Herbe à la puce, comment la reconnaître et que faire au contact avec elle ?
L’herbe à la puce (Toxicodendron radicans) est une plante toxique très répandue en Amérique du Nord, notamment au Québec, dont la sève contient de l’urushiol, une résine qui provoque une réaction allergique cutanée douloureuse (dermatite de contact) chez la plupart des gens.
Comment reconnaître l’herbe à la puce ?
- Feuilles : Elles ont trois folioles ovales à bout pointu par tige (« feuilles par trois »).
- Contour des feuilles : Irrégulier, légèrement découpé ou dentelé, pas toujours lisse.
- Couleur de l’herbe à la puce : vert brillant l’été, peut devenir rouge ou brun à l’automne (toujours toxique).
- Surface : Légèrement lustrée et brillante.
- Croissance : Buissonnante, sans épines, 20 cm à 1 m de hauteur. Elle pousse en groupes denses.
- Habitat : Lisière des bois, berges, fossés, bords de chemins, sentiers, terrains incultes.
Que faire si l’herbe à puce vous touche ?
Immédiatement (dans les 10–30 minutes) : lavez la peau à l’eau froide avec du savon, en incluant le dessous des ongles. En effet, l’eau froide referme les pores et limite la pénétration de l’urushiol.
Ensuite, enlevez et lavez les vêtements, chaussures, outils contaminés à l’eau chaude savonneuse.
Si un animal a touché la plante, baignez-le immédiatement.
Important : Ne frottez pas et ne grattez pas la peau pour éviter de propager la résine.
Ingestion de la plante : La réaction apparaît généralement 12 à 72 heures après le contact et peut durer 2–3 semaines. La meilleur stratégie reste la prévention : apprendre à identifier la plante et éviter tout contact.
Si l’éruption apparaît (rougeurs, démangeaisons, cloques)
- Pour les démangeaisons, appliquez les compresses froides, lotion calamine, khuès d’avoine colloïdale ou bicarbonate de soude.
- Pour l’inflammation, appliquez la crème d’hydrocortisone 1% ou produit à la cortisone.
- Pour les cloques, ne pas les percer, ne pas gratter, couvrir avec une gaze.
Quand consulter un médecin
Consultez un professional de la santé dans le cas des lésions dans des zones sensibles (yeux, bouche, parties génitales). Aussi si une réaction s’étend sur une grande partie du corps. Ou encore s’il y a des signes d’infection (pus, fièvre > 37,8 °C).
Description de la herbe à la puce par Peter Kalm
Peter Kalm, un naturaliste suédois, a effectué, au cours des années 1748 – 1750, un voyage de reconnaissance en Amérique Septentrionale. Il a publié ses récits de voyage. Le texte que nous publions est extrait du troisième volume de cet ouvrage.
L’Apocyn à feuilles d’Androsème, APOCYNUM ANDROSAEMIFOLIUM (Apocynées), croît en abondance sur les collines couvertes de bois, et est actuellement en pleine floraison. Les Français lui donnent le nom d’HERBE À PUCE. Il sort de la tige, lorsqu’on la coupe ou la brise, un suc laiteux. Les Français attribuent à cette plante les mêmes propriétés que possède l’arbre à poison ou RHUS VERNIX des colonies anglaises; ils prétendent aussi que son action est nuisible à quelques individus, et inoffensive pour d’autres, et que certaines personnes peuvent impunément se frotter les mains et le corps avec le suc laiteux de la plante, tandis que d’autres ne sauraient même la toucher sans avoir la peau couverte de pustules.
J’ai vu un soldat dont les mains étaient toutes gonflées pour avoir cueilli un apocyn qu’il voulait me faire voir. On dit même que ses exhalaisons affectent certaines personnes qui ont le malheur d’en approcher de trop près. Il est généralement admis, ici, que le suc lai’eux de cette plante, répandu sur quelque partie du corps humain, non seulement irrite, mais fréquemment corrode la peau; du moins il ne manque pas d’individus sur lesquels il a produit cet effet.
Quant à moi, il ne m’a jamais fait aucun mal, quoique j’aie manié la plante en présence de plusieurs personnes, et que je me sois frotté les mains avec son suc jusqu’à ce qu’elles en fussent toutes blanches; j’en ai aussi écrasé la tige entre mes doigts sans en souffrir le moindre inconvénient. Les animaux ne touchent jamais à l’Apocyn.