Vous ne le saviez pas !

Robinsons anciens et modernes

Robinsons anciens et modernes

Un Robinson marié habite île déserte – Le docteur Ritter, médecin allemand célèbre, s’est exilé volontairement – Histoire d’Alexandre Selkirk, le véritable Robinson Crusoé.

Les souffrances de la solitude (une histoire qui s’est développée en 1937)

C’est le propre des « Robinson Crusoé » d’être jetés sur leurs Îles désertes bien malgré eux, et d’y consacrer la première partie de leur séjour à déplorer leur malheureux sort. Mais, sur un îlot des Galapagos, le long de 1a côte de l’Equateur, un jeune couple mène volontairement une vie sauvage. Le docteur Friedrich Ritter, jeune médecin allemand. et sa femme, vivent en effet, seuls et libres, à Floreana.

Après s’y être installés provisoirement dans une hutte bâtie de leurs propres mains, ils se sont construit une jolie maison entourée de palissades. En compagnie de deux singes apprivoisés, ils vivent heureux, se nourrissant de pommes de terre, de bananes, d’oranges et de jus de cannes à sucre.

À un ami qui vint leur rendre la deuxième visite qu’ils recevaient depuis vingt-quatre mois, ils ont déclaré qu’ils vivaient les douces heures du paradis terrestre.

Une chose manquait peut-être à leur bonheur: un petit âne pour porter les fardeaux. Mais l’ami prévoyant leur en a amené un.

Et maintenant, le docteur et madame ne souhaitent plus rien au monde.

Heureux Robinsons.

Le vrai Robinson

Cette histoire de Robinsons nous rappelle que les Anglais viennent de célébrer avec éclat le deuxième centenaire de Daniel Defoe, l’auteur de « Robinson Crusoé. »

Daniel Defoe est considéré, en effet, comme un des grands écrivains du passé; et les petits Anglais lisent tous la passionnante histoire de Robinson.

Daniel Defoe, quand il l’écrivit, avait cinquante-huit ans. Jusqu’alors il n’avait fait que de la politique et écrit que des pamphlets; et, comme de juste, il s’y était ruiné. Il fallait vivre, pourtant. Un jour, à Bristol, à l’auberge du Lion-Rouge, fl rencontra un homme hirsute, qui portait un étrange costume fait de peaux de bêtes. Cet homme, qui venait d’arriver des pays lointains. s’exprimait avec difficulté et semblait avoir perdu l’usage de la parole. Defoe, pourtant, l’interrogea et parvint à connaître son histoire.

L’histoire de Selkirk

Alexander Seleraig, dit Selkirk, qui devait devenir le prince et le prototype de tous les transfuges de la société, fut déposé, sur sa propre demande, après une querelle avec le commandant du bord, dans l’île de Juan Fernandez, durant le mois de septembre de 1704. Il ne tarda pas à se repentir de cette détermination. On lui avait donné un lit, quelques armes et munitions, des instruments, un couteau, une bouilloire, une bible et quelques ouvrages de piété. Cependant, et en dépit de ces vestiges de civilisation. après quatre ans et quatre mois de solitude, il contait son histoire en un anglais si défectueux, faute d’usage, au capitaine du bateau qui venait d’aborder à l’île que l’officier eut bien de la peine à le comprendre.

Le calvaire de Robinson

Durant les premiers huit mois de solitude, il vécut dans une si profonde mélancolie qu’il eut « bien de la peine à ne pas se faire violence. » Il passait ses jours au bord de la mer. Des promenades farouches, des crises de sanglots interrompaient seuls ces stations douloureuses devant le rivage. Puis, petit à petit, il reprit courage et goût à la vie. Il se nourrissait de tortue, tant et si bien qe ce mets lui faisait horreur; il ne pouvait plus le consommer qu’en gelée. Il s’était construit deux huttes en attendant un bateau qui ne venait jamais. L’une hutte lui servait de cuisine et, dans l’autre, il dormait, lisait, chantait des psaumes.

Il confesse qu’il était devenu, dans sa solitude, bien meilleur chrétien qu’il n’avait été.

Au cours de ses chasses, in ne tua pas moins de cinq cents chèvres que pour, finir, il forçait à la course, n’ayant plus de poudre.

Cette histoire authentique donna à Daniel Defoe l’idée de son « Robinson Crusoé ». L’ouvrage eut un succès considérable. Et il a donné naissance à un genre littéraire, ces « robinsonnades », ces livres d’aventures pour la jeunesse qui, quoi qu’en fasse, passionnèrent toujours l’imagination des enfants.

(Cette nouvelle date du mois de juillet 1937).

Le docteur Charles – Frédéric Ritter, médecin célèbre de Berlin il y a trois ans, devint fatigué des hypocrisies et des conventions modernes. Il s’exila volontairement sur l’île Charles, solitaire amas rocheux faisant partie de l’archipel des Galapagos, dans le Pacifique. Avec une seule compagne, Fran Dore Koerwin, son ancienne patiente, le docteur Ritter habite cet ^îlot, vivant entièrement la vie de Robinson Crusoé. Cette photo fut prise lorsque Vincent Astor, le sportsman millionnaire, visita à bord de son yacht cet étrange couple, au mois d’avril 1938. Voici le docteur Ritter et sa campagne. On voit la hutte, la réserve de fruits, la boite aux lettres primitives pour les navires éventuels.

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