Histoire de Montréal

École de sociologie de Loyola

École de sociologie de Loyola

Inauguration de l’école de sociologie de Loyola à Montréal

Mgr l’archevêque de Montréal y préside, entouré du premier ministre de la province et de représentants de toutes les races et de toutes les classes.

L’inauguration solennelle de l’école de sociologie Loyola, à Montréal, marque une étape dans l’histoire du mouvement social à Montréal. L’humble club social dont Monseigneur l’archevêque a béni la naissance, voilà une dizaine d’années, a donc fait école, et nous nous réjouissons de son merveilleux développement. Les chefs de l’Église et de l’État qui étaient réunis, hier soir, autour du berceau de l’école Loyola, ont su mettre en lumière le bien qu’accomplit dans le monde la sociologie chrétienne. Catholiques et Protestants de bonne foi s’entendent sur maints aspects du problème social qu’il importe de résoudre dans l’intérêt de l’humanité. Nul doute que l’école Loyola sera fidèle à suivre le sage programme d’étude et d’action qui lui est tracé.

Les principaux discours

L’inauguration officielle de l’école de sociologie et de service social de Loyola a eu lieu sous les plus brillants auspices, hier soir, en la bibliothèque Saint-Sulpice, 340 rue Saint-Denis. Sa Grandeur Mgr Bruchési, archevêque de Montréal, présidait, et, à ses côtés, on remarquait sur Lomer Gouin, premier ministre de la province de Québec ; MM. Henri Ponsot, consul général de France en Canada ; Horace Gagné, F.-W. Stewart, représentant la Ligue d’embellissement de Montréal ; le professeur W.-H. Atherton, les Rév. Pères Hingston, Filion et Borphy, MM. L.-I. Mcmahon, M. Falk et le professeur Caldwell, de l’université McGill.

La présence de ces messieurs, en cette occasion, est une preuve évidente que le but de la nouvelle école, qui est le but de la nouvelle école, qui est la préparation des artisans au travail pour l’amélioration des conditions, dans la métropole, reçoit l’encouragement et la coopération de toutes les associations catholiques et protestantes, en même temps que l’approbation de toutes les classes de travailleurs et de toutes les races.

Mgr Bruchési

L’archevêque de Montréal profita de l’occasion pour indiquer la base de toute sociologie, laquelle est contenue dans les paroles du Christ : « Aimez-vous les uns les autres. »

« Je suis heureux », dit-il, « de constater que le club que je bénissais, il y a une dizaine d’années, est devenu l’école de sociologie de Loyola. C’est une double joie pour moi, de présider à son inauguration. Comme c’est la première fois que j’ai le plaisir de rencontrer publiquement M. Ponsot, consul de France, je veux l’assurer, au nom de Montréal, qu’il peut compter sur une sympathie profonde de la part de nos concitoyens et je souhaite, personnellement, que son séjour, chez nous, soit long et heureux. »

« Le but de la nouvelle école est magnifique. Tous se sentent chez eux dans le sujet social. Nous avons un petit livre dans lequel pourraient s’inspirer tous ceux qui font profession de l’évangile. Ce petit livre c’est l’Évangile, le premier livre de sociologie. L’on a exprimé tout à l’heure le vœu que l’école de sociologie de Loyola se rapproche du Social Service School, du McGill. Il y a un moyen à cela. C’est de puiser nos enseignements dans ce livre, en écoutant le maître qui est Jésus-Christ. « Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on vous fit. » L’on ne vit pas pour soi seul. Tels sont les principes de la sociologie. O doit donner de soi-même et de ses biens pour contribuer au bien-être de ses semblables.

« Les problèmes de l’après-guerre prêteront un champ merveilleux au dévouement. Après la guerre – et d’après les grandes nouvelles données ce matin, il paraît qu’une paix glorieuse et victorieuse peut ne pas être éloignée – les problèmes qui surgiront auront à être étudiés dans l’école. » Monseigneur formule, en terminant, les vœux de succès les plus chaleureux à l’adresse de l’École de sociologie de Loyola.

Sir Lomer Gouin

« Les organisateurs de ce grand mouvement de service social », dit le premier ministre de la province, « m’ont placé dans une grande obligation en me donnant l’occasion de participer à cette réunion d’ouverture. Jamais auparavant, peut-être, le devoir du service social n’a été implanté au pays d’une manière plus effective qu’en ces jours actuels. Il a fallu un bon nombre d’années au monde pour apprendre qu’aucun homme ou qu’aucune femme ne peut vivre pour lui seul ou elle seule, mais que l’histoire du bon Samaritain s’applique à chacun de nous qui veut s’en souvenir et en profiter dans nos affaires avec ceux qui nous entourent. Depuis bien des générations les questions du bien-être social ont été laissées entre les mains de ceux qui forment l’autorité, tant dans l’Église que dans l’État. Néanmoins, l’histoire nous fournit plusieurs exemples frappants de service social pour d’autres, tels que l’esprit du sacrifice du bon prêtre belge, le Père Damien, qui se dévouait au milieu des lépreux de Molokai, le travail philanthropique de John Howard pour l’amélioration des prisons en Angleterre, celui de Florence Nightingale parmi les soldats blessés dans la Crimée, et le mouvement du grand Wilberforce pour l’abolition du commerce des esclaves. Je n’ai pas besoin de mentionner en France le nom de Saint-Vincent de Paul, d’Ozonam et des autres sociologues connus sur tout le globe. C’est à notre époque qu’il appartenait de donner la plus grande leçon d’abnégation. L’héroïsme de nos fils et de ceux de la Belgique, de la France et de l’Angleterre en donnant tout, même leur vie, pour conserver la vie des autres, est celui qui répond le plus suprême sacrifice de notre Seigneur Maître pour nous, et c’est un noble exemple à suivre pour nous afin de nous dévouer au bien-être de nos concitoyens.

« Les sacrifices nécessités par la guerre n’ont pas été sans étendre leur influence sur la société. Nous avons plus entendu parler de service social depuis les dernières quatre années que jamais auparavant.

Dans cette province, l’État n’a pas oublié qu’il a un devoir à remplir à ce sujet. Il ne peut oublier qu’il y a plusieurs moyens à sa portée pour contribuer au bien-être physique et moral de toute la population, aussi bien qu’à sa prospérité matérielle. De là le gouvernement a adopté et mis en vigueur la loi de fermeture du dimanche, afin que personne ne soit forcé de travailler plus de six jours par semaine. »

Autres orateurs

Le consul général de France, Henri Ponsot, a donné quelques renseignements sur les œuvres sociales de France. Le R.P. Higaton a parlé de l’origine et de la nature de l’oeuvre de l’École de Sociologie de Loyola.

Le professeur Falk, titulaire de la chaire de sociologie, à l’université McGill, déclare avoir toujours vécu dans la plus grande concorde avec la population catholique au milieu de laquelle il a vécu dans les provinces de l’ouest et ne voit aucune raison de changer d’attitude à Montréal.

"La loyauté est la base des assemblées." L'intérieur de l'Oratoire Saint-Joseph de Montréal. Photo de Megan Jorgensen.
« La loyauté est la base des assemblées. » L’intérieur de l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal. Photo de Megan Jorgensen.

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