Histoire de Montréal

Fermeture des églises à cause de l’épidémie

Fermeture des églises à cause de l’épidémie

La résolution ordonnant la fermeture des églises à cause de l’épidémie

Texte de la résolution du Bureau de Santé municipal au sujet de la fermeture des églises dans la ville de Montréal

Nous croyons bon de mettre sous les yeux du public la résolution adoptée par le Bureau de Santé de Montréal, à sa séance du 30 octobre 1918. Elle fixe les responsabilités relativement à la question si grave et si délicate de la fermeture de nos églises pendant ce temps d’épidémie.

Montréal, 30 octobre 1918.

Le Bureau de Santé après avoir entendu la demande de S.G. Mgr l’Archevêque de Montréal de laisser les églises ouvertes vendredi prochain, 1er novembre, fête de la Toussaint, samedi, 2 novembre, fête des Morts, et dimanche, 3 novembre, et son offre de faire réduire les cérémonies au minimum indispensable, avec dispense d l’assistance à la messe pour certaines catégories de personnes, décide, à l’unanimité,

Sur l’avis des membres du Bureau de Santé appartenant à la profession médicale :

  1.  Que le temps n’est pas encore, venu de lever les restrictions concernant les églises et les autres lieux où se réunissent les foules,
  2. Que, dans tous les cas, il ne lui est pas permis de dispenser qui que ce soit de l’observance d’un règlement ou d’une résolution édictée par le Conseil Central d’Hygiène,
  3. Que la gravité de la situation est encore telle qu’un relâchement des règlements concernant la fermeture des églises et des autres endroits où peut se rassembler le public pourrait amener une recrudescence de la maladie.

En conséquence le Bureau regrette de ne pouvoir se rendre à la demande de S.G. Mgr l’Archevêque.

Certifié, le Secrétaire du Bureau de Santé, Fred. Pelletier.

La journée d’hier à Montréal

Hier, fête de la Toussaint, grâce à la belle température, la population de notre ville semblait revivre : rarement il a été donné de voir une telle affluence sur les rues.

La dépression qui subissait notre population depuis la mise en vigueur de tant de règlements contre la grippe, paraissait disparue : la décroissance de cette épidémie lui paraissant de meilleur augure. On remarquait les physionomies souriantes, heureuses de vivre, heureuses surtout de voir enfin disparaître cet affreux cauchemar de la grippe.

Les magasins ont eu leur grande part de cette sortie en masse de nos concitoyens : nos concitoyennes surtout en ont profité pour achalander les grands magasins à rayons.

Enfin on sent que la vie renaît dans notre ville : on sent que les dernières restrictions, et non pas les moindres qui touchent le cœur de notre population, celle de la fermeture des églises touchent à leur fin.

Il faudra encore aux autorités du Bureau de Santé municipal, astreindre certains établissements à une fermeture plus prolongée : mais la liberté, toute la liberté, ne tardera pas à venir.

Ce n’est plus qu’une question de jours.

Les victimes de la pandémie

L’épidémie décroît ; elle aura laissé derrière elle de cruels deuils et de substantielles pertes.

S’il est quelque moyen d’indemniser les victimes de ce malheur public, quelque moyen équitable pour tous, nous l’ approuverons volontiers.

La chapelle Bonsecours, située au coeur du Vieux-Montréal, les rues sont désertes lors de la pandémie de COVID-19 en avril 2010. Photo de GrandQuebec.com.
La chapelle Bonsecours, située au coeur du Vieux-Montréal, les rues sont désertes lors de la pandémie de COVID-19 en avril 2010. Photo de GrandQuebec.com.

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