Montérégie

Deuxième collège de Longueuil

Deuxième collège de Longueuil

Le deuxième collège de Longueuil

En 1908, les frères des Écoles chrétiennes estiment que la maison agrandie du curé Chaboillez, rue Saint-Charles, qui abrite le Collège de Longueuil depuis un demi-siècle, est devenue trop exiguë. Ils décident de construire un collège neuf sur le chemin de Chambly. On démolit alors plusieurs maisons pour ériger un nouveau collège de cinq étages, selon les plans de Maurice Perrault.

Les collégiens y entrent en septembre 1910. À l’arrière, une très vaste cour de récréation du collège s’étendait jusqu’au ruisseau Saint-Antoine, qui longerait aujourd’hui la rue de Normandie et qui limitait le terrain de l’institution.

En 1960, on ajoute une aile, au sud, que l’on baptise pavillon Frère-Marie-Victorin. Le célèbre botaniste a enseigné au collège de 1904 à 1920 et y a résidé jusqu’à son décès, en 1944. (Conrad Kirouac, né en 1885 et mort en 1944, joint les rangs des frères des Écoles chrétiennes en 1901. Dès 1920, lors de la fondation de la Faculté des sciences de l’Université de Montréal, il y occupe la chaire de botanique. Il fonde le Jardin botanique de Montréal en 1930, où logera l’Institut de botanique de l’UdeM. En 1935, le frère Marie-Victorin publie sa célèbre Flore laurentienne. Jusqu’à sa mort, il aura conservé sa chambre et son bureau au Collège de Longueuil).

Depuis le début des années 1980, l’édifice appartient aux commissions scolaires. Il a abrité les services administratifs de la Commission scolaire régionale de Chambly, puis le siège social de la Commission scolaire Jacques-Cartier. Aujourd’hui, c’est le siège social de la Commission scolaire Marie-Victorin.

Ce bâtiment de l’architecte Maurice Perrault est considéré comme le seul exemple du style beaux-arts à Longueuil, dont il illustre les principales caractéristiques : symétrie absolue, grandeur de la composition, géométrie rigoureuse de la façade, fronton central surmontant l’avancé de l’entrée principale, etc. Si l’édifice a peu changé, l’escalier de l’entrée principale, lui, a été modifié.

Longueuil – Longueil, note historique

Charles Le Moyen, né à Dieppe, en Normandie, en 1626, arriva en Nouvelle-France en 1641, à l’âge de 15 ans, attiré par son oncle chirurgien qui exerçait déjà une profession dans la colonie. S’étant familiarisé avec les langues amérindiennes dès les premières années de son arrivée, il oeuvra comme interprète une grande partie de sa vie et fut un personnage très actif dans les luttes contre les Iroquois. À la demande de l’intendant Talon, il reçut du roi ses lettres de noblesse en 1668, à titre du seigneur de Longueuil, nom qu’il avait emprunté à une petite paroisse proche de Dieppe, Longueil, où son père avait tenu une auberge et où sa mère était née ; le nom du village est une formation gauloise pour désigner une longue clairière.

La seigneurie de Longueuil (orthographiée avec un « u » ajouté suite à une erreur de graphie survenue en 1668) fut reconfirmée en 1676 par la fusion de trois concessions accordées antérieurement à Le Moyne, mais c’est en 1700 qu’un événement prestigieux marqua l’histoire de cette concession, quand Louis XIV signa des lettres patentes par lesquelles la seigneurie de Longueuil était érigée en baronnie. Le premier baron de Longueuil fut Charles Le Moyne (1656-1729), fils aîné du précédent et frère du célèbre navigateur Pierre Le Moyne d’Iberville. Au milieu du XIXe siècle, le territoire de la baronnie fit place aux structures municipales.

Plusieurs transformations territoriales se succédèrent entre 1845, année de création de la municipalité de la paroisse de Longueuil, et 1969, année de la fusion avec la cité de Jacques-Cartier et de la construction de la ville actuelle de Longueuil, sise sur la rive sud du Saint-Laurent, opposée à Montréal mais reliée à elle par le pont Jacques-Cartier. Avec sa population qui est quatrième en importance au Québec, Longueuil n’est pas seulement une banlieue de Montréal ; c’est aussi une ville industrielle accomplie, notamment dans le secteur de l’aéronautique. Pour souligner leurs liens historiques, la ville de Longueuil et la commune de Longueil vivent depuis quelques années une relation de jumelage qui les sert bien de part et d’autre.

collège 2 longueuil

Le deuxième collège de Longueuil. Photo : © GrandQuebec.com.

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