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Arrêter les automobilistes ivrognes

Arrêter les automobilistes ivrognes

Contribuerons à faire arrêter les automobilistes ivrognes

Il suffit de signaler aux constables toute voiture qu’on soupçonne être conduite par quelqu’un qui est sous l’influence de la boisson – Sévérité des juges pour ceux qui se rendent coupables d’une telle offense

L’état de nos rues augment le danger (rien ne change dans monde, ce texte date de 1929)

Les automobilistes qui se risquent à conduire leur voiture alors qu’ils n’ont pas toute leur tête à eux, parce qu’ils ont pris trop nombreux « petits coups », devront se montrer très prudents à l’avenir, car on semble plus que jamais décidé à faire disparaître, en les punissant avec sévérité, cette classe dangereuse qui constituent les chauffeurs ivrognes. Il y a assez de causes d’accidents sans qu’il faille que l’intempérance en ajoute une nouvelle.

Me Maurice Tétrault a été chargé tout récemment de représenter la Couronne dans les causes où des automobilistes sont accusés d’avoir conduit alors qu’ils étaient sous l’influence de la boisson. Me Tétrault prépare et conduit habilement ses causes et rares sont ceux qui réussissent, avec les expédients ordinairement employés dans de tels cas, a se soustraire aux rigueurs de la loi. On sait que le minimum de la peine pour les chauffeurs trouvés coupables d’avoir conduit en état d’ébriété est de sept jours de prison sans option d’amende.

Les juges, la presse et le public en général n’ont pas la moindre sympathie pour les conducteurs qui se grisent. Dangereux comme piétons, ils deviennent formidables lorsqu’ils conduisent une automobile. On a si bien conscience du danger qu’ils représentent qu’on essaie par tous les moyens possibles de les faire disparaître complètement. Si le succès complet est impossible, on contribuera du moins à diminuer le nombre de ces malheureux en les punissant assez •sévèrement pour qu’ils ne soient pas tentés de recommencer.

C’est le juge Gustave Marin qui disait cette semaine encore, en s’adressant à un accusé d’une quarantaine d’années qu’il venait de trouver coupable d’avoir conduit mi camion en état d’ivresse:

«Vous ne méritez aucune sympathie de la Cour et je devrais, comme la loi m’y autorise, vous condamner à quinze jours de prison. Si je ne le fais pas, c’est parce que vous êtes père d’une nombreuse famille.

«Les gens de votre espèce sont trop dangereux pour qu’on ne leur donne pas une bonne leçon lorsque la chance se présente. Vous saviez à quoi vous vous exposiez en conduisant votre camion après avoir bu de la bière et des liqueurs fortes. Vous saviez que vous auriez pu frapper une autre voiture et tuer quelqu’un.

«Je devrais vous envoyer à Bordeaux pour plusieurs jours, mais je ne le ferai pas à cause de votre famille. Je suspens votre sentence à condition que vous payiez les frais et que vous fournissiez un cautionnement de $100 pour garantir que vous garderez la paix pendant un an. Allez et ne revenez jamais devant moi sous une accusation semblable, car alors non seulement je vous condamnerai au maximum de la peine, mais vous purgerez de plus la sentence que je ne veux pas vous imposer aujourd’hui.»

Si les chauffeurs qui conduisent lorsqu’ils ont bu assistaient de temps en temps aux semonces que servent nos juges aux accusés de leur espèce, ils s’amenderaient, deviendraient tempérants, au moins lorsqu’ils conduisent.

Les chauffeurs intempérants deviennent d’autant plus dangereux (pie l’état de nos routes et de nos rues est de moins en moins propice à la circulation. Les conducteurs parfaitement sobres ne parviennent à éviter les accidents qu’à force de prudence, d’attention soutenue et d’habileté; on comprend qu’il est impossible aux ivrognes de s’en tirer sans avarie.

Les automobilistes en général devraient se faire un devoir de signaler aux constables préposés à la circulation les conducteurs (mi ne leur paraissent pas être en état de conduire un véhicule-moteur et de les faire arrêter s’il le faut. Ils rendraient par le fait même un grand service à la société en général et à eux-mêmes en contribuant a réduire le nombre de ces conducteurs dangereux. Il suffit de signaler au plus proche constable l’approche d’une automobile qu’on soupçonne être conduite par un homme en état d’ivresse pour que ce véhicule soit arrêté. Le constable demande ses permis de conduire au conducteur, le fait descendre et constate ainsi son état. S’il y a erreur, l’automobiliste n’a qu’à continuer, autrement, on l’emmène au poste.

Se sachant ainsi surveillés. Les conducteur redoubleraient de prudence et ne se risqueraient pas au volant d’une voiture lorsqu’ils ne sont pas parfaitement sûrs de leurs mouvements.

Pour faciliter le changement de vitesse

Les automobilistes oublient très souvent, au début de l’hiver, de clarifier l’huile épaisse qu’ils font mettre l’été dans leur transmission et ils sont tout surpris ensuite si leur changement de vitesse devient] dur à manœuvrer. Il leur serait pourtant très facile de faire ajouter une chopine d’huile à moteur (spéciale pour l’hiver) dans leur transmission et ils auraient l’agréable surprise de trouver facile le changement de vitesse même lorsque leur voiture aurait passé plusieurs heures au froid.

C’est une précaution très facile à prendre. N’importe quel garagiste vous ajoutera une chopine d’huile à moteur et la différence sera énorme dans la manœuvre de votre voiture.

On peut aussi faire de même pour le différentiel mais ce n’est pas aussi nécessaire. La force du moteur est tellement supérieure à ce qu’on exige d’habitude de lui qu’il importe peu que les dents du différentiel collent plus que d’habitude.

Les conducteurs qui prendront la précaution de liquéfier l’huile trop épaisse dans leur transmission épargneront considérablement en réparations des roues dentées et trouveront la manœuvre extrêmement facile.

(Ce texte date du 1er décembre 1929, publié dans Le Devoir).

Une voiture de Morgan Motor Company. Photo de Boris Le Balozh.

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