Cinq choses que vous ignoriez sur la voix humaine
La voix humaine : Chanter, discuter, commander notre café préféré — ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses choses pour lesquelles nous utilisons notre voix chaque jour, sans vraiment réfléchir à son fonctionnement. Nous pensons à ce que nous voulons dire et, comme par magie, les mots sortent.
Les sons produits par les humains résultent en réalité d’une coordination entre l’air provenant des poumons, les cordes vocales (qui ne sont pas des cordes, mais plutôt des bandes de tissu souple) et les articulateurs que sont la langue, les lèvres et les dents. Ces structures sont capables de bien plus que vous ne l’imaginez — et c’est là que les choses deviennent intéressantes. Voici cinq faits surprenants sur la voix humaine.
Votre accent se forme dans le ventre maternel
Avant la naissance, les êtres humains passent des mois à écouter des sons — y compris des voix — depuis l’intérieur de l’utérus. La capacité d’entendre commence vers la 18e semaine de gestation, et au troisième trimestre, les fœtus réagissent à la voix de leur mère par un ralentissement du rythme cardiaque et une diminution des mouvements. Des études ont montré que les nouveau-nés reconnaissent et préfèrent la voix de leur mère dès leur naissance.
Dans le ventre maternel, les bébés écoutent aussi les schémas de ce qui deviendra leur langue maternelle. De façon étonnante, certaines données suggèrent même que le développement du langage commence avant la naissance. Une étude menée sur des nouveau-nés en Europe a révélé que les pleurs des bébés français suivent plus souvent une mélodie ascendante, avec une fréquence qui augmente, tandis que ceux des bébés allemands présentent une mélodie descendante. Cela correspond aux caractéristiques de ces langues : le français tend à avoir une intonation montante, alors que l’allemand présente plus souvent une intonation descendante en fin de mot ou de phrase.
Chaque voix est unique
Le son de votre voix dépend de la forme et de la taille de vos cordes vocales, du volume d’air que vos poumons peuvent contenir, de la manière dont vous utilisez votre bouche et votre langue pour former les sons, et de nombreux autres facteurs. Tous ces éléments sont propres à chaque individu et se combinent pour faire de notre voix un identifiant unique, comparable à une empreinte digitale. Une analyse statistique a estimé que la probabilité que deux personnes aient des caractéristiques vocales identiques serait au maximum d’une sur quelques milliers, et pourrait même atteindre une sur un septillion.
Certains humains peuvent produire des sons que nous ne pouvons pas entendre
La fréquence sonore — autrement dit, la hauteur perçue d’un son — se mesure en hertz, une unité correspondant au nombre de cycles (ici, des ondes sonores) par seconde. En général, l’oreille humaine perçoit des sons allant d’environ 20 hertz à 20 000 hertz, bien que cela varie selon les individus et l’âge.
Cependant, la voix humaine peut dépasser cette plage. Grâce à des équipements spécialisés, le Guinness des records a confirmé que la note la plus grave jamais chantée, atteinte par le chanteur américain Tim Storms en 2012, était de seulement 0,189 hertz, bien en dessous du seuil audible. À l’autre extrémité, la note la plus aiguë mesurée, chantée par la Brésilienne Georgia Brown, a atteint environ 25 000 hertz, bien au-delà de la limite supérieure de notre audition normale.
La voix humaine peut être si forte qu’elle en devient douloureuse
Comme la hauteur, le volume dépend des ondes sonores, et plus précisément de leur amplitude, mesurée en décibels. Un son faible, comme un chuchotement, se situe entre 20 et 30 décibels, tandis qu’une conversation normale atteint environ 60 à 70 décibels. Une exposition prolongée à plus de 90 décibels peut entraîner une perte auditive, et au-delà de 125 décibels, le son devient douloureux.
Il peut être surprenant d’apprendre que certaines personnes ont dépassé ce seuil. En 2000, une assistante pédagogique britannique nommée Jill Drake a été enregistrée en train de crier à 129 décibels. C’est plus fort qu’une scie électrique ou qu’un concert de rock, et proche du bruit d’un moteur à réaction !
Les animaux craignent davantage la voix humaine que le rugissement des lions
La savane africaine est un environnement dangereux pour de nombreux animaux, où les prédateurs se cachent dans les herbes. Les lions, longtemps considérés comme les rois incontestés de la nature, comptent parmi les plus redoutables. Pourtant, le son d’un autre animal — l’être humain — inspire encore plus de peur à certaines proies.
Des chercheurs du parc national Kruger, en Afrique du Sud, ont diffusé des enregistrements de conversations humaines, d’aboiements de chiens, de coups de feu et de rugissements de lions à des points d’eau. Ils ont constaté que 95% des espèces animales réagissaient en fuyant davantage lorsqu’elles entendaient des voix humaines — notamment les zèbres, phacochères, impalas, rhinocéros et léopards. Les éléphants étaient les seuls à réagir plus fortement aux sons des lions.
Illustration : photo de GrandQuébec.com.