Histoire de Montréal

Place du Coteau Saint-Louis

Place du Coteau Saint-Louis

Place du Coteau Saint-Louis (Parcours du Mile-End)

Voici la Place du Coteau Saint-Louis. Mais en reculant l’horloge du temps au 20 octobre 1846, vous déambulez rue Saint-Louis, dans la municipalité de Côte Saint-Louis qui vient de s’incorporer. Ce premier village fondateur du Plateau – que l’on appelle familièrement Coteau Saint-Louis depuis ses tout débuts et bien après son annexion en 1893 – forme un vaste territoire qui s’étale, au sud, aux limites de Montréal à la hauteur de la rue Duluth ; à l’ouest, jusqu’au territoire qui sera occupé par la ville d’Outremont par la suite; au nord, à la paroisse de Sault-au-Récollet, et à l’est, au chemin Papineau.

Le village se développe le long du chemin des Carrières (rue Gilford et Berri actuelles) et il englobe l’ancien secteur des tanneries. L’extraction de la pierre y remonte à 1773 et, en 1825, o recense tailleurs de pierre, carriers, charretiers et chaufourniers (fabricants de chaux) travaillant aux carrières du secteur. Pendant près de huit décennies, ils vont fournir la pierre grise d’un grand nombre d’édifices du Vieux-Montréal et celle de la majorité des édifices patrimoniaux du Plateau.

La générosité des carriers, surnommés Pieds-Noirs, est notoire. Parle encore de leurs longs convois de pierres offertes pour la construction de l’église Saint-Jean-Baptiste et du Sanctuaire du Saint-Sacrement. Or, ils sont aussi turbulents. Chaque occasion de se battre est la bienvenue, surtout les samedis soirs, quand l’alcool réchauffe les esprits. Et, en temps d’élection, on les engage pour créer du grabuge !

L’habitat se développant rapidement, une trame urbaine serrée est tracée où la plupart des maisons sont en bois. Certaines, situées à quelques rues d’ici, témoignent encore de ce patrimoine ouvrier.

En 1850, afin de desservir cette population éloignée de la paroisse-mère de Notre-Dame, une chapelle temporaire est inaugurée dans l’édifice des Sourds-Muets situé rue Saint-Dominique et Saint-Louis (Laurier). En 1857, Mgr Bourget bénit la pierre angulaire de l’église Saint-Enfant-Jésus du Coteau Saint-Louis.

Vers 1875, l’hôtel de ville, situé au coin nord-ouest des rues Saint-Louis et Saint-Denis, abrite également les services de police et des incendies. Vers 1890, le village compte commerces et ateliers d’artisans, écoles bibliothèque, bureau de poste et même des églises méthodiste et presbytérienne.

Le territoire de Côte Saint-Louis est morcelé en 1861 pour créer le village de Saint-Jean-Baptiste et, en 1878, celui de Saint-Louis du Mile-End. Le Coteau Saint-Louis devient ville, le 2 avril 1890. Celle-ci est annexée par la Ville de Montréal, le 4 décembre 1893. On estime alors sa population à 3 000 personnes.

L’épuisement des carrières et le coût d’extraction de plus en plus élevé sonnet le glas de cette industrie, quelques années après l’annexion. Les excavations sont remblayées et le quartier Saint-Denis s’y développe rapidement.

Pionniers du Coteau Saint-Louis et toponymie

Trois pionniers du Coteau Saint-Louis sont reconnus par la toponymie du Plateau Mont-Royal : l’avenue Clermont, du nom de l’un de ses chefs de police ; la rue Poitevin, de celui d’un coloré et pittoresque Pied-Noir, l’un des premiers carriers, et la rue Prenouveau, d’une famille de propriétaires de carrières, dont les père et fils seront maires (dont Frs.-X. Prenouveau, maître-carrier). D’autes pionniers, comme les Brazeau, Dupré, dont Dominique Dupré, maître-carrier, Martineau (citons à Casimir Martineau, maître-carrier) et Lapointe, méritent aussi notre souvenance.

(Source : Société d’histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal. Fonds Robert Prévost, BanQ – Archives de Montréal).

Coteau Saint-Louis. Photo de Megan Jorgensen.
Coteau Saint-Louis. Photo de Megan Jorgensen.

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