Les tulipes et leur histoire

Les tulipes, leur histoire et le Canada

Les tulipes sont sans contredit l’un des plus grands symboles du printemps. Derrière leurs pétale élégants et leurs couleurs éclatantes se cache une histoire fascinante, marquée par la folie financière du XVIIᵉ siècle et par un magnifique geste d’amitié internationale entre les Pays-Bas et le Canada.

Des montagnes asiatiques à l’Empire ottoman

On associe souvent la tulipe aux Pays-Bas, mais elle en est originaire de bien plus loin ! La fleur pousse à l’état sauvage dans les montagnes d’Asie centrale. D’abord la cultivent les Perses. Puis l’adorent les Sultans de l’Empire ottoman (en Turquie actuelle). D’ailleurs, le mot tulipe vient du turc tülbend, qui signifie « turban », en raison de sa forme caractéristique. C’est au XVIᵉ siècle qu’un ambassadeur européen à la cour de Suleiman le Magnifique rapporte les premiers bulbes en Europe.

La « Tulipomanie » : La folie spéculative en Hollande (la fièvre des bulbes)

Arrivée aux Pays-Bas vers la fin du XVIᵉ siècle, la tulipe devient rapidement le symbole ultime du statut social et du luxe chez les riches marchands hollandais.

C’est le début de la fièvre des bulbes (1634–1637). En effet, les Hollandais tombent sous le charme de variétés rares présentant de striures spectaculaires (causées, sans qu’ils le sachent à l’époque, par un virus des plantes). Tout le monde veut investir donc dans les tulipes. Ainsi les prix grimpent de façon irrationnelle. On passe de la vente de fleurs réelles à des promesses de vente sur de futurs bulbes (l’ancêtre des marchés à terme financiers).

Au sommet de la crise en 1637, un seul bulbe d’une variété très rare (comme la Semper Augustus) pouvait coûter l’équivalent du prix d’une maison sur les canaux d’Amsterdam ou des années de salaire d’un artisan qualifié !

Puis, l’effondrement suit. En février 1637, le marché explose : lors d’une vente aux enchères à Haarlem, les acheteurs refusent soudainement de payer ces prix exorbitants. En quelques jours, la panique s’installe. Finalement, la bulle financière éclate, de nombreux investisseurs se voient ruinés à la clé. Cet épisode reste dans l’histoire comme l’une des toutes premières bulles spéculatives documentées.

Aujourd’hui, les Pays-Bas ont gardé leur passion pour la fleur, mais sur des bases plus solides. En fait, ils sont le plus grand producteur et exportateur mondial de tulipes.

Le cadeau royal au Canada : un symbole d’amitié né dans l’adversité

L’histoire moderne la plus touchante liée à la tulipe unit les Pays-Bas et le Canada. Elle remonte à la Seconde Guerre mondiale. Cet épisode concerne le refuge à Ottawa de la reine et la naissance d’une princesse.

En 1940, alors que l’Allemagne occupe les Pays-Bas, la famille royale néerlandaise cherche refuge. À Ottawa, on accueille chaleureusement la princesse héritière Juliana et ses enfants. C’est là qu’en janvier 1943, la princesse Juliana donne naissance à sa fille, la princesse Margriet. Pour s’assurer que le bébé naisse exclusivement avec la nationalité néerlandaise (condition essentielle pour conserver ses droits au trône), le gouvernement canadien décrète temporairement la chambre de la maternité de l’Hôpital d’Ottawa comme étant un territoire extraterritorial international.

Le grand merci

Au printemps 1945, ce sont les troupes canadiennes qui jouent un rôle crucial dans la libération des Pays-Bas. Pour remercier le peuple canadien d’avoir hébergé sa famille et d’avoir bravé le danger pour libérer son pays, la princesse Juliana offre en 1945 un don royal de 100 000 bulbes de tulipes à la ville d’Ottawa.

Le Festival canadien des tulipes

Le geste ne s’arrête pas là : la maison royale hollandaise continue, encore aujourd’hui, d’envoyer des milliers de bulbes chaque année au Canada.

Ce cadeau a donné naissance en 1953 au célèbre Festival canadien des tulipes à Ottawa. Chaque printemps, la capitale canadienne s’illumine de plus d’un million de tulipes en fleurs. Elles rappellent cet héritage et ce lien d’amitié durable entre les deux nations.

Quelques citations du roman d’Alexandre Dumas, La tulipe noire

L’école tulipière, la plus exclusive des écoles, fit en 1653 le syllogisme suivant : « C’est offenser Dieu que mépriser les fleurs.

« Plus la fleur est belle, plus en la méprisant on offense Dieu. « La tulipe est la plus belle de toutes les fleurs. « Donc qui méprise la tulipe offense démesurément Dieu. »

Corneille cultivait peu les tulipes et ne s’occupait guère que de l’homme, mauvaise plante bien moins agréable à voir et surtout bien plus difficile à faire fleurir.

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