Multiculturalisme

Histoires amérindiennes

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La première pipe de Jacques Cartier

Parmi les coutumes des sauvages (note de GrandQuebec : aujourd’hui, on dit Amérindiens, Premières nations, Aborigènes ou encore Autochtones), celle qui frappa le plus Jacques Cartier par sa nouveauté et sa singularité, fut l’usage de la pipe à fumer, entièrement inconnue alors en France. Voici, dans son style naïf, la description qu’il en fait lui-même : « Les sauvages ont une herbe dont ils font grand amas, durant l’été, pour l’hiver, laquelle ils estiment fort, et en usent, les hommes seulement, en la façon qui suit. Ils la font sécher au soleil et la portent à leur col, renfermée en une petite peau de bête, au lieu de sac, avec un cornet de pierre ou de bois. Puis, à toute heure, ils font poudre de la dite herbe et la mettent à un bout du cornet, puis ils mettent un charbon de feu dessus ; et par l’autre bout ils soufflent tant, qu’ils s’emplissent le corps de fumée, tellement qu’elle leur sort par la bouche et les nasilles, comme par un tuyau de cheminée. Ils disent que cela les tient sains et chaudement, et ne vont jamais sans les dites choses. Nous avons expérimenté la dite fumée, et après l’avoir mise dans notre bouche, il semblait y avoir de la poudre de poivre, tant elle était chaude ».

(Histoire de la Colonie française. Par l’abbé E.-M. Faillon).

Jacques Cartier, le découvreur du Canada, naquit en 1494 et il est mort vers 1554.

Iroquois à Paris

Montaigne rapporte que plusieurs Iroquois se promenèrent longtemps dans Paris, et né témoignèrent aucun étonnement jusqu’à ce qu’ils arrivassent rue de la Huchette, où ils virent beaucoup de volailles et de viandes étalées. Alors ils furent enchantés. Un endroit où l’on était sûr d’apaiser sa faim sans se donner la peine de chasser, de pêcher, était à leurs yeux le plus admirable établissement. Si cependant on leur avait dit qu’il fallait payer pour tout ce qu’on mangeait, ils auraient montré autant d’indignation qu’ils venaient de témoigner de plaisir. Dans leurs villages ils ne savent ce que c’est que refuser des aliments à quiconque entre chez eux en qualité d’ami.

(Beautés de l’Histoire du Canada. D. Dainville).

Michel Eyquem de Montaigne, né en 1533, mort en 1592, célèbre moraliste français.

Ls première horloge

Quand Champlain débarqua à Québec, les sauvages étaient émerveillés des choses qu’il apportait de France.

Mais l’objet par excellence de leur admiration, c’était une horloge. Pendant des heures et des heures, chefs, squaws et papooses restaient assis devant l’horloge, attendant la sonnerie, ou, comme ils disaient eux-mêmes, attendant qu’elle parlât.

Si bien que Champlain, ennuyé de cette assiduité envahissante, et d’autre part, n’osant point brusquer ses visiteurs, s’avisa de tirer une morale de cette admiration.

« À telle heure, dit Champlain à ses alliés, l’horloge, quand elle parle, vous dit qu’il est temps de partir pour la chasse ou la pêche. À une heure, l’horloge vous commande de préparer vos repas, et quand elle sonne six heures, elle vous ordonne de vous retirer dans vos wigwams ».

Cette interprétation très large des sonneries d’heures, ne fit qu’augmenter l’admiration des sauvages, mais elle eut le résultat qu’en attendait Champlain. Les sauvages qui auraient probablement pris fort mal les reproches de Champlain, s’empressèrent de suivre à la lettre les commandements de l’horloge et le fondateur de Québec se débarrassa ainsi sans misère et sans heurt de ses encombrants visiteurs.

(Revue Populaire. Samuel de Champlain, fondateur do Québec, né en 1567, mort en 1635).

Une Hélène canadienne

Ainsi qu’on ne l’ignore point, lorsque Champlain vint visiter l’île de Montréal en 1611, il n’y avait plus trace de la bourgade que Jacques Cartier y avait vu, soixante ans plus tôt. Pour expliquer la disparition des fondateurs d’Hochelaga, plusieurs légendes racontent qu’une guerre fratricide éclata après le départ de Cartier et une tradition iroquoise résout le problème ainsi : Si l’on peut en croire l’historien des Wyandotts, M. Peter Dooyentate Clarke, un descendant de cette tribu, les Senecas et les Wyandotts ou Hurons vécurent en paix, côte à côte à Hochelaga jusqu’à ce que dans un moment fatal, un rigide chef Senecas refusa à son fils l’autorisation de lui laisser épouser une jeune fille de sa race.

Celle-ci indignée, renvoya tous ses prétendants et jura de n’épouser que le brave qui tuerait le chef qui l’avait offensée. Un jeune Huron accomplit la tâche et conquit la demoiselle, mais les Senecas prirent fait et cause pour leur chef et attaquèrent les Hurons. Ceux-ci repoussèrent d’abord leurs assaillants, mais les autres tribus iroquoises étant venues soutenir les Senecas, les Hurons plièrent et durent fuir vers l’ouest.

Cette légende n’a pas encore trouvé de poète ou de romancier pour l’embellir ou l’immortaliser et on ignorera le sort de l’Hélène canadienne qui plongea deux peuples dans d’innombrables malheurs tant que quelque Homère ne nous aura pas raconté tous les détails de ce dramatique événement.

(Handbook of the city of Montréal. Par S. E. Dawson).

Charles Lemoyne et la traite de l’eau de vie

En 1680, il survint au Canada une dispute effroyable entre MM. de Frontenac, gouverneur, et Duchesneau, son intendant, au sujet de la traite de l’eau-de-vie avec les Sauvages et à laquelle prit part Mgr de Laval qui voulait prohiber ce commerce. Il avait raison si on en juge par les paroles suivantes de Lemoyne qui connaissait bien son monde :

« L’expérience que j’ai eue parmi eux, disait-il, m’a convaincu que la plupart d’entre eux ne boivent que pour s’enivrer, pour avoir ensuite plus de liberté à commettre tous les crimes et désordres que les lois divines et humaines défendent.

J’ai été moi-même avec mes domestiques obligé d’arracher des mains de quelques Sauvages, hommes et femmes ivres, les haches et les couteaux qu’ils tenaient pour s’entretuer, dans le dessein ensuite d’embraser et de réduire en cendres leurs cabanes, sans considérer qu’il y avait plusieurs autres Sauvages, femmes et enfants ».

(Histoire de Longueuil. Par A. Jodoin et J.-L. Vincent).

Charles Lemoyne, né en 162G, mort en 1683, fut un des premiers colons de Montréal. Pour ses brillants services, le roi l’avait anobli en 1668.

Fière réponse de Tecumseh

Au conseil tenu à Vincennes, en 1811, Tecumseh ayant fini sa harangue, regarda autour de lui, et voyant que chacun était assis, et qu’il ne restait pas de siège, un dépit soudain se manifesta dans toute sa contenance. Aussitôt le général Harrison ordonna qu’on lui donnât une chaise : quelqu’un lui en apporta une, et lui dit, en s’inclinant : « Guerrier, votre père, le général Harrison, vous présente un siège ».

«Mon père ». ! s’écria le chef, avec indignation : « le soleil est mon père, et la terre est ma mère ; elle me nourrit, et je repose sur son sein » ; et aussitôt, il s’assit à terre les jambes croisées.

(Épîtres, satires, chansons, épigrammes et autres pièces de vers, 1830. Par Michel Bibaud.)

Un parc en été. Photo de Megan Jorgensen.

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