrandQuébec : le bilan final de la catastrophe sera de plus de 2000 morts et de 5 à 7 mille blessés.

Halifax et son histoire

La ville est née le 21 juin 1749 et doit son nom à George Montagu Dunk, duc de Halifax (1716-1771), devenu président de la chambre de commerce. La ville est déclarée capitale de la Nouvelle-Écosse le 14 juillet 1749. La banlieue d’Halifax est bordée d’une épaisse forêt.

En 1749, le sphinx et une flotte de 13 navires pénètrent dans la baie qui portait alors le nom micmac de Chibouctou, menés par le futur gouverneur de la ville : Edward Cornwallis. Halifax a un port naturel où s’ancrent les navires depuis 250 ans. Sa citadelle domine la ville, les édifices géorgiens et victoriens côtoient les tours de bureaux du centre-ville, et vers le port, on trouve des bâtiments et des entrepôts du XIXe siècle restaurés, on les appelle Historic Properties. En été, c’est un des lieux de promenade favoris des haligoniens.

Il est possible de visiter le Privateers’Warehouse où étaient stockées les cargaisons pillées par les corsaires au service de la Couronne anglaise, sur les bateaux ennemis, durant les guerres napoléoniennes, mais surtout pendant les guerres avec les États-Unis en 1812 . La ville joua un rôle lors des guerres mondiales, lorsque les navires envoyés en renfort en Grande-Bretagne se rassemblaient dans la baie de Bedford, avant d’affronter les sous-marins allemands dans l’Océan Atlantique.

Attraits de Halifax

Le Maritime Museum of the Atlantic est un musée situé sur le port, consacré à l’histoire maritime. Outre des navires ayant joué un rôle historique comme le Sackville ou l’Acadia exposés à l’extérieur, il possède de nombreuses maquettes de bateaux ainsi que des lambris provenant du Titanic. Un somptueux escalier, copie de l’original, a été réalisé pour le film Titanic. On en apprend aussi davantage sur Samuel Cunard et sa compagnie maritime.

Sur les quais, on peut parfois voir le Bluenose II, réplique d’un voilier du début du siècle dernier. La Art Gallery of Nova Scotia propose une sélection de peintres canadiens allant de Cornelius Krieghoff aux membres du groupe des Sept. Prenez l’heure juste à l’Old Town Clock : cette horloge fut offerte à la ville en 1803 par le prince Édouard. Il décida que les faces nord et sud de l’horloge qui donnent sur la ville seraient plus grandes pour que tout le monde puisse lire l’heure.

Province House : bâtie entre 1811 et 1819, Province House est le plus ancien bâtiment législatif du Canada. En 1863, les pères de la Confédération s’y réunirent pendant 2 jours pour discuter de la création du Canada. On peut visiter les salles où ces projets historiques virent le jour. Un événement remontant au 6 déc 1917 a causé beaucoup de dommages à la ville: il s’agit de la collision entre le Mont-Blanc, cargo français chargé de munitions et l’Imo, navire norvégien. Les dégâts et les pertes humaines furent considérables : plus de 1600 maisons détruites et 1400 morts.

port halifax

Port de Halifax en 2007. Droit d’auteur © GrandQuebec.com.

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