Histoire de Montréal

Chasse à l’homme

Chasse à l’homme

Le jeune caissier qui s’est conduit comme un vrai héros

Une chasse à l’homme qui tient du roman policier, a été relatée au juge Gustave Marin, hier, par Lucien Berthiaume, du 959, de la rue Napoléon, caissier à la caisse populaire de Saint-Louis de France, à la suite d’un vol à main armée par deux bandits portant cagoules, le 5 décembre dernier.

Les deux malandrins prirent la fuite avec $,3,800 mais le jeune caissier, fils de M. Adrien Berthiaume, le gérant, les pourchassa de rue en rue, se jeta par terre, en deux fois, pour éviter les balles de revolver tirées par les fuyards, réussit à rejoindre celui qui portait le sac de papier contenant l’argent, mais était blessé par deux coups de crosse de revolver, avant qu’un citoyen, M. Léo Rajotte, ne réussisse à capturer celui qui a donné le nom de Guy Laflamme, et envoyé à la Cour du banc de la Reine, par le juge Gustave Marin, hier, après la preuve accablante offerte par Maître Antonio Lamer, avocat du service de la police. Le tribunal annula le cautionnement du suspect qui dût prendre la route cellulaire.

Si le jeune Berthiaume n’a pu identifier son homme, Théoret, lui, a été positif, l’ayant entré de force et retenu dans la taverne Dubois, à l’angle des rues Drolet et Roy, jusqu’à l’arrivée de la police.

Les visiteurs

Lucien Berthiaume a relaté au tribunal : « Nous étions six employés et trois clients, le cinq décembre 1952, à la caisse populaire. Deux jeunes masqués entrent et l’un d’eux s’écrie : « Hold-Up, couchez-vous par terre! » Un des deux vide la caisse et l’autre va dans la voûte. Moi je cherchais à leur lancer quelque chose, et je réussis à m’emparer d’un casier en métal, pour réussir à frapper un des sinistres visiteurs au front, et faire tomber sa cagoule. Ils se sauvent. Je pars à leurs trousses. En deux fois je me couche sur le trottoir pour éviter leurs balles, mais je me relève et continue la casse à l’homme… Ils descendent la rue Berry, entrent dans un « trou noir », en sortent pour courir de plus belle. À la rue Rivard je rejoins le dernier, déjà fatigue, et lui arrache le sac contenant l’argent.

Si tu tires…

Le témoin ajoute : – Mon prisonnier appelle son compagnons qui revient vers moi et qui dit : « Lâche-le où je te tire… » Moi je lui réponds que s’il tire, il va aussi tuer son copain que j’avais placé devant moi, en bouclier. C’est alors qu’il me donne deux coups de crosse de revolver, avant de fuir sans être pris. À ce moment, les citoyens se rassemblent et monsieur Théoret réussit à s’emparer de mon homme que je ne pourrais identifier, ne l’ayant vu que de dos.

Le témoin Théoret identifie ensuite Laflamme à la barre et dit qu’il lui reconnaîtrait le « cadran » parmi mille personnes.

Enfin l’agent de police Gérard Martial relate l’arrestation de Laflamme, avec son confrère Jean Champoux, de police-secours. Le suspect est ensuite cité à son examen volontaire, envoyé aux Assises et Maître Lamer demande et obtient l’annulation de son cautionnement.

(C’est arrivé à Montréal le 9 janvier 1953).

La plupart des gens se battent pour sauver ce qu’ils risquent de perdre. Moi, je me bats car c’est la seule chose que je sais faire. (Kara Thrace). Photographie d'un monstre de la rue par Megan Jorgensen.
La plupart des gens se battent pour sauver ce qu’ils risquent de perdre. Moi, je me bats car c’est la seule chose que je sais faire. (Kara Thrace). Photographie d’un monstre de la rue par Megan Jorgensen.

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