Nord-du-Québec

Nord-du-Québec : ses lacs

Nord-du-Québec : ses lacs

La valeur des lacs du Nord-du-Québec

Au Québec, on compte plus d’un million de lacs, partout dans toutes les régions. Voici quelques exemples des lacs de la vaste région du Nord québécois :

Pourquoi le genre humain accord-t-il depuis des millénaires et dans toutes les civilisations, une telle valeur symbolique aux lacs, ces nappes d’eau douce entourées de terre et dotées d’exutoires ? Qui, chez nous, n’a pas rêvé un jour de posséder un chalet, même tout petit, au bord d’un lac ?

Lac Surprise

Cette dénomination s’applique à un plan d’eau qui se trouve à la jonction des cantons de Druillettes, Langloisière, Hazeur et Pambrun, dans la région de la Baie-James. Son pourtour échancré dépasse 80 km alors que sa superficie s’étend sur 55 km2. De forme ovale, il contient de nombreuses îles et presqu’îles de même que plusieurs baies accessibles par d’étroites passes, surtout au sud et à l’ouest. Voisin sud du lac Caopatina dans lequel is se déverse par les rapides, le lac Surprise est situé sur le parcours de la rivière Roy, affluent de la rivière Opawica. Ce nom lui a été attribué en 1935 par la Commission de géographie. Il pourrait faire allusion à un effet de surprise (causé par sa configuration) sur des voyageurs en canot qui circulaient autrefois dans cette région. Plus d’une vingtaine de lacs du Québec portent également ce nom. De dimensions variées, ils sont tous situés dans nos régions montagneuses et nordiques.

Lac Béthoulat

Nappe d’eau longue et plutôt étroite du Nord du Québec, situé à environ 40 km au nord-est du lac Albanel. Accepté par la Commission de géographie en 1945, ce nom rappelle René Béthoulat, sieur de la Grange-Formanteau. Aide des maréchaux de camp aux armées du roi de France, il demeurait au Louvre, dans la paroisse de Saint-Germain-l’Auxertrois. Le 10 janvier 1628, Béthoulat s’inscrit sur la liste des membres de la Compagnie des Cent-Associés, responsable du développement de la Nouvelle-France. N’ayant pas versé le montant prévu lors de son inscription, son nom fut rayé des registres de la compagnie en 1629.

Lac Bienville

Situé à 400 m d’altitude et presque à mi-chemin entre le lac Saint-Jean et le cap Wolstenholme – point le plus septentrional du Québec – ce grand lac d’une superficie de 987 km2, parsemé d’innombrables îles surtout près de ses côtes, constitue la source principale de la Grande Rivière de la Baleine qui débouche dans la baie d’Hudson, à environ 300 km du lac, en ligne droite. Il est alimenté par de nombreuses nappes d’eau, surtout à l’est, où elles arrosent des terres qui atteignent les 700 m d’altitude et qui séparent le réservoir de Caniapiscau, appartenant au bassin hydrographique de la baie d’Ungava, du lac Bienville, drainé vers la baie d’Hudson. Sur la carte préliminaire du père Laure 91731 ou un peu avant), ce lac est identifié par Apichikamich, mot amérindien qui a survécu sous la graphie Abchigamich pour désigner, encore en 1916, la rivière sur le parcours de laquelle il se trouvait et signifiant assez curieusement petite quantité d’eau, allusion sans doute à la faible profondeur du lac. En cri, le lac Bienville est appelé Amichinatwayach, grand lac de la rivière. Le nom Bienville, indiqué comme désignation nouvelle dans la première nomenclature des noms géographiques de la province de Québec en 1916, est celui de Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville (1680-1767), frère du célèbre Pierre Le Moyne d’Iberville avec qui il participa à la conquête du fort Nelson et des autres postes occupés par les Anglais à la baie d’Hudson, en 1697-1698. Voilà pourquoi son nom se retrouve dans cette région. Bienville est le titre don Jean-Baptiste hérita à la mort de son frère Francis, en 1691. Ce personnage important de l’histoire de la Nouvelle-France, créé chevalier de Saint-Louis en 1717, fondateur de la Nouvelle-Orléans en 1718, a été gouverneur de la Louisiane de 1713 à 1726 et de 1733 à 1743. Il est mort célibataire, à Paris, âgé de 87 ans.

