Histoire de Montréal

Ligue antituberculeuse de Montréal

Ligue antituberculeuse de Montréal

Ligue antituberculeuse de Montréal

Plus de 115,000 citoynes radiographiés par la Ligue antituberculeuse

La ligue antituberculeuse de Montréal Inc., malgré son silence, n’a pas été inactive pendant les quatre premiers mois de l’année 1953. Au contraire, nous informe son président M. C.-O.Monat, Ing.P., la Ligue, du premier janvier au premier mai, a radiographié 115,033 citoyens du district métropolitain, soit 11,550 de plus que l’an dernier, record de tout temps pour la même période.

Les cas dépistés, non seulement de tuberculose mais des autres maladies thoraciques, révèlent la haute importance du travail de dépistage de la Ligue, ajoute M. Monat, et les résultats suivants en sont une preuve irréfutable : 1,035 cas suspect de tuberculose, 171 cas de tuberculose active dont 83 cas minimes, 68 modérément avancés et 20 cas avancés. En plus, 415 personnes ont été avisés d’anomalies cardiaques, ainsi que 25 personnes dont la radiographie pulmonaire montrait des indices de tumeurs tant malignes que bénignes. Le plus grand nombre de ces personnes avisées n’avaient aucun soupçon du mal qui les menaçais. En outre, 51 cas de troubles bronchiques furent dépistés, ainsi que 22 cas de pneumononiose et autres maladies thoraciques.

Tous les citoyens qui ont voulu profiter des examens pulmonaires de la Ligue ont eu la facilité de le faire, puisque les équipes mobiles de la Ligue antituberculeuse ont été mises à la disposition du public dans 34 endroitd différents de la métropole et dans 537 compagnies industrielles.

Parmi les 115,033 personnes radiographiées, 10,741 étaient au compte des pouvoirs publics, entre autres 1866 du pénitencier St-Vincent-de-Paul et 1614 de la prison de Bordeaux.

Le travail de dépistage dans le district métropolitain se poursivra intensivement jusqu’au début de juin alors que 4 équipes mobiles de la Ligue, à la demande des autorités provinciales et fédérales, se transporteron dans les comtés ruraux jusqu’aux débuts de septembre, date de la reprise du travail dans la métropole.

La Ligue antituberculeuse de Montréal, à la demande des autorités, a étendu son travail bienfaisant en faveur de plus de la moitié de la population de notre province, puisque ses activités s’étendent dans 26 comtés ruraux avoisinants de la métropole, et même jusqu’aux confins du comté de Pontiac.

(Texte paru dans le journal Le Canada Nouveau, lundi 25 mai 1953).

Rue St-Louis

Rue Saint-Louis du Vieux-Montréal. Photo de GrandQuebec.com.

Tuberculose

Bien que son rôle ne soit pas toujours très apparent, la tuberculose représente, en psychiatrie, l’un des facteurs étiologiques les plus importants.

A) Très fréquente dans les antécédents héréditaires des aliénés (22% des cas) et tout particulièrement des schizophrènes, elle conditionne dans une large mesure (autant peut-être que l’alcoolisme et la syphilis), les arrêts de développement depuis le simple déséquilibre et la débilité mentale, jusqu’aux états d’idiotie profonde. Même les névroses et les bouffées délirantes se développement avec prédilection sur un pareil terrain.

B) La tuberculose évolutive banale a fait l’objet d’une importante études de Maurice Porot (Congrès alién., 1950), faisant un exposé critique des données classiques et précisant les variations psychologiques des malades en fonction de la situation spéciales vécue par eux (conditions de la cure sanatoriale, engourdissement intellectuel, « disponibilité affective ») et pouvant aboutir à un véritable état névrotique à forme pithiatique ou anxieuse qui pourra se manifester à toute phase de la maladie et même après guérison, au moment de la réadaptation à la vie courante.

Dès le début, certains malades malgré l’évidence ne croient pas être tuberculeux et conservent un optimisme irréductible. Le sentiment d’un affinement de l’intelligence et de l’affectivité est l’occasion d’un débordement imaginatif, d’une introspection complaisamment entretenue, d’un surmenage dangereux pour les intellectuels qui refusent de se plier aux conseils du médecin.

Tuberculose. Photo : ElenaB.

