Histoire de Montréal

Conseiller de la pègre de Montréal

Conseiller de la pègre de Montréal

Me Daoust identifié comme le conseiller de la pègre de Montréal

Le criminaliste montréalais Raymond Daoust a été identifié devant l’Assemblée, législative ontarienne comme le conseiller de la famille locale de la Cosa Nostra.

C’est le député de Hyde Park, le Dr Morton Shulman, (NPD) qui a fait ces révélations cette semaine, lors d’une intervention en vue d’obtenir plus de pouvoirs pour les policiers dans la lutte contre le crime organisé.

Le Dr Shulman, un spécialiste des questions du crime organisé en Ontario, a expliqué qu’une des plus importantes rencontres de la pègre internationale tenue à Acapulco, au Mexique, en février 1970, n’avait été connue de la police que grâce à l’écoute électronique.

« Si nous voulons arrêter le crime organisé qui ne cesse de progresser au Canada, a-t-il dit, il faudra vraiment donner les pouvoirs nécessaires à la police. Il faudra surtout choisir entre les libertés civiles absolues et un contrôle du crime organisé sur notre société qui est siphonnée de milliards de dollars annuellement. »

Rejoint par LA PRESSE dans un hôtel de Fort Lauderdale, en Floride, où il est en vacances, Me Raymond Daoust a défié le Dr Shulman de répéter ses accusations en-dehors de la Chambre.

« Ce député sait très bien que je ne peux le poursuivre pour libelle diffamatoire, puisque sa déclaration a été faite en Chambre. Je l’ai déjà dit et je le répète, je n’ai participé à aucune réunion de la pègre internationale à Acapulco. Je ne connais pas Meyer Lansky et je ne suis pas l’avocat des frères Cotroni. »

Le député a également révélé que la police avait appris en décembre 1969. en écoutant les conversations téléphoniques de Paolo Violi, un des lieutenants de la famille de la Cosa Nostra locale, que plus de 60 des plus importants criminels canadiens et américains organisaient une réunion à Acapulco pour le mois de février suivant. C’est d’ailleurs un des clients du Dr Shulman, Fred Gabourie, de Toronto, qui avait été le premier à discuter de la réunion avec Violi.

« Gabourie a un bon médecin, a dit le député, mais il semble qu’il n’ait pas d’aussi bons amis. »

Le FBI américain et les policiers fédéraux mexicains avaient alors installé un peu partout de l’équipement d’écoute électronique, ce qui leur a permis d’apprendre que leurs réunions avaient pour but la législation des casinos au Québec et la façon de s’y prendre pour « laver » les sommes d’argent obtenues dans le commerce de la drogue, les prêts usuraires, le jeu illégal et la prostitution.

Le Dr Shulman a déclare que l’avocat montréalais Raymond Daoust, qu’il a inclus dans la liste des participants aux rencontres, était le principal contact avec les politiciens. « C’était lui qui devait être le lien entre la pègre et les politiciens. » Un des députés lui a demande si Me Daoust était le « parrain » de la pègre de Montréal « Non. a répondu le Dr Shulman, il s’agit plutôt du « consigliere » de la famille. »

Pour ceux qui n’auraient pas vu le film « Le Parrain », rappelons que le parrain est le chef d’une famille de la Cosa Nostra et que le « consigliere » est son principal conseiller.

Cet avocat, a dit le Dr Shultnan, est le procureur de la famille Cotroni. Il est connu qu’il a de très bonnes relations

Il a poursuivi en disant que les policiers avaient découvert que les plus grands criminels internationaux s’étalent réunis à plusieurs reprises au mois de février 1970 à l’hôtel Acapulco Hilton et à la résidence de l’ex Montréalais Léo Bercovitch, une luxueuse hacienda, située près d’Acapulco, pour y discuter de quelle façon et aussi quels politiciens québécois devaient être corrompus pour faciliter les vues de la pégré sur les casinos à venir dans la province.

Il a accusé M Benjamin Kaufman de Montréal d’être un des principaux organisateurs de la rencontre. C’est un homme astucieux, a-t-il poursuivi, qui est très près de la famille Cotroni. M. Kaufman est le président de la compagnie International Rug, de la rue de Courval. Il est actuellement en vacances à Acapulco et n’a pu être rejoint pour obtenir ses commentaires sur les accusations du député torontois. Expliquant que ces discussions au plus haut niveau avaient amené Meyer Lansky, un des plus grands bandits américains à discuter avec les Cotroni, plusieurs autres bandits montréalais ainsi que des gens de l’Ontario et des États-Unis de l’investissement des fonds illégalement obtenus, il a aussi révélé qu’un important trafiquant d’héroïne de Marseille en France participait aux rencontres.

Le Dr Shulman a précisé comment les criminels s’y prenaient pour « nettoyer » leur argent. « Lansky, a-t-il dit, a obtenu pour $22.000 en 1965 des droits miniers en Virginie de l’Ouest, qu’il aurait vendus plus tard à une compagnie appartenant à Bercovitch.

Anciennement propriétaire du restaurant Ruby Foo’s de Montréal, Léo Bercovitch serait, d’après M Shulman, le propriétaire de la compagnie Rodosa Investment Ltd.

Cette société avait payé à Lansky, d’après le Dr Shulman. $125.000 pour les droits miniers. L’Américain. lors de cet achat des droits, n’avait signé qu’une reconnaissance de dette sans payer un seul sou.

C’est ainsi, a dit M. Shulman, que le crime organisé s’y prend pour faire revenir aux Etats-Unis l’argent provenant de leurs opérations illégales qui se traduit tout simplement dans leurs déclarations d’impôt par un gain de capital.

« Si la police a pu tout savoir de cette importante réunion, a-t-il conclu, c est dû a l’espionnage électronique. »

Il a alors réclamé de ses collègues une amélioration des méthodes de la police pour recueillir les informations les activités du monde interlope.

Selon lui, la législation canadienne actuelle concernant l’écoute téléphonique favorise le crime organisé au détriment de la société.

(Cette nouvelle du monde criminelle québécois date du 21 novembre 1974).

Un lit comme on s’attendrait à en trouver dans une vielle maison de campagne: rustique, solide, épais et chaud.(Vittorio Frigerio Bis). Graffiti dans le quartier du Plateau Mont-Royal. Photo de GrandQuebec.com.
Un lit comme on s’attendrait à en trouver dans une vielle maison de campagne: rustique, solide, épais et chaud.(Vittorio Frigerio Bis). Graffiti dans le quartier du Plateau Mont-Royal. Photo de GrandQuebec.com.

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