La criminalité au Québec en 1764

Deux histoires criminelles qui on eu lieu au Canada (au Québec) en 1764

Histoires criminelles qui viennent de 1764 : La lutte entre les soldats et les marchands et agression contre un marchand.

Nouvel épisode de la lutte soldats – marchands. A-t-on arrêté les vrais coupables ?

Montréal — L’agitation est grande dans les deux principales villes de la province. Six Montréalais attendent derrière les barreaux leur comparution devant un juge de Québec. Les militaires n’ont pas manqué de manifester leur indignation sur la façon dont quelques uns des leurs se sont retrouvés en prison. Un des accusés, le capitaine Fraser, est juge à la cour des Plaidoyers Communs.

Deux autres, John Campbell et Daniel Disney, sont capitaines de régiments de Sa Majesté. Le chevalier Louis de Chapt de La Corne, sieur de Saint-Luc, ancien capitaine des troupes de la marine, le lieutenant Simon Evans et Joseph Howard, marchand de cette ville, complètent la liste des accusés.

Ces arrestations sont la suite des révélations faites sous serment par un ancien soldat du 28ième régiment, George McGovack. D’après lui, les personnes ci-haut mentionnées seraient responsables de l’assaut criminel commis sur la personne de Thomas Walker, le 6 décembre 1764.

Ce crime vieux de deux ans ne cesse d’alimenter les conversations. La victime multiplie les interventions. On affirme même, en certains endroits, que le retour du gouverneur Murray à Londres ne serait pas étranger à l’affaire.

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Walker, qui était juge de paix au moment du crime, était connu pour sa vive opposition aux troupes de Sa Majesté. Les officiers des régiments cantonnés à Montréal connaissaient sa prise de position sur le logement des troupes. Au mois d’octobre 1764, le capitaine Payne se présenta chez un ami du juge avec un billet de logement. Le marchand, qui lui aussi était juge de paix, refusa d’héberger le soldat, prétextant que le logement était déjà loué. Le militaire passa outre et s’installa quand même. C’est alors que Walker intervint et, avec trois autres juges de paix, fit jeter l’officier en prison, sans plus de formalités. Les incidents au sujet du logement des troupes se multiplient.

Et presque à chaque fois, l’on retrouve l’influence du juge de paix. Les chefs militaires se décident alors à porter plainte au gouverneur Murray. L’autorité somme Walker d’aller s’expliquer à Québec. Le jour même où il reçoit sa sommation, il est assailli. Le 6 décembre, entre huit et neuf heures du soir, six ou sept personnes déguisées pénétrèrent par effraction dans sa maison, en firent sortir tous les occupants, sauf Walker. Alors ils se jetèrent sauvagement sur lui, lui infligeant une cinquantaine de blessures et contusions. Un des assaillants lui coupa une partie de l’oreille droite. L’alarme ayant été jetée dans le quartier, on essaya, mais en vain, de s’emparer des malfaiteurs. On trouva alors dans la maison une baïonnette du 28ème régiment, une casquette réglementaire et divers autres objets révélant que le méfait aurait été perpétré par des militaires.

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Peu de temps après, selon une affirmation du gouverneur Murray, un soldat se serait présenté au mess des officiers du 28ème régiment et aurait jeté sur la table un morceau de papier qui contenait l’oreille de Walker.

Deux années se sont écoulées depuis l’affaire et ce n’est que le mois dernier que des arrestations ont été effectuées. Le gouvernement avait promis une somme de 200£ et les habitants de Montréal, 300£ à qui dénoncerait les coupables. Le nommé McGovack, qui vient de faire des révélations sensationnelles, vivrait depuis quelque temps dans l’entourage immédiat de Thomas Walker. Ceci nous amène à mettre légèrement en doute son impartialité.

La ténacité de Walker dans cette affaire est réellement surprenante. Il n’a pas craint de se plaindre à Londres de la conduite de Murray, l’accusant de partialité et affirmant que le gouverneur cachait les coupables, parce que c’étaient des militaires. Il y a certainement de l’exagération dans ces affirmations. Pourtant on connaît dans la province le mépris de Murray pour les trafiquants anglais.

Histoires criminelles : Un riche marchand battu et volé

Québec — Le sieur Mauvide, marchand, au cours du mois de juin dernier, a été soulagé d’une somme assez rondelette, près de 6,000 livres. Vers deux heures du matin, sur le chemin entre Saint-Vallier et notre ville, deux hommes nus jusqu’à la ceinture sautèrent dans la calèche du marchand et lui saisirent les bras par derrière. Un des deux hommes lui donna un coup de couteau dans le bras. Les voleurs lièrent ensuite le sieur Mauvide avec les cordons du cheval, après l’avoir soulagé de la somme de 5,1100 livres. Ils l’amenèrent ensuite dans un bois situé à environ 150 verges du chemin. Au petit jour, ameutés par les cris de la victime, des passants vinrent à son secours.

(Source du texte : Boréal Express).

Illustration : Vieux-Port de Montréal vers la fin du XVIIIe siècle. Gravure de l’époque, image libre de droit.

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