Histoire de Montréal

Augmentation des interruptions du service du métro

Augmentation des interruptions du service du métro

Une augmentation vertigineuse des interruptions de service du métro

Le métro de Montréal n’est plus le modèle d’efficacité qu’il a été à ses débuts à la fin des années I960. En effet, les interruptions de service de plus de cinq minutes ne cessent d’augmenter, très souvent aux heures de pointe, passant de 832 en 1992 à 1021 l’an dernier.

En fait, le service du métro a été interrompu pendant 11 576 minutes en 1996, ce qui représente une bonne semaine.

La principale cause des interruptions de service est attribuable aux méfaits publics, aux personnes blessés et malades et aux tentatives de suicide. On a relevé 448 interruptions de cette nature l’an dernier, ce qui représente un progrès par rapport à 1995, alors que leur nombre avait atteint un sommet de 540.

Les usagers doivent se souvenir de ce lamentable 3 décembre alors que la ligne verte (#1)  avait été paralysée toute la matinée, entre les stations Préfontaine et Honoré-Beaugrand, parce que la police recherchait la trace de bandits qui avaient tiré des coups de feu la nuit alors que le métro n’était pas en service. Malgré ce désagréable épisode, ce sont les suicides qui sont la cause des plus longues interruptions de service. « Dans ces cas, il faut compter des arrêts de plus d’une heure, car nous devons attendre la venue du coroner qui doit faire le constat », explique le directeur général Trefflé Lacombe.

De la pierre dans l’engrenage

De 1995 à 1996, les causes d’interruptions de services reliées au matériel roulant ont subi une hausse spectaculaire de 43 % : 399 fois en 1996, comparativement à 279 en 1995.

La Presse a demandé à la STCUM si la diminution constante du budget depuis 1992 était de nature à expliquer cette situation. « Je serais porté à croire que non, a dit M. Lacombe, puisque nous avons refait les 236 wagons de la première génération ( les MR63 ), ce qui a occasionné des dépenses de l’ordre de 65 millions. Actuellement, nous procédons au rajeunissement des rames de la seconde génération (1973) dans nos ateliers. »

Toutefois, le directeur général signale que les causes reliées au matériel roulant sont dues en grand partie à la pierre concassée que le Service des travaux publics utilise l’hiver comme abrasif sur les trottoirs.

Ces petits cailloux de 7 mm ont la fâcheuse manie de coller aux semelles des voyageurs et de se décoller lorsqu’ils pénètrent dans les wagons, obstruant les coulisses du seuil des portes.

La STCUM a sensibilisé le Service des travaux publics à ce problème en novembre dernier (pour 1996) et des ingénieurs de la voirie avaient proposé que la STCUM remplace les grilles d’entrée aux édicules du métro de façon à capter ces petits cailloux indésirables.

Les pannes attribuées à des bris aux équipements fixes (91 cas en 1996, comparativement à 73 en 1995 ) commencent aussi à poser de sérieux maux de tête aux dirigeants.

D’après M. Lacombe, c’est l’équipement électrique qui commence à donner des signes de vieillissement.

« Les fonctionnaires du ministère des Transports nous ont forcé à amortir ces équipements sur 40 ans, mais on s’aperçoit que leur vie utile est beaucoup moindre.

Changer ces équipements représente des investissements importants, alors que nous n’avons même pas fini de les payer ! »

Malgré le désagrément occasionné aux usagers par ces nombreuses interruptions de service, la STCUM leur prépare une bonne surprise pour l’automne : l’organisme entend adopter une politique de remboursement de sa clientèle pour toute interruption prolongée.

Catégories d’interruptions de service :

Catégories – 1994 – 1995 – 1996 – Hausse en pourcentage de 1995 à 1996

Matériel roulant 296 279 399 + 43

Équipements fixes 90 73 91 + 25

Méfaits, blessés et malades 460 540 448 -17

Exploitation 83 70 65 -7

Divers 30 18 18 0

Guy-Concordia
Station de métro Guy-Concordia. Photo : Gilles Quénel.

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