La classique excitation génésique, quoique non constante, découle de cet état d’esprit qui se complique volontiers d’une humeur capricieuse : hyperémotifs s’adonnant volontiers à la culture de leur sensibilité et de leur imagination, préoccupés tout naturellement de leur propre personne par les conditions mêmes du mode d’existence qui leur est imposé, ces sujets sont exposés à des accidents pithiatiques qui, parfois, alternent d’une manière frappante avec les accidents évolutifs (Grasset).

L’instabilité, d’ailleurs, semble caractériser au premier chef le psychisme de nombreux malades, expliquer les alternatives de bien-être et de découragement, d’égoïsme cynique et d’altruisme excessif.

C) Psychose des tuberculeux. Conformément à la doctrine de Régis, on retrouve la confusion mentale dans l’infection tuberculeuse évolutive pulmonaire, méningée. On peut rencontrer alternativement des états confusionnels et oniriques, des phénomènes érotiques hystériformes, des accès caractéristiques de mélancolie ou de manie, des syndromes délirants parfois systématisées. Les enfants – le fait est bien connu – deviennent habituellement dans la phase prodromique de la méningite, triste, irascibles, grognons, hostiles, hargneux; exceptionnellement, ils se montrent plus l’ordinaire. Le sommeil se peuple de cauchemars, d’hallucinations terrifiantes.

Chez l’adulte, des observations troublantes montrent que le psychisme peut être altéré profondément, longtemps avant les premiers signes méningés et s’améliorer au moment de l’aggravation. Il s’agit d’affaiblissement intellectuel, de perversions morales ou affectives variées, de bizarreries du comportement.

Il existe des polynévrites tuberculeuses avec syndrome de Korsakoff, mais l’association de l’alcoolisme y est presque toujours de règle. Cependant, dans la phtisie commune, en dehors de toute association et de toute hérédité morbides, il semble que l’étiologie bacillaire, à elle seule, soit capable de provoquer des états psychopathiques variés.

Au cours de certains épisodes subaigus, l’on peut voir évoluer un syndrome délirant suivi parfois, si le malade est jeune, d’un déficit intellectuel permanent ou de perversions inattendues. Un accès maniaque, selon Esquirol, peut coïncider avec une rémission de la phtisie. Cette notion de balancement entre les poussées évolutives (où l’état mental reste parfait) et les rémissions pulmonaires ou la psychose réapparaît, a été reprise par Baruk.

Les hypocondries légitimes de certains bacillaires – souvent méconnus – prennent le masque de zoopathie interne, de possession, de revendications passionnelles.

À la fin de son évolution et plus spécialement dans la période pré-agonique, la phtisie, avec ses multiples localisations viscérales, donne lieu parfois à des accès confusionnels oniriques, à des bouffées délirantes et même à des syndromes maniaques typiques.

D) Tuberculoses latentes ou faiblement évolutives. Les mêmes accidents psychiques aigus ou prolongés peuvent s’y rencontrer. Mais, dans la pratique courante, la forme la plus fréquente et la plus caractéristique, c’est le syndrome neurasthénique vrai (v. ce mot). Son allure clinique est marquée avant tout par une asthénie intense, maxima au lever, aggravée par la station debout prolongée, améliorée souvent en fin d’après-midi (guérison de dix-sept heures). La mise en train pour le travail physique et intellectuel est particulièrement pénible. Les attitudes en flexion avec recherche de points d’appui traduisent encore cette asthénie. La frilosité (souvent acquise depuis peu), la phobie de tout ce qui serre les membres, le cou, le tronc, l’hypersthésie sensorielle, les spasmes digestifs caractérisent plus spécialement cette forme étiologique de neurasthénie.

Le diagnostic est établi par la recherche des antécédents bacillaires dans la famille et dans le passé du malade, par la constatation d’une cutiréaction hyperpositive (avec fréquentes réactions focales, syndromiques et générales), par la radiographie (stigmates de lésions cicatrisées ou d’une sclérose généralisée discrète), par le traitement d’épreuve (v. Neurasthénie).

Signalons enfin les rapports étroits et cependant remplis encore d’inconnues, entre la démence précoce et la tuberculose : le fait pratique à retenir, c’est que les schizophrènes meurent souvent de tuberculose pulmonaire.

L’emploi des antibiotiques (v. ce mot) entraîne parfois, chez les tuberculeux, des accidents psychiques.

H. Aubin

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