Ecologie et environnement

Tuer le problème dans l’œuf

Tuer le problème dans l’œuf

La pyrale du maïs : tuer le problème dans l’œuf

Des producteurs de maïs sucré relâchent des trichogrammes, de minuscules guêpes parasitoïdes d’œufs, pour contrôler la pyrale du maïs.

La lutte biologique à l’aide d’insectes sort des serres.

Depuis 1995, de plus en plus de producteurs de maïs sucré parcourent leurs champs à pied plutôt qu’en tracteur. Pourquoi ? Au lieu d’arroser leurs champs d’insecticides, ils suspendent des « tricho-cartes » sur leurs plants afin de les protéger contre les dommages de la pyrale du maïs, un papillon dont la chenille s’attaque au blé d’Inde. Ces tricho-cartes, disposées tous les 15 mètres, contiennent chacune 6 000 trichogrammes femelles prêtes à émerger. Une fois sorties, elles partent à la recherche d’œufs de pyrale pour y pondre leurs propres œufs. Les œufs de pyrale donneront alors naissance à de nouveaux trichogrammes plutôt qu’à des chenilles. Pas de chenilles, pas de dommages !

Pour éviter aux consommateurs de trouver des chenilles dodues sur leurs épis de maïs, plus de 80 % des œufs de pyrale du maïs doivent être parasités. Or, la pyrale commence à pondre à la fin du mois de mai et termine au mois de septembre, alors que les trichogrammes ne vivent en moyenne que de 7 à 10 jours. On assure donc la présence continue et en nombre suffisant de trichogrammes dans le champ avec 3 à 6 introductions hebdomadaires, selon les dates de semis et de récolte du maïs.

N’est-ce pas plus laborieux que l’emploi d’insecticides chimiques ! Pas nécessairement. Pour obtenir une protection efficace, il faut faire de deux à quatre applications d’insecticides durant la saison. Et elles doivent être faites par temps calme et en soirée. L’installation des tricho-cartes, quant à elle, peut se faire en plein jour, par temps venteux et même sous une pluie légère, et cela, sans équipement spécialisé. »

Mais les milliers de trichogrammes ainsi relâchés ne risquent-ils pas de parasiter les œufs d’autres papillons ? « Le risque existe, mais il est faible. Et certainement moindre que les risques liés à l’utilisation d’insecticides, affirme Denis Bouchard. Comme toutes les espèces de trichogrammes, l’espèce que nous utilisons, Trichogramma brassicae, a un spectre d’hôtes réduit et une préférence marquée pour un habitat donné. La faible longévité des trichogrammes et leur capacité de dispersion limitée nous laissent croire que leur impact sur les autres papillons est négligeable. »

Cette spécificité pose même une limite à l’utilisation de trichogrammes pour le maïs récolté au début de l’automne. En effet, Trichogramma brassicae est inefficace contre un autre papillon ravageur du maïs, la légionnaire d’automne, qui pond ses œufs vers la fin de l’été. Les solutions biologiques aux insectes nuisibles se règlent donc cas par cas.

Une tricho-carte, c’est-à-dire une enveloppe cartonnée contenant des trichogrammes femelles, est suspendue à un plant de maïs.

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