Explosion à l’Accueil Bonneau
L’Accueil Bonneau, partiellement détruit aujourd’hui, le 9 juin 1998, par une puissante explosion causée par une fuite de gaz, a obtenu en soirée l’assurance du gouvernement du Québec qu’il recevra toute l’aide nécessaire pour lui permettre de reprendre dès cette semaine ses activités.
L’explosion s’est produite moins d’une heure après que les centaines d’itinérants fréquentant l’institution eurent terminé leur repas et vidé les lieux.
Les pompiers tentaient toujours en soirée de trouver dans les décombres un employé de l’Accueil Bonneau qui manquait à l’appel.
Les autorités indiquaient alors que deux personnes avaient été tuées, et 15 autres blessées, dont cinq grièvement, dans la catastrophe. Selon Urgences Santé, une douzaine de personnes ont aussi été traitées sur place pour les blessures mineures.
L’une des victimes était une religieuse septuagénaire, Claire Ménard, qui est décédée d’un arrêt cardiaque après avoir été transportée à l’hôpital Saint-Luc.
La mort de l’autre victime, Marie Lavallée, une bénévole, a été constatée sur place.
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Dans les premières minutes suivant le drame, tout le secteur était plongé dans le chaos. Plusieurs des victimes sortent tant bien que mal des décombres. On les voit poussiéreuses, éberluées, tandis que des passants venaient leur prêter main-forte.
Les pompiers ont dû patienter plusieurs heures avant de pouvoir ratisser les débris en attendant que Gaz Métropolitain colmate le conduit d’alimentation en gaz de l’immeuble en creusant dans la rue Saint-Paul. Finalement, vers 15h45, on a stabilisé la structure de l’immeuble. Alors on a mis à profit les chiens pisteurs, que l’on ne pouvait utiliser jusqu’alors en raison de l’odeur de gaz.
Un employé de la firme Sciage de béton Saint-Léonard, qui tentait de percer un trou dans un mur de l’Accueil Bonneau afin de permettre l’installation d’un nouveau conduit d’aération, aurait causé la fuite en coupant par mégarde un conduit.
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Il se serait alors précipité à l’intérieur pour aviser du danger la quarantaine de bénévoles et d’employés qui s’y trouvaient. On n’a fait cependant pas l’évacuation suffisamment rapidement au dire de Nicole Fournier, directrice de l’Accueil Bonneau. C’est la congrégation des Sœurs grises qui gère cet établissement. Les gestes de générosité se multiplient tout au long de la journée, des personnes offrant vêtements, nourriture et argent. Un individu a même offert 10 mille $.
« Nous allons nous en sortir », a conclu Mme Fournier. Elle parle d’une « journée de deuil pour la grande famille de l’Accueil Bonneau ».
(C’est arrivé le 9 juin 1998).
