Nord-du-Québec

Bassin de la baje James

Bassin de la baje James

Bassin versant de la baie James

Rivière Missisicabi

À sa source, dans la partie méridionale de la vaste bassin de la baie James, la rivière Missisicabe reçoit les eaux des rivières Missisicabi Est, Obamasca et Missisicabe Ouest. Coulant en direction nord sur une distance de 151 kilomètres, la Missisicabi débouche dans la baie de Hannah, en Ontario, dans la partie sud de la baie James. Sa longueur totale sur le territoire ontarien est de 12 kilomètres. La superficie de son bassin-versant est de 42999 kilomètres carrés. Cette désignation d’origine amérindienne est antérieure au XXe siècle. Une carte de 1904 indique Michicaban tandis qu’une autre, de 1905, mentionne Missisicabi ou Big River. Le spécifique Missisicabi, issu de la famille des langues algonquiniennes, serait une adaptation du mot misikapu, qui signifie « grande eau ». Les Cris, quant à eux, désignent ce cours d’eau sous l’appellation Iskaskunikan Sipi – « rivière où se retrouve une cache en bois. »

Canton de Muy

À quelque 160 km au nord-est d’Amos, ce canton inhabité fait partie du territoire de la vaste région de la baie James. Arrosé par les rivières Wtetnagami et Muy, il renferme en outre les lacs Stenstrom, Desoteaux et Labreque. Désigné ainsi en 1947, son nom rappelle Nicolas Daneau de Muy (1651-1708). Ce militaire, n à Beauvais, arrive en Nouvelle-France avec le gouverneur Denonville, en 1685. Après avoir participé à la conquête de Terre-Neuve, il est nommé commandant du fort Chambly en 1697, puis major de la garnison de Québec en 1704. Rentré en France à la fin de 1705, il est fait chevalier de Saint-Louis et il est désigné au poste de gouverneur de la Louisiane. Il meurt cependant à La Havane au cours du voyage qui le conduisait à la Nouvelle-Orléans.

Lac Nicobi

Alimenté par les eaux de la rivière Wetetnagami, le lac Nicobi est situé à 75 km environ à l’est-nord-est de Lebel-sur-Quévillon. Il donne naissance à la rivière du même nom qui, une dizaine de kilomètres plus au nord, se jette dans le lac Litchem, élargissement dans le parcours complexe de la rivière Opawica. L’explorateur Henry O’Sullivan, qui a parcouru ce coin de pays entre 1897 et 1899, indique Lac Nicobi pour l’élargissement d’un segment de cours d’eau sur sa carte de 1900. À la même latitude, 140 km plus loin à l’est, on découvre le lac Nicabau, situé au nord-ouest de la réserve faunique Ashuapmushuan. En montagnais, Nicobi, comme Nicabau (nekupau), signifierait « lac avec pointes de terre couvertes de foin » ou « boisées d’aulnes ».

Canton de Pfister

Ce canton arrosé par de nombreux lacs est situé à 80 km au sud-est de Chapais et à l’extrême limite du réseau hydrographique de la rivière Nottaway qui débouche sur le littoral sud de la baie James. En nommant ce canton, on a voulu honorer la mémoire de Charles-Albert Pfister (1846-1908), né à Gerbéviller, près de Lunéville (Meurthe-et-Moselle). Aussitôt après ses études à Strasbourg et à Nancy, il se rend à Saint-Louis, Missouri, probablement en 1868, puis à Chicago. Voulant ensuite retourner en France en 1870, il passe par Montréal et fait la connaissance d’un sulpicien qui le dirige vers le collège Masson, à Terrebonne. Aidé financièrement par les autorités gouvernementales et soutenu par la direction du collège, il met sur pied une classe de sciences appliquées qui deviendra l’École polytechnique, aménagée aussitôt dans les locaux plus spacieux à Montréal. Le canton de Pfister côtoie celui de Balète, nom d’un autre Français qui fut le premier directeur de l’École polytechnique. La dénomination de ce canton paraît dans Noms géographiques de la province de Québec en 1921.

