Histoire de Montréal

Du charbon aux familles pauvres

Du charbon aux familles pauvres


On fournira du charbon et des vivres aux familles pauvres

Comme nous l’annoncions hier (journal Le Canada, le 21 octobre 1918), la police et les pompiers verront à faire du feu ainsi que les travaux durs dans les maisons où il y a des malades et où personne ne peut faire ces sortes d’ouvrage.

Le Bureau de Santé en est venu à une idée plus large. On a décidé de fournir des vivres et du charbon aux familles qui n’en ont pas.

Voici ce qu’il y a à faire : Si à un endroit où il y a des malades, il n’y a ni vivres ni charbon, on n’a qu’à se rendre au poste de police le plus rapproché où l’on n’a qu’à téléphoner au Bureau Central d’Information (Uptown 6428 ou 6427). Dans l’espace de vingt minutes, assure-t-on, un pompier ou un agent de police sera rendu à l’adresse indiquée pour y faire du feu ou pour fournir des vivres aux malades.

Des cas de misère noire

Il fallait en venir là, à la vue des cas de misère noire qu’il a été donné à ceux qui se sont rendus dans certains foyers de constater. Nous en racontions quelques-uns, dans dernier numéro. Le sous-directeur Mann a été témoin lui-même d’une quantité de cas vraiment pitoyables. Dans sept foyers, il a constaté que le feu manquait, lundi soir.

Masques et préventifs

Le directeur Tremblay était à faire préparer, hier après-midi, dans son bureau, quatre-vingt petites valises contenant chacune un masque en coton et un grand paletot en toile. Chaque poste de police et de pompiers recevra l’une de ces valises. Il y a dans la ville 45 postes de pompiers et 34 postes de police. Une valise sera conservée en cas de besoin.

Quand un pompier ou un agent de police sera envoyé dans une famille de malades, il mettra le masque et le paletot contenus dans la valise. Et, à son retour au poste, le masque et le paletot seront désinfectés, de façon qu’un autre puisse s’en servir, à la prochaine occasion. Les masques en coton ont été donnés par l’hôpital Royal Victoria.

À Verdun

Le Bureau de Santé de Verdun rapporte 45 nouveaux cas et 13 morts pour la journée d’hier.

Les ravages de la grippe

Drummondville, 21 octobre – Nous avons encore quelques cas de grippe espagnole dans notre ville, mais l’épidémie a beaucoup diminué, et il ne reste que quelques cas qui ne sont pas graves.

Nous avons plusieurs victimes à enregistrer, depuis le douze. M. et Mme Évariste Bouchard et trois enfants sont morts. Le notaire J.N.L. Duguay, décédé à l’âge de 32 ans ; M. Louis Piché, comptable à la Banque Molson, décédé à l’âge de 33 ans ; M. Walter Charland à l’âge de 33 ans, électricien à la Etna Chemical Co., M. Horace Blanchard, contre-maître à la manufacture J. A. Nadau; M. Amédé Marier, père de M. Jos. Marier, avocat de cette ville et plusieurs autres sont morts.

Ce que fait l’Hôtel-Dieux

Le bien ne fait jamais de bruit, dit un vieil axiome ; il nous est revenu à la pensée ce vieil axiome quand nous avons vu les statistiques qu’un médecin de nos amis nous donnait hier de l’Hôtel-Dieu. On parle beaucoup des divers hôpitaux de la ville et on n’avait encore rien dit du dévouement des Soeurs de l’Hôtel-Dieu, ces dignes filles de Jeanne Mance, pour combattre l’épidémie et sauver les victimes.

Aussi croyons-nous faire œuvre de justice et de réparation en publiant les statistiques suivantes que nous ont été fournies hier.

Patients atteints d’influenza admis et traités en octobre, de 1er au 19, inclusivement : 160.

Déchargés, guéris, hommes : 21. Déchargées, guéries, femmes – 23. Décédés, hommes – 11, décédées, femmes – 14. Sous traitement, hommes – 35. Sous traitement – femmes 55.

Service d’ambulance : 76 voyages. 15 des religieuses ont été atteintes d’influenza, dont 10 encore sous traitement. Une employée de l’hôpital a succombé à l’épidémie.

La grippe espagnole sévit partout

Paris. De tous les coins de la France on signale les méfaits de la grippe espagnole. Elle a fait ajourner la rentrée des écoles dans tout le département des Hautes-Alpes ; dans L’Isère, elle sévit sérieusement ; dans tout l’arrondissement de la Tour-du-Pin, d’assez nombreux décès sont également signalés en Bourgogne et notamment dans la région de la Clayette.

Écuries du Vieux-Montréal. Photographie de GrandQuebec.com.
Écuries du Vieux-Montréal. Photographie de GrandQuebec.com.

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