Vous ne le saviez pas !

Scènes de vie courantes en été 1942

Scènes de vie courantes en été 1942

Voici quelques textes parus dans le journal Le Soleil le 12 août 1942, qui témoignent des moeurs et intérêts des gens de l’époque

Merveilles télégraphiques

Un paysan reçoit une missive de son fils, à la guerre, dans laquelle celui-ci dit à son père: “Tout va bien; j’ai encore mes deux jambes et mes deux yeux; mais je n’ai plus de souliers. Envoie-moi des souliers neufs, mais vite; joins-y une pièce de cent sous, et je serai heureux pour longtemps. Embrasse ma mère. ma soeur et Catherine, etc.

Le père s’empresse d’acheter les souliers et part pour les porter, mais pour les porter où? . . Il ne le sait pas lui-même; ce qu’il sait, c’est qu’il faut que les souliers parviennent promptement. Il aperçoit soudain les fils du télégraphe. Voilà, mon affaire, se dit-il, le garçon ne se plaindra pas du retard, puisqu’on dit que le télégraphe, ça va si vite … » Une adresse est mise sur la semelle; l’heureux père grimpe au sommet du poteau qui soutient les fils électriques, accroche les souliers retenus ensemble par la lanière de cuir, descend et s’en retourne au village en disant : « À la grâce du télégraphe ».

Deux heures après, passaient par là des ouvriers maçons revenant du travail. Apercevant les souliers flottant dans l’air, l’un d’eux voulant profiter de l’aubaine, les décrocha, les chaussa et mit à leur place les vieux souliers qu’il portait: « Les miens seront toujours assez bons pour se faire tuer ». pensa-t-il avec philosophie et il s’en alla le coeur joyeux. Le lendemain, le paysan vint voir l’effet de son moyen de transport. De loin il vit les souliers à leur place; plus il approchait, plus in découvrait l’état véritable des souliers et c’est avec ébahissement profond qu’il s’écria en levant les yeux au ciel: « Mon dieu, c’est un miracle; i a déjà renvoyé les vieux! »

Le panier de poires

Un gros rustique apportait de la part de son maître un panier de poires à un seigneur. Il trouva sur l’escalier deux énormes singes portant des habits bleus brodés d’or, une épée au côté, et contrefaisant parfaitement la pose et la démarche humaines. Nos deux quadrumanes se jettent à l’envi sur le panier de fruits. Le paysan, qui n’avait jamais vu de pareils animaux, ôta civilement son chapeau et leur laissa prendre tout ce qu’ils voulurent.

Lorsqu’il eut fait son cadeau, le maître lui demanda: “Pourquoi ne m’as-tu pas apporté le panier tout plein?

– Monsieur, répondit le paysan, il était bien plein, mais messieurs vos enfants en ont pris la moitié.

Le maître qui n’avait pas d’enfants fut bien étonné, mais les domestiques, témoins de Is scène, découvrirent la naïveté, et provoquèrent ainsi le rire de toute l’assemblée.

Le curé et la pompe

Le curé d’une petite église avait recommandé à ses paroissiens réunis sous la chaire la veille de Pâques, d’assister à la messe le lendemain dans leur plus belle toilette, ajoutant qu’il était convenable que cette cérémonie s’accomplît avec la plus grande pompe.

Le lendemain, les ouailles endimanchées envahirent l’église et la messe allait commencer lorsqu’un tumulte étrange se fit entendre à la porte.

– Quel est ce bruit? demanda le pasteur.

C’était le chef des pompiers, tout éploré, qui déclara:

– Monsieur le Curé, il est impossible de faire entrer dans l’église la grande pompe que vous avez demandée hier, la porte est trop étroite!

La crème fouettée

M. le comte de Marsan, dînant un jour chez un président, mangea d’une crème qui se trouva peu de son goût et dont il ignorait le nom. Il demanda au maître d’hôtel:

– Comment appelle-t-on ce mets?

– C’est de la crème fouettée.

– On a eu raison de la fouetter, dit le comte, car elle est bien mauvaise!

Une histoire de chien

Dans une société de chasseurs on raconté des histoires de chiens, et un Gascon dit:

– J’avais un chien extraordinaire: chaque matin, je lui donnais deux sous, il allait chez le boulanger et s’achetait un petit pain qu’il mangeait en rentrant à la maison. Mais un jour, il rentre sans son petit pain. Le lendemain, la même chose, le troisième jour aussi. Je me mets à le surveiller. Je vois mon chien qui arrive chez le boulanger, dépose sa pièce de deux sous et reçoit en .change un petit pain. Il le prend avec ses dents et s’en va. Arrivé à l’entrée d’une grande cour il s’élance… Au fond de cette cour, dans une niche, était couché un chien malade; il dépose devant lui le petit pain et s’en va.

Tous admirent l’intelligence de la bête, s’extasient.

Un autre chasseur, un Marseillais, dit à son tour:: Té ! ce n’est rien. Moi j’avais un chien. Je lui donnais aussi deux sous pour acheter son petit pain.

Un jour, la boulangère me rencontre et me dit: « Pourquoi votre chien ne vient-il plus chercher son petit pain? Voici quatre jours qu’il n’est pas venu. — Comment? m’écria-je, c’est impossible. Je lui donne chaque jour l’argent. — C’est comme ça, me répond la boulangère. » Alors, je me mets aussi à le surveiller. Et voilà: je vois mon Black qui prend les deux sous, court au fond du Jardin et les enfouit dans la terre. Et quand il a eu comme ça vingt sous, il est allé chez le charcutier et s’est acheté un saucisson.

Blagues

Le juge: Vous rouliez à 110 à l’heure en pleine ville.

Le prévenu: J’étais très pressé. J’allais payer mes impôts.

Si vous croyez que ça m’amuse, madame, de vieillir . . .

C’est encore le seul moyen qu’on ait trouvé de vivre longtemps

Une bonne maison

– Pourquoi, dans une bibliothèque aussi vaste, n’avez-vous qu’un seul volume ?

– C’est le catalogue des livres que j’ai prêté à mes amis.

– Que ferez-vous plus tard, si vous vous trompez toujours?
— Météorologiste.

Au restaurant

– Garçon ! Qu’est-ce que vous avez ?

– Tête de veau, cervelle au beurre noir, foie sauté, pieds grillés.

– Pauvre homme! Qui est-ce qui vous a arrangé comme ça?

Chez le marchand de meubles

– Aimez-vous ce lit Louis XlVe

– J’ai peur qu’il soit trop petit.

– Auriez-vous un Louis XV?

– Il a failli nous écraser et encore il m’appelle « imbécile !”

– Il devait te connaître

C’est vrai

Dans la mer des Sargasses, les plantes marines sont en telle abondance qu’elles s’opposent au passage des plus gros navires.

 

On a vu des personnes qui avalent perdu leurs cheveux au cours d’une grave maladie, recouvrer ensuite une chevelure abondante mais d’une couleur différente; les blonds, généralement, devenaient bruns, et des bruns virent leur repousser une chevelure rousse.

Au cours des vingt-trois dernière années, plus de deux mille livres ont, été publiés en divers paya au sujet de responsabilité de la première grande guerre mondiale Le plus Important de ces ouvrages fut une oeuvre en quarante volumes par le gouvernement allemand.

Environ trois millions d’américains, dont quarante-trois pour cent, sont des femmes, portent des perruques ou des parties postiches de chevelure.

Une scène de vie… Gravure ancienne. Image libre de droits.

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