Canton de Piquet

Ce canton se trouve à environ 55 km au sud-est de la localité de Desmaraisville, dans la région administrative du Nord-du-Québec. Le lac Father le borde à l’est. Le sulpicien François Picquet (1708-1781), originaire de Bourg-en-Bresse, venu à Montréal en 1734, fonde en 1749 le poste de La Présentation (aujourd’hui Ogdensburg, État de New York), en vue d’y rassembler les Indiens désireux de se convertir et d’en faire les alliés irréductibles des Français. En 1760, il se retire dans la mission de La Présentation. Pourchassé par les Anglais, il s’enfuit à la Nouvelle-Orléans en 1761, y reste jusqu’en 1763, puis rentre en France où il termine sa carrière dans sa Bresse natale.

Lac Pipunichiwap

Le lac Pipunichiwap est situé à proximité du lac Bienville et à 75 km au nord du réservoir LG Quatre au Nord-du-Québec. Il présente un pourtour très irrégulier et déverse ses eaux dans un lac anonyme qui alimente la rivière Kanaaupscow et, de là, le réservoir LG Deux et la Grande Rivière. Le terme est très répandu dans les langues amérindiennes puisqu’il identifie le site d’un campement d’hiver. Pipunichiwap provient du mot cri pipunitshuap : pipin, hiver et mitshuap, habitation, gîte. Ce nom a été approuvé en 1983.

Canton de Poirier

À 1 km au sud du village de Joutel, dans la région de la baie James, prend place le canton de Poirier. Sa limite orientale est déterminée par la rivière Harricana. Les ruisseaux Kistabiche et Mot traversent ce territoire au nord et au sud. Le relief est en général plat et uni et la partie ouest de cette unité territoriale est marécageuse. La Commission de géographie a choisi cette appellation en 1934. Pascal Poirier (1852-1933), avocat, sénateur, historien et linguiste acadien, est né à Shediac au Nouveau-Brunswick. Nommé au Sénat en 1885, il a été élu membre de la Société royale du Canada en 1899. Le sénateur Poirier a publié notamment « L’Origine des Acadiens » (1874) ; sa contribution majeure demeure « Le parler franco-acadien et ses origines » (1928).

Canton de Marin

Le territoire de ce canton de la région administrative du Nord-du-Québec se situe à environ 100 km au sud-ouest de Chibougamau, à l’intérieur de la région de la Baie-James. Il est baigné par les lacs Jean, Julie, Pierrefonds et, en partie, par le lac Germain. Le nom retenu en 1947 est celui de Paul Marin de La Malgue ou La Marque (1692-1753), né à Montréal, militaire de carrière, qui a passé une grande partie de sa vie dans l’Ouest, où il commande notamment le poste de Chagouamigon, près d’Ashland, dans le Wisconsin actuel. Sa mission consistait à protéger les intérêts français en se faisant l’allié des nations amérindiennes. On le retrouve plus tard en Acadie (1744) et à Saratoga, dans la colonie de New York (1746). En 1752, le gouverneur Duquesne lui confie la mission de prendre le contrôle de la vallée de l’Ohio sur laquelle les Français ont toujours affirmé leur souveraineté. Pour construire des forts et des routes dans cette région, Marin fit appel à plus de 1500 hommes qui ont travaillé dans des conditions pénibles dont il fut lui-même une des victimes. Malade, il s’éteignit à la fin d’octobre 1753 au fort de la rivière au Boeuf, avant-poste situé entre le lac Érié et l’Ohio. Le canton de Marin est indiqué sur la carte générale du Québec en 1951.

Rivière Obamasca

Affluent de la rivière Missisicabi qui se déverse sur la côte ontarienne de la baie James, la rivière Obamasca prend sa source dans le lac du même nom. Elle coule nord ouest sur une distance de 95 km en une succession de rapides jusqu’à son confluent. La Commission de géographie avait accepté l’orthographe Obanska, pour le lac et le cours d’eau, en 1947. Mais c’est la graphie Obamasca qui fut approuvée en 1968 pour ces deux entités. Le lac, quant à lui, mesure 6 km de longueur et 3,9 km de largeur. Il avoisine le lac Lucie qu’il rejoint par de nombreux portages et passes. Obamaska serait une déformation du mot cri upamiskau qui signifie « il y a des passes, des rétrécissements » .

