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Mauricie : Faune et flore

Mauricie : Faune et flore

La faune et la flore en Mauricie

La suprématie du couvert forestier de la Mauricie s’impose en comparaison du maigre secteur agricole du sud de cette vaste région du Québec. Le bassin versant de la rivière Saint-Maurice recoupe plusieurs domaines climatiques : l’érablière à tilleul dans les basses terres; l’érablière à bouleau jaune au sud du Bouclier canadien; la sapinière à bouleau jaune dans la partie méridionale; la sapinière à bouleau blanc au nord et la pessière à mousse sur une mince portion de l’extrême nord de la Mauricie.

L’ensemble de ce territoire, à l’exception du parc national de la Mauricie (seul le parc national du Canada de la Mauricie échappe à l’exploitation forestière de cette vaste région), est touché par l’exploitation forestière qui agit localement sur la plupart des habitats. Par conséquenct, les vieilles forêts se font rares. Les zones humides d’importance sont restreintes à la rivière Saint-Maurice, aux secteurs de la rivière au Lait, de la gare de Fitzpatrick, de Carignan et de la rivière Petite Bostonnais.

Le parc national du Canada de la Mauricie enserre un milieu naturel représentatif par la prévalence du paysage forestier sur une superficie de 457 kilomètres carrés. On y recence une trentaine d’espèces d’arbres, plus de 400 espèces de plantes vasculaires, 85 espèces de mousses et 68 espèces de lichens. Le parc abrite 70 espèces végétales d’intérêt particulier, dont 15 sont rares au Québec. Si l’on exclut les feux de forêt qui ont ravagé ou bouleversé plus de 40% de la superficie forestière du territoire au cours du XXe siècle, ce sont les coupes de bois antérieures à 1970 et à la création du parc de la Mauricie qui ont scarifié l’écosystème et provoqué la quasi-disparition du pin blanc autrefois si abondant. Depuis 1995, un programme de brûlage par feux contrôlés a été instauré dans le but d’accélerer la régénération des pinèdes. L’initiative cible des superficies réduites et n’a aucun impact perceptible sur la faune.

Près de 30 espèces de poissons fréquentent le parc national du Canada de la Mauricie. L’omble de fontaine domine les plans d’eau, particulièrement dans la portion nord du territoire. Parmi les autres espèces capturés figurent l’achigan à petite bouche, le brochet et le touladi, une espèce introduite. On y a récemment recensé une population d’omble chevalier, une espèce menacée qui se raréfie dans le Québec méridional.

La richesse aquatique du parc y maintient une intéressante biodiversité terrestre : environ cinquante espèces de mammifères dont deux onglués, 13 carnivores incluant l’ours noir et le renard roux, 16 rongeurs dont le castor et l’écurueil roux, 8 chiroptères comme la petite chauve-souris brune et 10 insectivores dont la musaraigne cendrée.

écureuil noir

L’écureuil noir mauricien. Photo de GrandQuebec.com.

La présence de forêts caduques résiduelles attire certaines espèces dont la martre, le pékan et le grand pic. Notons aussi que le parc national de la Mauricie est, à l’est du Canada, le seul qui abrite encore une meute de loups, et que la survie de l’espèce y est plutôt hasardeuse.

En dépit de la situation nordique do parc, 19 espèces de reptiles et d’amphibiens s’y côtoient, dont six espèces de salamandres et huit espèces de grenouilles volubles. La tortue des bois, désignée espèce vulnérable au Canada, colonise deux secteurs différents du parc. La tortue peinte se tient au bord des lacs Anticagamac et à la Pêche, avec la couleuvre rayée et deux autres espèces de couleuvres.

Différents inventaires signalent à ce jour environ 180 variétés d’oiseaux observées dans les limites du parc de la Mauricie. On y répertorié pas moins de 80 micheurs confirmés et une trentaine de nicheurs probables. Les forêts de conifères ont séduit le roitelet à couronne rubis, la paruline obscure, ses cousins à joues grises et à tête cendrée, la grive solitaire, le gros-bec errant et le junco ardoisé.

Les couverts mixtes conviennent à la gélinotte huppée, au geai bleu, à la mésange à tête noire, au roselin pourpré ainsi qu’à plusieurs espèces de grives et de parulines. Les peuplements de feuillus accueillent la paruline couronnée, la paruline bleue à gorge noire, la grive fauve, le viréo aux yeux rouges, le pioui de l’Est et le pic maculé.

Parmi les douze rapaces qui fréquentent le secteur, le balbuzard pêcheur et la petite buse y ont été observés, mais seul le cri nocturne de la chouette rayée ou du grand-duc prouve qu’ils sont présents dans ces bois. Les espèces aquatiques communes sont représentées par le garrot à l’oeil d’or, le grand harle, le canard noir, le fuligule à collier et surtout le plongeon huard, symbole aviaire de ce parc.

À l’échelle de la rivière Saint-Maurice, la faune aquatique influencée par la proximité du lac Saint-Pierre comprend des espèces d’eau fraîche, dont le doré jaune, le grand brochet, l’achigan à petite bouche, la perchaude et la barbotte brune.

Dans le bassin versant de la rivière, les salmonidés qui accaparaient le territoire avant la colonisation demeurent typiques de la Basse-Mauricie. Ils vivent maintenant en communautés plus complexes, parfois confinées à la tête de certains sous-bassins depuis l’introduction d’espèces compétitrices comme le meunier noir et le cyprin, ou à cause de la pression exercée par la pêche et la drave. Le réservois Gouin et les rivières du nord-ouest de la région de la Mauricie abritent des espèces d’eau fraîche, mais on ne prévoit pas la disparition de l’omble de fontaine, hôte occasionnel dans le plus petits plans d’eau.

(Source : Rivières du Québec, Découverte d’une richesse patrimoniale et naturelle. Par Annie Mercier et Jean-François Hamel. Les éditions de l’Homme, une division du groupe Sogides).

Canards

Grands canards dans un lac d’un parc de la Mauricie. Photo de GrandQuebec.com.

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