Phénomène de Poltergeist

Phénomène de Poltergeist, son histoire et les explications

Le phénomène de Poltergeist, qui se traduit de l’allemand par « esprit frappeur », désigne des manifestations paranormales supposées où des objets se déplacent ou sont projetés sans intervention physique visible. On entend des bruits inexpliqués, par exemple. D’autres phénomènes physiques se produisent, souvent de manière violente ou perturbatrice. On associe ce type de phénomène à des lieux spécifiques. On les souvent interprète comme l’activité d’esprits ou d’entités surnaturelles.

Dans la culture populaire, on présente souvent les poltergeists comme des forces malveillantes ou taquines. Cependant, dans la recherche paranormale, certains enquêteurs suggèrent que des personnes stressées ou émotionnellement perturbées pourraient inconsciemment produire ces phénomènes pourraient. Il s’agit souvent des adolescents. On connaît cette théoriesous le nom de théorie du « focus psychokinétique », où une personne serait capable d’influencer son environnement de manière inconsciente à travers une forme de psychokinésie.

Malgré des siècles de témoignages et de rapports, il n’existe aucune preuve scientifique concluante qui explique ou valide l’existence des poltergeists. On a débanqué beaucoup de prétendus incidents. On les a attribués encore à des causes naturelles ou à des supercheries. Toutefois, le sujet continue de fasciner et de figurer en bonne place dans les films, les livres et les émissions télévisées dédiés au surnaturel.

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Le dictionnaire allemand de l’occultisme dit : « de poltern, faire du bruit, et geist, esprit. » Les poltergeists font s’écraser les assiettes contre les murs, tomber les tableaux par terre, claquer les portes, s’envoler les rochers.

Les spécialistes en matière d’occultisme prétendent que les poltergeists sont des démons ou des esprits vagabonds qui élisent domicile chez les êtres humains pour jouer leur mauvais tours. D’un autre côté, ceux qui ont une approche plus scientifique des phénomènes paranormaux considèrent que c’est une superstition digne du moyen-âge de croire en des démons baladeurs. Pour eux, un poltergeist est quelqu’un capable de développer une faculté paranormale et de faire bouger des objets sans les toucher.

On peut trouver des tas de références aux poltergeists. Un livre chinois vieux d’un bon millier d’années, intitulé Histoires du Palas de Jade, raconte l’histoire d’un esprit qui avait troublé la paix d’un monastère en fracassant toute la porcelaine. Les moines louèrent les services d’un exorciste, mais l’esprit frappeur lui fit le grand jeu : « Sa coiffe fut arrachée et jetée contre le mur, sa robe se dénoua et même son pantalon lui fut retiré, ce qui l’obligea à faire promptement retraite. » Bien joué, poltergeist ! « D’autres tentèrent leur chance là où il avait échoué, mais ils furent récompensés de leur peine par une pluie d’insolentes missives tombées du ciel sur lesquelles s’étalaient des mots pleins de méchanceté et de haine.

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Les archives regorgent d’histoire de ce genre issues de pays et de temps différents. Prenons le cas Clarke à Okland, Californie, en 1874. Les personnages : M. Clarke, homme d’affaires réservé et austère; sa femme; leur fille adolescente; leur fils, huit ans; plus deux des sœurs de M. Clarke et deux invités. Dans la nuit du 23 avril, alors que tout le monde se prépare à aller au lit, la sonnette de la porte d’entrée retentit. On ouvre : personne. Nouveau coup de sonnette quelques minutes plus tard. Toujours personne. Bruits de meubles qu’on déplace dans le salon. L’un des invités, un banquier du nom de Bayley, part en inspection dans l’obscurité. Il est frappé par une chaise. Personne dans les parages.

Un coffret d’argenterie dévale le long des escaliers et atterrit dans un énorme fracas. C’est ensuite au tour d’un gros sceau à charbon de traverser les airs. Un fauteuil heurte Bayley au coude et se précipite contre un lit. Dans la salle à manger une chaise en chêne massif s’élève à cinquante centimètres au-dessus du sol, tourne sur elle-même, puis retombe par terre et poursuit le malheureux Bailey tout autour de la pièce sous l’œil de trois témoins.

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Et ainsi de suite. Tout le monde va au lit fort intrigué. Pendant toute la nuit on entend des bruits de chutes et tout un remue-ménage; au matin on découvre les meubles du rez-de-chaussée dans un désordre épouvantable. En outre, la porte de devant, qui avait été fermée à double tour, a été arrachée de ses gonds.

Des événements semblables se reproduisent la nuit suivante. Ainsi que la nuit d’après, trouvant leur point culminant dans un cri de femme venu de nulle part et si terrifiant que les Clarke et leurs hôtes vont se réfugier dans une autre maison. Aucune explication n’a jamais été proposée pour ces événements.