Lac Biggar

Longue de 12 km, large de 3 km et d’une superficie de 18 km2, cette étendue d’eau du Nord-du-Québec, remplie d’îles et de presqu’îles, est située à environ 40 km au nord de la rivière Rupert et se trouve dans le cours de la rivière Nemiscau. Ce toponyme honore la mémoire de Henry Percival Bigger (1872-1938), historien né à Carrying Place, en Ontario, qui assuma la fonction d’archiviste en chef du Canada, au début du XXe siècle, On le connaît surtout en raison de ses recherches sur Jacques Cartier et son époque. Il publia notamment The Precursors of Jacques Cartier 1497-1534 (1911). The voyages of Jacques Cartier (1924) et A Collection of Documents Relating to Jacques Cartier and the Sieur de Roberval (1930). Apparaissent sur la carte du Québec de 1946, ce toponyme a été remplacé par Lac Girault le 27 mars 1963, mais a repris sa place lors de la publication du Répertoire géographique du Québec en 1969. Les Cris désignent ce lac sous l’appellation de Kamicheko Tikwachitaut Sakahikan, lac où il y a de nombreux camps d’automne.

Lac à l’Eau Claire

Recueilli en 1978 auprès des Cris, et probablement beaucoup plus ancien, Wiyasakami est un nom ayant pour sens ‘lac à l’eau claire ». Cet impressionnant lac du Nord québécois, large de 33 km, long de près de 71 km et d’une superficie de 1243 km2, situé à plus de 240 m d’altitude, représente la source principale de la rivière à l’Eau Claire qui, environ 70 km plus à l’ouest, se jette dans le lac Guillaume-Delisle, porte d’entrée ou antichambre de la baie d’Hudson. Jusqu’en 1946, ce lac était désigné sous l’appellation anglaise Clearwater Lake. De forme plutôt irrégulière, il est divisé en deux sections par un rideau d’îles plus ou moins étendues. Les amateurs de pêche y trouveront des truites, des carpes et des poissons blancs en abondance. En 1896, l’explorateur et géologue Albert Peter Low, membre de la Commission géologique du Canada, fournit vraisemblablement l’origine de ce toponyme descriptif en soulignant l’extraordinaire limpidité et la profondeur des eaux glacées du lac. Dans l’ensemble du Québec, on compte une cinquantaine d’entités géographiques, majoritairement des lacs, qui portent le nom d’Eau Claire.

Lac à l’Eau Jaune

Ce plan d’eau de 27 km2 est situé à environ 25 km au sud de Chapais, dans la municipalité de Baie-James. Arrosant les cantons de Brongniart et de Rale, il est doté d’une configuration capricieuse et contient une multitude d’îles et de presqu’îles de formes variées. Plus évasé dans la partie nord, le lac y est traversé d’est en ouest par la rivière Obatagamau, affluent de la rivière Chibougamau, dans le bassin de la rivière Nottaway. Le nom date au moins de 1916, selon un procès-verbal de Commission de géographie. Tout porte à croire que ce toponyme descriptif emprunte sa dénomination à la couleur de l’eau. L’explorateur Henry O’Sullivan, qui a cartographié ce lac sans le nommer en 1900,, indiquait que le sol environnant contenait des dépôts ferreux.

Lac des Essais

Le lac du bassin supérieur de la rivière Alluviaq couvre 2 km2 et se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud du mont Jacques-Rousseau, dans le Nord-du-Québec, Il doit son nom à trois tentatives d’amerrissage sur ses eaux par des chercheurs en géographie – John David Ives (ou plus cpira,,emy Jack D. Ives ou Jack Ives) en 1956 en 1957 et Olav Helge Loken en 1959 – afin d’établir un camp sur ses rives. À chaque occasion, ces années-là, le lac est demeuré pros par les glaces jusqu’à la fin de juillet, empêchant ainsi l’hydravion de type Beaver de s’y poser. Le nom d’origine, Essay Lake, a été proposé par Ives, qui occupa le poste de directeur de la Direction de la géographie dans l’administration fédérale, durant les années 1960. La Commission de géographie a accepté le toponyme dans sa version française en 1961.

Lac Evans

Situé dans une région marécageuse, à environ 130 km au sud-est de la baie James, ce plan d’eau constitue un important élargissement de la rivière Broadback. D’une superficie de 479 km2, il reçoit les eaux de son voisin est, le lac Le Gardeur. Dans, par la passe Pastukamau. De profondes baies lui donnent un contour assez irrégulier. Le terrain qui l’entoure est généralement plat, sauf au sud, où s’élèvent les monts Reid et Middleton. Désigné vers la fin du XIXe siècle, il a été exploré et décrit par Robert Bell et l’arpenteur O’Sullivan dès 1900 et 1901. Son nom a été choisi en l’honneur de sir John Evans (1823-1898), archéologue, géologue et manufacturier de papier, membre influent de plusieurs sociétés savantes. Trésorier de la Royal Society de 1878 à 1898, président de la Numismatic Society de 1972 à 1908 et président de la Society of Antiquaries de Londres en 1885, il est l’auteur d’ouvrages considérés aujourd’hui comme des classiques dans le domaine de la numismatique et dans celui des outils et des armes des populations préhistoriques de la Grande-Bretagne. Variantes : Lac long, Lac Turgeon.

