Des nouvelles pas fraîches

Aucune inondation en vue

Aucune inondation en vue

Déclarations rassurantes des autorités sur les inondations du Saint-Laurent

Les citoyens de Ville Jacques-Cartier, de Saint-Lambert, de Montréal-Sud, de Longueuil, de Varennes et de Sorel n’ont pas eu, hier soir et la nuit dernière, de s’inquiéter des inondations annoncées comme officielles par les postes de radio alors que la menace des eaux n’était pas même positive.

Je ne sais pas qui a lancé cette nouvelle-là, a dit M. René Jadoin, maire de Varennes,comme il revenait d’une partie de hockey, hier soir (lundi, 24 janvier 1950), alors que tout le monde s’intéressait bien plus au sport qu’aux glaces et à l’eau du fleuve, très normales actuellement.

Il en fut ainsi dans les autres localités que nous avons visitées.

Il y a bien une mare près du village de Varennes, en face des plages Choquette et Bissonnette, mais il n’y a aucun danger, même si c’est la première fois que cela se produit.

Le niveau des eaux est élevé, mais il n’y a rien d’anormal.

Une chance sur cent

« J’ai fait le tour de la grève et j’ai parlé avec plusieurs résidents qui n’ont rien à signaler, dit M. Jodoin. Graduellement la mare disparaît. Depuis hier, elle s’est retirée sur une longueur de plus d’un demi mille. S’il y a une inondation en perspective, ce n’est pas pour ce soir, ajouta le maire ; il n’y a qu’une chance sur cent que les eaux montent. La population n’a pas à s’inquiéter ».

Autre démenti

Le chef Jules Brossard, de Longueuil, venait tout juste de faire une tournée lorsque nous lui avons parlé.

« Le quai du Yacht Club de Longueuil n’est même pas couvert d’eau, assure-t-il. L’eau n’atteint pas la hauteur des quais et il faudrait encore huit à dix pieds d’eau avant d’atteindre le chemin. L’an dernier, à pareille date ça faisait longtemps que l’eau était montée. »

Du Club Nautique

M. Mendoza Auger, du Club Nautique de Sorel, nous assure qu’il n’y a pas à s’inquiéter. « L’eau est haute, mais c’est normal, et personne ne s’inquiète ici à ce sujet-là. Devant le bureau de poste, ce soir, les sujets de conversation se rapportaient, comme d’habitude, à toutes sortes de choses, à l’exception des inondations possibles. 

Portage sur la place

Les gens de Sorel s’intéressent beaucoup au niveau des eaux, d’abord parce que la plus grande partie de l’équipage du brise-glace « N.B.McLean » est soreloise, ensuite parce que de très nombreux ouvriers qui gagnent leur vie à Sorel habitent l’île St-Ignace et doivent traverser sur la glace pour gagner leur foyer. Certaines semaines, ils doivent traverser en chaloupe entre de grandes étendues de glaces et très souvent traîner sur ces dernières, leur chaloupe sous laquelle on a cloué des lisses de traîneau.

On peut donc ajouter foi aux renseignements qu’ils donnent et aux prédictions qu’ils font.

« il faut encore 3 ou 4 pieds »

À Ville Jacques-Cartier, où on a assuré que l’eau lavait les rues, il n’en est rien.

« L’eau monte un peu, dit le chef Marcel Sainte-Marie, de Ville Jacques-Cartier, mais il faut encore trois ou quatre pieds de plus pour atteindre le bord des rues. Il n’y a pas de raison de s’inquiéter pour le moment. La glace est près du pont Jacques-Cartier, mais comme il ne fait pas froid, elle fond et descend avec le courant du fleuve. Dites bien qu’il n’y a rien d’inquiétant. »

Niveau normal à Saint-Lambert

Mlle Gertrude Emard, échevin de St-Lambert, n’a rien remarqué d’anormal hier soir en se rendant au conseil qui siégeait.

« J’habite en bordure du fleuve et le niveau des eaux était normal. Chez-nous d’abord, dit-elle, puis au bas de la rue St-Denis où les eaux montent en premier lieu lorsqu’il y a inondation. Pas plus aux bas de la rue St-Denis qu’ailleurs, il y avait danger d’inondation. Les mamans peuvent dormir tranquille, ajoute-t-elle, elles n’auront pas besoin de sortir de leurs foyers en chaloupe, tenant leurs enfants dans leurs bras.

Au lac Saint-Pierre

Le brise-glace « Ernest Lapointe » se fait un chemin dans dix pouces de glace, entre Trois-Rivières et Sorel. Il est présentement au centre du lac Saint-Pierre et on croit qu’il atteindra Sorel Mercredi soir ou « aux petites heures » jeudi matin.

Les glaces brisées par le « Ernest Lapointe » descendent le fleuve et en cas d’embâcle possible, un autre brise-glace, le « N.B. McLean », est redescendu vers Québec où il facilitera le passage de ces glaces à la hauteur de la capitale provinciale.

(Publié par le journal Le Canada, le 24 janvier 1952).

Embâcle sur Saint-Laurent
Embâcle sur le fleuve Saint-Laurent à Montréal en 1890. Source : Gravure par F. Méaulle, 1890. Illustration libre de droits et gratuite pour une utilisation dans un contexte éducatif.

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