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Un nommé Charles Fort, qui mourut en 1932, passa une grande partie de sa vie à étudier les manifestations de poltergeist et autres mystères semblables. Fort écrivit quatre gros ouvrages. Ils sont remplis de comptes rendus de journaux ayant trait à des événements étranges, tels que l’apparition soudaine de plusieurs jeunes crocodiles dans des fermes anglaises au milieu du XIXe siècle, des averses de serpents, de grenouilles et de sang, ou des histoires de pierres, de tas de charbon, de maisons ou même d’êtres humains qui avaient brusquement pris feu.

D’objets phosphrescents parcourant le ciel. De mains invisibles ayant mutilé des animaux et des gens. De balles de fusil « fantômes » fracassant les vitres des maisons.

Il semblerait que Fort croyait que la plupart de ces phénomènes étaient l’œuvre d’êtres d’outre-espace qui se mêlaient des affaires de notre monde pour s’amuser. Mais il ne pouvait pas tout expliquer de la sorte. Les poltergeists, en particulier, ne cadraient pas dans sa vision de croque-mitaines venus de l’espace.

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Aussi écrivait-il : « Je considère donc le poltergeist soit comme une manifestation du mal, soit comme une supercherie, une discordance ou une absurdité… » À quoi il ajoutait : « Je me garde cependant de nier l’existence du poltergeist, car je suppose que plus tard, quand nous serons plus éclairés, ou aurons élargi le champs de nos croyances, ou aurons progressé dans cet accroissement de l’ignorance que nous appelons savoir, le poltergeist deviendra accessible à notre compréhension. Il nos paraîtra alors aussi raisonnable que les arbres. »

Fort était un excentrique, sans doute très crédule de surcroît, mais certainement pas un imbécile ni un fou. Il est improbable qu’il ait raison sur le chapitre des êtres d’outre-espace, mais on peut admirer son attitude envers l’inexplicable.

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La plupart des cas de poltergeist répertoriés sont des supercheries. Les experts ont démontré cela. Témoin l’épisode de Wild Plum, Dakota du Nord, en 1944. Là, ce sont des paquets de charbons ardents qui se mettent à jaillir d’un seau dans la salle de classe de Mlle Pauline Rebel. Des feuilles de papier s’enflamment sur les pupitres des élèves et les rideaux laissent apparaître des traces de brûlé. Le dictionnaire de la classe se promène tout seul. On parle en ville de forces démoniaques.

Quelques jours plus tard, après une série d’interrogatoires menés par un fonctionnaire du ministère public, quatre des élèves de Mlle Rebel avouent avoir jeté les morceaux de charbon pour effrayer leur institutrice. Ils ‘étaient livrés à la plupart de leurs polissonneries pendant qu’elle avait le dos tourné ou qu’elle ne portait pas ses lunettes. Une farce. Un canular. Certains pourraient dire que toutes les histoires de poltergeist sont des fumisteries.

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Quoi qu’il en soit, toutes les manifestations authentiques de poltergeist ont quelque chose en commun : on y trouve toujours impliqué un adolescent ou un enfant au seuil de l’adolescence. C’est de cette constatation que l’on a tiré la théorie du « méchant garçon », avancée pour la première fois par Frank Podmore en 1890 dans les Travaux de la Société de Recherche métaphysique. L’enfant est généralement malheureux. La plupart du temps c’est pour des raisons d’ordre sexuel. Alors il souffre soit parce qu’il sent que l’on le rejeté, soit parce qu’il est frustré, soit pour les deux. Il n’existe pas de statistiques en ce domaine. Pourtant les récits recueillis montrent que les adolescents mêlés à des phénomènes de ce genre sont généralement vierges.

Le cas Clarke de 1874, dans cette optique, s’expliquerait par la présence de la fille adolescente qui en pinçait pour M. Bayley.

La multitude des cas cités par Fort remontent pour la plupart au XIXe siècle. Ils témoignent de la présence d’un tas de jeunes occupés à tout balancer à droite et à gauche en pleine époque de répression sexuelle. Il fallait bien que ce trop plein d’énergie aille quelque part.

Fort : « Si les enfants possèdent des caractères ataviques, il est possible qu’ils soient en rapport avec des forces que la plupart des êtres humains ont perdues avec le temps. » Atavisme : curieuse réapparition de certains traits primitifs chez les individus. Peut-être qu’à l’époque de l’homme de Neanderal nous étions tous des poltergeists. Mais la plupart d’entre nous ont perdu ce don au fil des millénaires. Mais revenons à Fort : « Il y a bien sûr d’autres explications aux « pouvoirs occultes » des enfants. L’une est que les enfants, au lieu de présenter des caractères ataviques, sont peut-être très en avance sur les adultes. Ils préfigurent des pouvoirs futurs chez l’homme car leur esprit ne s’étouffe pas par les conventions. Passé l’enfance, ils vont à l’école et perdent leur supériorité. Peu d’enfants prodiges ont résisté à l’éducation. »

(Dans le texte on a utilisé des extraits de la nouvelle de Robert Silverberg « Pousser ou grandir », traduite par Jacques Chambon et Pierre-Paul-Durastanti).

Voir aussi :

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Poltergeist. Illustration par ChapGRT-4.

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