Histoire de Montréal

Terrain des expositions du Plateau

Terrain des expositions du Plateau

Le Terrain des expositions (1870-1899) – les lieux disparus du Plateau de Montréal

À la fin du XIXe siècle, le quadrilatère situé directement au nord de l’actuel parc Jeanne-Mance et délimité par l’avenue du Parc, le boulevard Saint-Joseph, la rue Saint-Urbain et l’avenue du Mont-Royal, est le site du célèbre Terrain des expositions.

Dès 1850, Montréal se trouve en concurrence avec Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke pour accueillir les expositions agricoles et industrielles annuelles, l’un des divertissements populaires les plus appréciés de l’époque. En 1860, un Palais de Cristal est construit à cette fin, à l’angle des rues Sainte-Catherine et University, inspiré du fameux Crystal Palace de Londres. Ce dernier est le symbole de la toute première exposition universelle tenue en 1851, à un moment où l’Empire britannique et la foi dans le progrès sont à leur apogée.

Montréal, métropole du Canada, veut emboîter le pas à Londres, Paris et d’autres grandes villes en organisant de grandes expositions. Celles-ci serviront de vitrine à l’avancement de l’industrie, de l’agriculture, du commerce et des beaux-arts, tout en offrant au grand public une panoplie d’amusements comme des concerts, des parades, des restaurants, des jeux athlétiques et des courses de chevaux.

En 1870, afin de doter Montréal d’installations permanentes de qualité, le gouvernement du Québec se porte acquéreur d’une parcelle du domaine de l’Hôtel-Dieux. Il s’agit d’un terrain du Mile-End, alors en banlieue de la ville. En 1878 et 1879, le Palais de Cristal de la rue Sainte-Catherine est démantelé et reconstruit ici. De nombreux bâtiments et installations s’y greffent.

Un embranchement ferroviaire établit une liaison avec la gare du Mile-End. Des expositions se déroulant dès les années 1870 jusqu’aux années 1890 reflètent le dynamisme industriel et l’effervescence culturelle de l’époque. Elles s’étendront même au delà de l’avenue du Mont-Royal au sud, pour occuper une partie de l’actuel parc Jeanne-Mance. Des illuminations du port de Montréal et de grands feux d’artifice au sommet de la montagne les soulignent. En dehors de la période automnale d’expositions, le terrain accueille d’autres événements, tels que les Jeux calédoniens, des manœuvres militaires et de grands pique-niques. En hiver, sous le dôme du Palais de cristal, patineurs et hockeyeurs se donnent rendez-vous sur l’une des premières patinoires-intérieures du Canada.

La série d’expositions agricoles et industrielles bat son plein en 1884 à l’occasion de la Grande Exp0osition de la Puissance. À l’époque, Puissance traduit Dominion pour désigner le Canada.

De 1885 à 1890, aucune exposition n’est tenue en raison, entre autres, d’une épidémie de variole qui sévit à Montréal. Quelques-uns des pavillons se transforment alors en hôpitaux d’urgence. En juillet 1896, un incendie désastreux met fin aux jours de gloire du Palais de Cristal. Les expositions de poursuivent encore quelques années, mais tous les bâtiments sont démolis en 1899. À partir de 1905, ce terrain s’ouvre à l’urbanisation et devient le nouveau quartier appelé l’Annexe.

Deux perspectives vers 1881 sur le Terrain des expositions : à gauche sur les deux, on voit le Palais de Cristal près du boulevard Saint-Joseph, et à la droite, la passerelle enjambant l'avenue du Mont-Royal pour faire le lien avec le parc Jeanne-Mance. À l'ouest du terrain , le long de la palissade blanche, l'actuelle avenue du Parc. En arrière-plan sur la photo, l'église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End, rue Saint-Dominique façade d'origine de 1858. (Gravure d'après un dessin d'Eugène Haberer, L'Opinion Publique, 29 septembre 1881 Photo Musée McCord.
Deux perspectives vers 1881 sur le Terrain des expositions : à gauche sur les deux, on voit le Palais de Cristal près du boulevard Saint-Joseph, et à la droite, la passerelle enjambant l’avenue du Mont-Royal pour faire le lien avec le parc Jeanne-Mance. À l’ouest du terrain , le long de la palissade blanche, l’actuelle avenue du Parc. En arrière-plan sur la photo, l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End, rue Saint-Dominique façade d’origine de 1858. (Gravure d’après un dessin d’Eugène Haberer, L’Opinion Publique, 29 septembre 1881 Photo Musée McCord.
L’ancien Terrain des expositions, le parc Jeanne-Mance aujourd’hui. Photo de GrandQuebec.com.

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