Lac Boisbriand

À quelque 100 km au nord-ouest des monts Oush se situe cette petite nappe d’eau jumelée au vaste lac Nichicun, une des sources de la Grande Rivière qui débouche au village cri de Chisasibi, sur le littoral de la baie James. Le lac Boisbriand appartient à la région de la baie James, dans un environnement sévère et au climat rude. De nombreuses îles et presqu’îles baignent dans ce lac au pourtour très échancré et qui s’étend sur 32 km2 de superficie. Le nom paraît sur les cartes topographiques depuis le milieu du XXe siècle et perpétue la mémoire de Pierre Dugué de Boisbriand (1675-1736). Jeune militaire originaire de Ville-Marie et protégé par le cote de Frontenac, Dugué participa à plusieurs campagnes dirigées par son cousin, Pierre Le Moyne d’Iberville, à Terre-Neuve, à la baie d’Hudson et en Louisiane. Devenu major de Biloxi (1699) puis de toute la Louisiane (1716), il fut promu commandant du pays des Illinois en 1718 et prit sa retraite en 1730. En dépit de son infirmité – il était bossu -, Dugué connut une carrière militaire et administrative assez brillante et obtint beaucoup de succès auprès des Indiens dont il maîtrisait aisément les langues. Approuvée en 1945, cette dénomination remplaçait le nom d’origine montagneuse Petit Lac Nichicun, genou ou plie comme un genou.

Lac Secondon

Relativement étroite, sauf dans sa partie sud-est, cette étendue d’eau du Nord québécois, d’une superficie de 36 km2, se situe à 50 km au nord-ouest du lac Privert. Elle est alimentée par son voisin méridional, le lac Kachinukamach, et se déverse au nord-ouest vers la rivière Wheeler, affluent de la rivière à la Baleine qui se jette dans la baie d’Ungava. Paru dans divers documents cartographiques du milieu des années 1940, ce toponyme rappelle l’existence de Secondon – écrit également Secoudon ou Chkoudon -, sagamo ou chef de tous les Amérindiens de la rivière Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) au début du XVIIe siècle. C’est lui qui guide, vers 1603, le marchand malouin Jean Sarcel de Prévert dans la région de la rivière Souriquois, tributaire de la baie de Fundy, afin de découvrir une mine de cuivre. En 1604, il dirige les destinées des Etchemins – ou Malécites – lorsque Champlain et Du Gua de Monts découvrent la rivière Saint-Jean. Secondon aidera les Français à explorer le territoire, notamment le littoral de la Nouvelle-Angleterre et à lutter contre des tribus hostiles. Selon certains témoins de l’époque, il se serait beaucoup intéressé à la civilisation française. Secondon meurt avant 1616. Les Amérindiens désignent ce lac sous les noms de Kaitikayikan et de Manuan.

Lac Privert

Le lac Privert, situé au sud de;a baie d’Ungava, constitue une excroissance de la rivière à la Baleine. Doté d’un pourtour aux lignes tortueuses, il s’étend sur 19 km de long et sa largeur est de 7 km. Il se décharge par de nombreux rapides en direction du lac Jeannin ; son voisin en amont est le lac Chatiskusiwau. Cette appellation, déformation de Prévert, évoque Jean Sarcel de Prévert décédé en 1622. Marchand de Saint-Malo, il a été fort actif dans les eaux du Saint-Laurent au début du XVIIe siècle. On le retrouve à l’île d’Orléans en 1600, mais il explore aussi les côtes acadiennes ; il rapporte à Champlain des échantillons de mines de cuivre. Les renseignements dont il dispos incitent Pierre Du Gua de Monts à fonder des établissements en Acadie ; il s’associe d’ailleurs à de Monts de 1604 à 1607. Le toponyme paraît sur une carte topographique de 1957. Une enquête en milieu naskapi a relevé le nom Wapikiyuchiyawan, qui signifie là où un harfang des neiges chassait.

Lac Bourdel

Apparu sur le feuillet nord d’une carte publiée en 1963 par le ministère des Terres et Forêts, ce nom désigne un plan d’eau long de 34 km, large de 11 km et d’une superficie de 139 km2. S’élargissant vers le nord-ouest, parsemé d’îles et de presqu’îles, il se situe à environ 135 km à l’est de la baie d’Hudson. Perdues dans un enchevêtrement inextricable de lacs et de rivières, les eaux du lac Bourdel aboutissent, 25 km plus à l’est, aux lacs des Loups Marins, source principale de la rivière Nastapoka (1861-1951), né à Saint-Mars-la-Jaille (diocèse de Nantes). En 1904, alors vicaire à Nantes, il s’intéresse au Canada et u fait partir un de ses neveux. Lui-même suivra dès années suivante et s’installe dans le diocèse de Prince-Albert (Saskatchewan) où il ouvre une paroisse dédiée à Donatien et Rogatien, saints du pays nantais. Bourdel deviendra vicaire général lorsque le diocèse de Saskatoon sera détaché de celui de Prince-Albert. Les Cris appellent le lac Bourdel Achikunipis mot signifiant petit lac du loup marin ou du phoque.

Lac du Bras Coupé

Dans la partie centrale du canton de Lescure, à l’est du lac Denning et sur le parcours de la rivière Opawica, dans la vaste région de la baie James, cet autre lac du Bras Coupé, d’une superficie de 22 kilomètres carrés, long de 22 km et large de 1,6 km, est alimenté par les lacs Lescure et Le Gantier. Il se déverse dans le lac de la Baie. Adopté en 1935, ce nom illustre la forme particulière du lac. Une imposante bande de terre le coupe pratiquement en deux à son extrémité nord-est.

Lac Breccia

Ce petit plan d’eau du Nord québécois, qui alimente le lac Saint-Urcisse, se trouve à une dizaine de kilomètres à l’ouest du lac Mistassini et au sud du lac Armagnac. Vraisemblablement attribué par un géologue, ce toponyme emprunte un terme d’origine italienne, « breccia », souvent utilisé en langue anglaise alors qu’on lui préfère généralement des conglomérats formés de pierres plus ou moins anguleuses cimentées dans un mortier naturel, calcaire le plus souvent mais aussi lave volcanique. Vers 1960, une équipe de géologues à l’emploi du ministère des Richesses naturelles du Québec a d’ailleurs trouvé, à l’extrémité sud du présent lac, un bloc de brèche de faille d’environ 2 mètres carrés de surface et d’origine probablement volcanique.

Lac Brégent

C’est dans le Nord-du-Québec que l’on retrouve le lac Brégent, soit à environ 50 km à l’ouest de la rivière George et à quelque 225 km au nord de Schefferville. Sa superficie est de 25 km2. Ce toponyme a été rendu officiel en 1972 pour souligner la carrière de l’arpenteur-géomètre Edmond-François Brégent (1887-1950). Fils de l’artiste peintre Ernest Brégent, il étudie successivement au collège Mont-Saint-Louis (Montréal), à l’Université McGill (Montréal) et à l’institut Pasteur (Paris), en 1908 et 1909. De retour à McGill, il obtient en 1910 un baccalauréat en sciences avec spécialité en mines, puis est reçu arpenteur-géomètre en 1914.

Lac Cambrien

Ce vaste élargissement de la rivière Caniapiscau, tributaire de la Koksoak, serpente du sud-est au nord-est, dans le Nord québécois, à plus de 140 kilomètres au sud-ouest de Kuujjuaq. Délimité par les rivières Châteauguay, au nord, et Pons au sud, il possède une superficie de 133 kilomètres carrés, une longueur de 69 kilomètres et une largeur de 5 kilomètres. La rivière de la Mort et le ruisseau Mitusich viennent s’y jeter. Dès 1877-1878 et plus précisément encore en 1895, le géologue Albert Peter Low a signalé les particularités géologiques des environs du « Cambiran Lake ». Le lac lui-même est installé sur des assises constituées de gneiss et de roches granitiques précambriennes, mais il est entouré, surtout du côté ouest, de collines que couronnent des strates de roches cambriennes sur une épaisseur pouvant largement dépasser 100 mètres à certains endroits. Ces roches sédimentaires, surtout des grès et des calcaires, sont la preuve d’une invasion marine fort ancienne puisqu’elle s’est produite au cambrien, c’est-à-dire la période la plus ancienne de l’ère primaire. L’appellation Lac Cambrien s’est imposée avec l’usage. Elle a été approuvée en 1968.

