Des nouvelles pas fraîches

Cambrioleur appréhendé

Cambrioleur appréhendé

Un cambrioleur appréhendé –  une amie vole sa copine – Pince-monseigneur et le petit besoin

Chronique judiciaire du 21 novembre 1940.

Cambrioleur averti par les agents de ne pas se presser

Inutile de dire que le malandrin s’enfuit. – Il fallut trois coups de feu pour l’arrêter

Edmond Forget, sans domicile fixe y allait de toutes ses « clefs », à mi-nuit le 12 novembre dans le cadenas de la porte principale de la Montréal Parcel Delivery, 837 ouest, rue Saint-Paul, lorsque les sergents-détectives George Clarkin et Armand Harvey lui dirent de « prendre son temps. » En deux bonds, le cambrioleur était dans la rue et filait… Mais il fut bientôt paralysé par le bruit de trois coups de feu.

Hier, devant le juge Maurice Tétreau, Maître Lucien Béliveau, C.r., l’avocat du ministère public, prouvait cette tentative de cambriolage, un flagrant délit parfait. Malgré les dénégations de Forget, le tribunal le déclarait coupable, après avoir entendu les versions des deux détectives qui avaient surveillé leur homme pendant cinq minutes avant de lui parler. D’ailleurs, un trousseau de clefs maîtresses fut produit, avec un cadenas trouvé sur la chaussée et identifié, par le propriétaire du magasin. Comme sa propriété. Le fuyard avait aussi laissé tomber une lampe de poche.

Le tribunal ajourna le prononcé de la sentence au 26 novembre sur deux accusation : cambriolage et possession de nuit d’outils de cambrioleur.

Le cap en renard et les deux femmes

Deux amies à « procès tiré pour vol, après une nuit passée à visiter les cabarets

Madame Laurette Gosselin et une amie d’occasion, mademoiselle Jeanne Doucet, avaient fait une « tournée » de boîtes de nuit, aux premiers froids de septembre, pour tuer le temps et de nombreuses bouteilles de bière. Aux petites heures, Jeanne, devenue tendre et gentille, invita Laurette à coucher chez elle ; les taxis, disait-elle, coûtent si cher, et les tramways ne circulent plus au milieu de la nuit. Le lendemain matin, Jeanne, en se réveillant, constata que sa cape de renard argenté avait pris la clef des champs et que le lit de Laurette était plus vide qu’un puits asséché.

Une accusation de vol fut logée contre Laurette, et le procès s’instruisait, en bonne et due forme, devant le juge Jules Desmarais, il y a déjà deux semaines. Ma^tires Gérard Nantel et Paul-H. Lévesque, avocats de la défense, mirent en preuve que la prévenue n’avait pas volé la cape de fourrure, mais l,avait reçue en gage parce que Jeanne avait obtenu de Laurette les cinq dollars qu’il lui fallait pour se « remettre » le lendemain. Le tribunal décida de prendre l’affaire en délibéré. Hier, dans un jugement oral, ce même tribunal acceptait la version de la défense et acquittait la prévenue. Mardi, devant le juge Maurice Tétreau, Laurette Gosselin devait subir un autre procès pour vol sur la personne de Léopold Vallières, mais le plaignant oublia (qui l’en blâmerait? ) de se présenter, et Maître Nantel demanda et obtint le renvoi de l’accusation.

Pince-monseigneur et le petit besoin d’Adrien Tremblay

Deux récidivistes sont déclarés coupables de la possession d’outils de cambriolage

Deux gueux, Armand Bergeron et Adrien Tremblay, accusés de possession d’outils de cambriolage, ont été déclarés coupables hier par le juge Mauric Tétreau, et le tribunl e, ajournant le prononcé de sa sentence au 26 novembre 1940, exposa :

Vous êtes deux beaux oiseaux de nuit. Voilà mon impression. Aux faits, maintenant. Maître Lucien Béliveau, avocat du ministère public, a prouvé hors de tout doute le crime reproché Le sergent détective Romuald Dubuc vous a trouvés tous deux dans une ruelle avec une pince-monseigneur. D’après le détective Dubuc, un excellent limier, il n’y a pas eu une seule plainte dans le quartier depuis votre arrestation. J’ordonne la confiscation de la pince-monseigneur au profit de la Couronne.

Après la preuve de Maître Béliveau, Tremblay demanda à parler et déclara sans la moindre hésitation :

Mon « chum » voulut me payer une bouteille de bière, mais je refusai par économie. J »ai décidé d’aller dans une ruelle pour fait un « petit besoin », sous le respect que je vous dois, et, en me relevant, la pince-monseigneur a failli me faire tomber. Elle était sur le pavé en ciment. Je pouvais la mettre dans mes poches, et je l’emportais sous mon bras, lorsque Dubuc est arrivé. Prenez mon casier judiciaire. J’ai eu six condamnations par drogues, mais je me suis guéri…

La psychanalyse: dites-moi vos phobies et je vous dirai ce qui vous fait peur (Robert Benchley, acteur américain). Photo de Megan Jorgensen.
La psychanalyse: dites-moi vos phobies et je vous dirai ce qui vous fait peur (Robert Benchley, acteur américain). Photo de Megan Jorgensen.

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