Lac de la Montagne du Pin

D’une superficie de 97 km carrés, long de 40 km et large de 6 km, ce plan d’eau se situe à environ 200 km à l’est du village cri de Chisasibi et de la baie James. Il se trouve à proximité du réservoir LG-Trois mais ses eaux coulent vers le nord par la rivière Griault pour alimenter le réservoir LG-Deux. Ce toponyme descriptif, accepté en 1945, s’explique vraisemblablement par la présence, à l’extrémité d’une pointe qui s’avance vers l’est, d’une importante montagne couverte de pins. Les Cris le nomment Upischiskaw, appellation qui signifie « goulet bordé de pins ». Par sa forme irrégulière, le lac crée plusieurs baies dont certaines ne sont accessibles que par d’étroits passages. Les arbres, notamment les pins, poussent sur leurs rives, surtout dans les parties ouest et nord-ouest du lac.

Canton de Monseignat

Le canton de Monseignat, qui a reçu ce nom en 1950, se trouve à quelque 130 km à l’ouest de Chibougamau. Il est arrosé par la rivière Maicasagi qui reçoit les eaux des rivières Inconnue et Nomans. Son nom évoque Charles de Monseignat (vers 1652 – 1718), fonctionnaire et administrateur colonial. Venu en Nouvelle-France en 1680 à titre de commis de Robert Cavelier de La Salle, il devint bientôt secrétaire du gouverneur Louis de Bouade, comte de Frontenac, dont il sera d’ailleurs l’un des exécuteurs testamentaires. Contrôleur de la Marine et des fortifications en 1701, il fut greffier en chef du Conseil supérieur à partir de 1704, puis directeur de la ferme du Domaine d’Occident, fonction qu’il occupa de 1707 jusqu’à son décès. Ce cumul de fonctions faisait de Monseignat, après l’intendant, le plus important responsable des finances, de la monnaie et de la fiscalité dans la colonie. Sa succession fut évaluée à plus de 17000 livres, fortune assez considérable pour l’époque.

Lac Nichicun

À environ 200 km au nord-est du lac Mistassini, ce vaste lac du Nord québécois, large de 24 km, long de 62 km et d’une superficie de près de 272 km carrés, constitue avec le lac Naococane, quelques kilomètres au sud-est, l’une des principales sources de la Grande Rivière qui se jette dans la baie James. La rivière Nichicun l’alimente par le sud. Nichicun vient du mot cri « nitchikun » qui signifie il y a des loutres. O rencontre effectivement ce petit mammifère carnivore tellement apprécié pour sa fourrure sur tout le territoire du Québec, particulièrement au nord. Les Français avaient d’ailleurs établi un poste de traite avant 1725 sur la rive nord du lac, près de la sortie. Ce poste existait sans doute déjà en 1699 puisque, à cette date, J.-B. Louis Franquelin inscrit Lac Niquicon sur sa carte. En 1816, John et Thomas Isbister, de la Compagnie de la Baie d’Hudson, ouvrent un comptoir où les Naskapis vendent leurs fourrures. Fermé six ans plus tard, il reprend ses activités en 1832. Nichikun House poursuivait encore ses opérations en 1923. Le hameau de Nitchequon, habité par une quinzaine de personnes en 1981, occupe maintenant la place du poste. On y trouve une station de météorologie et de télécommunications gérée par le ministère canadien des Transports.

Canton Prévert

Jean Sarcel de Prévert, ou Du Prévert, marchand malouin, est mort à Saint-Malo (1622). Il avait parcouru les côtes de la Nouvelle-France au cours des premières années de XVIIe siècle et il se serait trouvé près de l’île d’Orléans en 1600. Il a accompagné Champlain, en 1603, lors d’un voyage d’exploration du Saint-Laurent. Prévert a visité les côtes acadiennes jusqu’à la rivière Saint-Jean et a rapporté à Champlain des échantillons provenant de deux mines. On cherchait du minerai de cuivre susceptible de renfermer de l’or, mais on a trouvé des pierres blanches, bonnes pour les bijoux. Prévert est entré dans la première compagnie de Pierre Du Gua de Monts le 19 février 1604 et s’en est retiré en 1607. Le canton de Prévert est situé à environ 75 km au nord-est de la ville de Lebel-sur Quévillon et à une quarantaine de kilomètres au sud du hameau de Desmaraisville. Le lac Father s’étend à 20 km à l’est de ce territoire qui est arrosé par la rivière Pierrefonds, tributaire de la rivière au Panache. Une carte générale du Québec indique l’emplacement de ce canton en 1951, quatre ans après sa désignation.

Barque de pêche
Une barque de pêche sur les berges de la Baie James. Photographie de GrandQuebec.com

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