Histoire de Montréal

La Compagnie de Montréal

La Compagnie de Montréal

La Compagnie de Montréal et son rôle dans la fondation de la ville

Liste des membres de la Compagnie de Montréal

M. le baron de Fancamp Favorisé d’une grande fortune, le baron de Fancamp paraît avoir pris dans la fondation de Montréal une part très active mais très cachée. Les « Annales de l’Hôtel-Dieu » (Ces annales ont été écrites par la soeur Marie Morin, la première canadienne entrée à l’Hôtel-Dieu. La Société Historique de Montréal en a publié le premier volume, d’après une copie collationnée à l’original par l’auteur du présent ouvrage, Soeur Morin est le premier auteur canadien) le font connaître comme un de ces hommes de parfaite humilité, qui prennent grand soin de s’effacer et de ne jamais paraître au premier plan des ouvrages dont ils sont parfois les plus actifs artisans. On sait que M. de Fancamp a été le plus solide soutien, le plus habile conseiller de M. De la Dauversière, et qu’il est resté son plus fidèle ami jusqu’à sa mort.

Au moment de négocier avec M. de Lauson l’acquisition de l’île de Montréal, les promoteurs du grand projet se mettaient à la recherche d’associés, riches et influents, capables de les seconder effectivement dans leur entreprise aussi désintéressée que magnifique.

M. Jean-Jacques Olier, qui venait de fonder, à Paris, le Séminaire de Saint-Sulpice, fut le premier auquel ils communiquèrent leurs intentions. Facilement gagné par la grandeur du projet, Messire Olier contribua tout de suite d’une somme de cent pièces d’or pour la formation d’une société, qui se chargerait de l’organisation. Bientôt un groupe d’associés se joignirent aux promoteurs et formèrent la Compagnie de Montréal pour l’établissement de Ville-Marie.

On peut voir, par la liste que nous donnons des membres de la nouvelle société, que le fondateur avait fait un choix judicieux des personnes appelées à le seconder. Il est bien honorable pour notre ville que de tels personnages aient été mêlés aussi intimement à ses origines.

Avec MM. de La Dauversière, de Fancamp et Olier, firent d’abord partie de la Compagnie de Montréal:

  • Roger du Plessis, marquis de Liancour, duc de la Rocheguyon, pair de France;
  • Antoine Barillon, seigneur de Morangis, maître des requêtes et conseiller d’État;
  • Christophe Duplessis, baron de Montbart, avocat au Parlement de Paris;
  • Gaston Jean-Baptiste, baron de Renti;
  • Bertrand Drouart, secrétaire de la Compagnie;
  • Louis Séguier, baron de Saint-Firmin;
  • Jean-Antoine de Mesmes, seigneur d’Irval, et vicomte de Vaudreuil, conseiller d’État,
  • Jean Galibal, maître des requêtes, président du Grand Conseil;
  • Alexandre Le Rageois de Bretonvilliers, prêtre de Saint-Sulpice;
  • Gabriel de Queylus, abbé de Locdieu, prêtre de Saint-Sulpice;
  • Henri-Louis Habert, seigneur de Montmort, maître des requêtes;
  • Messire Louis Le Prêtre et son frère Denis;
  • Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve;
  • Jacques Girard Denis, seigneur de La Chaussée et de Callières;
  • Louis d’Ailleboust, sieur de Coulonge;
  • Dame Madeleine Fabri, épouse de Pierre Séguier, chancelier de France;
  • Dame Isabelle Blondeau, épouse de Jean de Phélypeaux, secrétaire de la Compagnie de la Nouvelle-France;
  • Madame de Bullion, la grande (bienfaitrice inconnue).

Une élite aussi distinguée montre bien que la fondation de Ville-Marie est le fruit d’un idéal vraiment supérieur. D’aussi brillants débuts annonçaient qu’une grande oeuvre du génie français allait s’accomplir en Canada.

Montréal hivernal. Photo de GrandQuebec.com.
Montréal hivernal. Photo de GrandQuebec.com.

Arrivée des colons

Pour lancer l’entreprise, les Associés de la Compagnie de Montréal avaient contribué d’une somme de 75 000 livres en pur don. Une quarantaine de personnes, toutes choisies avec soin, on peut le croire, composaient ce premier groupe de colons-fondateurs de Ville-Marie, dont les noms, malheureusement, nous sont presque tous inconnus.

Deux vaisseaux partirent de La Rochelle, un autre de Dieppe. En outre de la recrue pour Montréal, il y avait à bord quelques personnes se rendant à Québec et un certain nombre de trafiquants de pelleteries. Le navire, sur lequel s’était embarquée mademoiselle Mance, arriva le premier à Québec, le 8 août 1641.

Celui de M. de Maisonneuve, qui avait subi du gros temps, n’accosta que le 20. Il était trop tard, en cette fin de saison, pour s’établir à Montréal et l’on décida d’hiverner à l’habitation.(C’était le nom que l’on donnait à l’établissement de Québec).

Le gouverneur du Canada, M. de Montmagny, circonvenu peut-être par son entourage, profita de cette occasion pour dissuader M. de Maisonneuve de ce qu’il appelait ses projets sur Montréal, à cause, prétendait-il, de la guerre iroquoise qui venait de reprendre. — Monsieur, lui dit le fondateur, ce que vous me dites serait bon si l’on m’avait envoyé pour délibérer, mais ayant été déterminé par la Compagnie que j’irais à Montréal, il est de mon honneur et vous trouverez bon que j’y monte pour y commencer une colonie, quand tous les arbres de cette Ile se devraient changer en autant d’Iroquois. Cette fière réponse brisa toute opposition pour le moment.

Dès l’automne les deux gouverneurs montèrent à Montréal et débarquèrent à la Pointe Callières, alors appelée Place Royale. C’est à cet endroit que Paul de Chomedey de Maisonneuve prit possession de toute l’île de Montréal, au nom de la Compagnie, dont il était le mandataire, le 15 octobre 1641.

De retour à Québec, le fondateur et ses compagnons reçurent la plus sincère et cordiale hospitalité chez M. de Puyseaux, qui mit tous ses biens à leur disposition.

Ils passèrent là l’hiver à construire des barques et à préparer leur établissement pour le printemps suivant.

(Dollier. Histoire de Montréal, 1932).

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