Lac Cananée

Long d’une quinzaine de kilomètres et couvrant quelque 34 km2, ce lac est situé à 225 km au nord-est de Schefferville, près de la limite septentrionale, des arbres. Il appartient au bassin de la rivière George, qu’il rejoint par le lac Mistinibi et la rivière Déat. Répertorié depuis 1945, le toponyme évoque Guillaume Canané, ou Cananée, maître de navire qui, avec ses fils Jean et Michel, est plusieurs fois signalé en Nouvelle-France entre 1607 et 1623. Intercepté par les Turcs en 1624, non loin des côtes de Bretagne. Canané et la douzaine de matelots qui se trouvaient sur sa patache, la Sainte-Madeleine, sont menés en esclavage. Sagard rapporte que Canané est mort « en bon chrétien, après avoir souffert au-delà des forces humaines ». Les Montagnais appellent ce lac Mishtinipi, c’est-à-dire la « grande étendue d’eau ».

Lac Canotaicane

Grande étendue d’eau de 50 km2, le lac Canotaicane est situé à l’ouest du lac Mistassini, dans le bassin de la rivière Rupert. Il s’inscrit sur 40 km de longueur pour aboutir plus à l’ouest dans la rivière Natastan. Le nom actuel résulte de la simple transcription du nom amérindien. Kanotaikan paru sur une carte publiée en 1933. Le plan d’eau lui-même est connu depuis longtemps, compte tenu de sa position sur la route de canot menant du lac Mistassini, via le lac Nemiscau, à la baie James. L’explorateur O’Sullivan a cartographié ce lac en 1900 sans toutefois lui atttribuer de nom ; dans son journal, il décrit la région environnante comme très montagneuse et il a noté la présence de plusieurs brûlés où la forêt avait disparu. La signification de ce toponyme est inconnue. Tout au plus, peut-on avancer l’hypothèse que le nom serait tiré du mot cri « unetokun » signifiant harpon.

Lac Caopatina

D’une superficie de plus de 46 kilomètres carrés, le lac Caopatina, dont le nom montagnais ou cri, signifierait « lac entre deux falaises », occupe, sur le parcours de la rivière Opawica, la majeur partie de la section septentrionale du canton de Hazeur, dans le Nord-du-Québec. La ville de Chibougamau s’est développée à environ 50 km au nord est de ses rives très échancrées. Le toponyme Lac Caopatina paraît sur divers documents cartographiques au moins depuis 1927. Toutefois, on a également recueille les formes Kaopatina, Kaopatnaginsckao et Lac de l’Épinette Rouge pour le désigner.

Lac Caché

Inscrite sur les documents cartographiques au moins depuis 1933, cette nappe d’eau du canton d’Obalski, au sud-ouest de laquelle se trouve le hameau du même nom, coule dans le lac aux Dorés, qui communique avec le lac Chibougamau à l’est. Il est possible que les premiers voyageurs venus de l’est, empruntant ainsi le lac Chibougamau, n’aient pas remarqué ce lac, justement caché par une autre entité lacustre. L’élément Caché est utilisé plus d’une centaine de fois au Québec pour identifier des baies, des rivières et surtout des lacs (75). 

Lac Burton

Située à une quinzaine de kilomètres au sud-est de la baie d’Hudson, dans laquelle elle se déverse par la rivière Vauquelin, cette étendue d’eau du Nord-du-Québec, longue de 44 kilomètres et large de 17 kilomètres, offre une superficie de 232 kilomètres carrés. Elle contient de nombreuses îles, surtout vers son extrémité nord-ouest, dont certains sont de grandeur non négligeable. Proposé par F.H. Peters, arpenteur général du Canada, et accepté par la Commission de géographie en 1946, ce toponyme rappelle le lieutenant-colonel (Wing Commander) J. W. Burton. Pendant la Deuxième guerre mondiale, il a fait partie d’un groupe d’officiers de l’aviation militaire canadienne étroitement associé à la production d’une série de cartes aéronautiques de la partie nord du Canada. Les Cris appellent le lac Burton Pichistipapy Sakahikan, « lac du filet de pêche » ou Pistipapi Sakajikan. Quant aux Inuits, ils le nomment Tasialuk ou « lac immense ».

Une carte du monde qui n’incluirait pas l’Utopie n’est pas digne d’un regard, car elle écarte le seul pays auquel l’humanité sans cesse aborde. (Oscar Wilde.)
Une carte du monde qui n’incluirait pas l’Utopie n’est pas digne d’un regard, car elle écarte le seul pays auquel l’humanité sans cesse aborde (Oscar Wilde.) Photographie de Megan Jorgensen.

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