Monde des plantes

Fleurs et arbustes aux multiples vertus

Fleurs et arbustes aux multiples vertus

La flore du Québec, des fleurs, des arbustes aux multiples vertus, des trésors à protéger

L’Arisème petit-prêcheur – Une nord-américaine, malgré ses airs exotiques!

L’arisème petit-prêcheur (Arisaema triphyllum) se reconnaît à sa fleur qui apparaît au printemps : un spadice enveloppé par une spathe zébrée de beige et de brun, rabattu comme les abat-voix au-dessus d’une chaire de prêcheur, d’où lui vient son nom. Les Iroquois l’appelaient berceau, car il ressemblait à un porte-bébé amérindien.

En automne, la plante porte une grappe de fruits rouges toxiques Fait exceptionnel, le sexe de cette plante peut changer d’une année à l’autre. Le même individu revêt tantôt un sexe mâle, tantôt femelle et parfois les deux en même temps. Seules les femelles adultes ont deux feuilles, ce qui permet de les reconnaître facilement.

À partir de la dispersion des graines, l’arisème prend de quatre à six ans pour fleurir de nouveau et produire d’autres semences. Sa croissance lente la rend fragile et précieuse. Il est donc recommandé de ne pas la toucher ni la prélever.

Au boisé du parc Marcel-Lauren, vous pouvez observer la plante d’arisème en bordure de certaines sentiers. Des mesures étant prises afin de la protéger, il est important de marcher dans les sentiers afin d’éviter de la piétiner.

L’impatiente du Cap – Le remède de grand-maman contre la « gratouille »

L’impatiente du Cap (Impaticus capensis) est une plante annuelle qui, une fois établie, peut former rapidement de grands massifs dans les milieux humides et sur les rivages, aux endroits ombragés et semi-ombragés.

Elle se reconnaît facilement à ses fleurs orangées dotées d’une corolle tubulaire terminée en éperon, ce qui lui donne des airs d’orchidée. Les colibris en raffolent. De plus, le suc abondant qui s’échappe des tiges écrasées de cette plante est employé dans la médecine populaire pour soulager les démangeaisons causées par les piqûres d’insectes, l’herbe à la puce ou l’ortie.

Bien qu’il puisse être tenant de vouloir profiter de ses propriétés médicinales, évitez de cueillir l’impatiente du Cap dans le boisé du parc Marcel-Laurin afin d’assurer sa conservation.

Connaissez-vous cette plante transcontinentale qu’est le cerisier de Virginie?

Cerisier de Virginie (Prunus rirginiana) Cet arbrisseau connu à travers le continent atteint de trois à quatre mètres de hauteur. Il résiste bien aux conditions urbaines et embellit le paysage lors de sa floraison printanière.

Vous pouvez observer cet arbuste dans les milieux ouverts et à la lisière des bois. Il se garnit de cerises rouges noirâtres vers le mois d’août. Chaque arbrisseau peut produire annuellement une grande quantité de fruits. Consommé frais, le fruit laisse une sensation pâteuse dans la bouche, laquelle disparaît lorsqu’il est transformé en gelée ou en confiture. Chez les Amérindiens, le fruit du cerisier de Virginie servait à cuisiner plusieurs plats principaux et sa racine était utilisée pour traiter un bon nombre de maladies. Jusqu’en 1975, on utilisait son écorce malodorante pour fabriquer des médicaments, car c’est une bonne source de potassium.

Aubépine – Avis aux cœurs fragiles, cette plante peut vous soigner!

Les propriétés médicinales de l’aubépine (Crataegus sp.) étaient déjà connues dans la Grèce antique, ainsi que dans la médecine traditionnelle chinoise depuis environ 650 ans avant notre ère.

Au Québec, les Amérindiens et les premiers colons consommaient ses baies et en faisaient aussi du vin. Aujourd’hui, l’aubépine entre dans la composition de plus de 200 préparations médicinales modernes, notamment pour traiter les troubles cardiovasculaires.

Nos ancêtres utilisaient aussi cette plante épineuse pour constituer une clôture barbelée naturelle qui permettait de garder le bétail à l’intérieur des pâturages et les animaux prédateurs hors des champs cultivés.

L’érythrone d’Amérique 

La floraison de l’érythrone d’Amérique (Eryththronium americanum) se produit au printemps avant même l’apparition des feuilles dans les arbres. Ses fleurs jaunes se dressent vers le soleil lorsqu’il brille et s’inclinent vers le sol la nuit et par temps nuageux. Cependant, l’érythrone fleurit seulement pendant deux à trois semaines.

Chou puant

Le chou puant (Symplocarpus foetidus), plante de milieux humides, a la particularité de produire de la chaleur, ce qui fait fondre la neige autour du plant. La fleur sert alors de refuge aux premiers insectes printaniers. Les feuilles du chou puant apparaissent plus tard et persistent tout l’été, alors que la fleur disparaît rapidement.

Des pollinisateurs peu communs

La trille rouge dégage une odeur ragoûtante de viande en décomposition afin d’attirer les mouches pollinisatrices. Le chou puant, quant à lui, attire les premiers insectes du printemps grâce à son odeur ‘mouffettée » et à la chaleur produite par la fleur. Quant à l’érythrone d’Amérique, ce sont les fourmis qui fécondent ses fleurs et dispersent ses semences.

Le trille

La trille est une plante herbacée vivace formant souvent de grandes colonies. Selon l’espèce, les fleurs sont de couleur blanche, rosée ou rouge. Le fruit est une petite baie de couleur rouge à bleu noirâtre. Le trille est facile à reconnaître grâce à ses trois grandes feuilles.

Des années à attendre une première fleur

Les trilles, les choux puants et les érythrones d’Amérique sont des plantes à croissance très lente. Il faut généralement attendre plusieurs années avant qu’une première fleur se déploie. Les colonies d’érythrones d’Amérique et de choux puants sont parfois multicentenaires.

La fleure de l’île des Sœurs (lac des Battures). Photo de GrandQuebec.com.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *