Histoire de Montréal

Macabre découverte

Macabre découverte

Macabre découverte qui fit croire à la possibilité d’un assassinat

La brigade préposée aux homicides est alertée au sujet d’un Chinois trouvé mort dans des circonstances apparemment mystérieuses. – On élimine finalement toute hypothèse d’homicide

La brigade préposée aux homicides a été alertée, hier soir, au sujet de la découverte du cadavre d’un Chinois de la Pointe-Saint-Charles, dont la mort, au premier abord, fit croire à la possibilité d’un assassinat.

Il s’agit de Lu Sing Yu, 57 ans, qui avait son domicile et sa buanderie rue Charron, 653 (entre les rues Paris et Coleraine). Après avoir enfoncé la porte de son établissement de commerce, on le trouva mort, la face contre le parquet de sa buanderie. Le cadavre portait une blessure à la région frontale.

À 7 h. 09 hier soir, on manda la police à cet endroit. Le lieutenant John Gerald O’Neill, du poste #9 (rue du Grand-Tronc), se rendit alors sur les lieux avec les agents Jean-Paul Lucas et Rubin Charbonneau, de Radio-Police. Le sergent-détective Emile Joyal, de la Sûreté municipale, dépêcha aussi sur place le sergent-détective Thomas Richardson. La brigade préposée aux homicides fut aussi alertée et les sergents-détectives William Fitzpatrick et Russell Sénécal et rendirent promptement sur les lieux.

À la suite d’une enquête judiciaire, on apprit que le Chinois Yu avait passé le temps de la fête de Noël dans le quartier chinois et que des amis intimes de celui-ci s’étaient rendus à son domicile, vers 7 heures, hier soir, pour lui rendre visite. Sachant qu’il était là et, n’obtenant pas de réponse, ils avertirent le propriétaire. Ce dernier, M. Alfred Dufresne, rue Charron, 691, se rendit sur place, mais comme il ne possédait pas de clef pour en ouvrir la buanderie, il alerta la police.

En entrant dans le magasin, après en avoir forcé l’entrée, la police découvrit le Chinois, gisant sur le plancher de la buanderie. On manda une ambulance, et le décès fut constaté par le Dr. Gilbert Gallant, de l’hôpital Saint-Luc, qui exprima l’opinion que la mort remontait à deux ou trois jours. L’eau était gelée au domicile du défunt.

Des perquisitions révélèrent que le défunt n’avait pas été victime d’un vol, car il avait encore son argent, soit une somme d’une trentaine de dollars, dans ses goussets. Rien n’était dérangé non plus dans la buanderie ; les limiers en vinrent à la conclusion que le Chinois aurait été victime d’une syncope cardiaque ou autre maladie semblable, ou qu’il se serait affaissé et serait mort subitement, seul dans son établissement.

Tard hier soir, quand le cadavre fut transporté à la morgue pour l’autopsie et l’enquête en Cour du coroner, les limiers nous déclarèrent qu’on avait complètement mis de côté toute possibilité d’homicide.

Par Robert LeMyre, texte publié le 28 décembre 1942, lundi, dans le journal Le Canada.

Rien n'est beau comme ces maisons du siècle dix-septième Gérard de Nerval La Main enchantée (Histoire macaronique). Illustration : Pierre volcanique de l'Islande. Photographie par Megan Jorgensen.
Rien n’est beau comme ces maisons du siècle dix-septième Gérard de Nerval La Main enchantée (Histoire macaronique). Illustration : Pierre volcanique de l’Islande. Photographie par Megan Jorgensen.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *