Vous ne le saviez pas !

Côte magnétique

Côte magnétique

Côte magnétique de Chartierville

Une côte magnétique est une route avec une pente accentuée qui a apparemment une force étrange qu’on appelle « magnétique » même s’il ne s’agirait pas d’aucun effet de magnétisme.

Si une voiture doit emprunter le tronçon qui est une « côte magnétique », il doit appuyer sur l’accélérateur pour descendre la pente vers le bas. Lorsque le véhicule est, au neutre, la voiture remonte la côte, et ce, sans même la propulsion du moteur. Il semble à première vue que la voiture réagit ainsi grâce à une force magique et mystérieuse ou au moins une force naturelle occulte.

En fait, il n’y a absolument rien d’occulte, mais les explications de ce phénomène varient. D’après plusieurs, ce n’est qu’une illusion d’optique où le paysage nous servant de point de repère nous donne l’illusion que l’on monte une pente alors qu’en fait celle-ci descend. D’autres versions parlent d’une force d’attraction naturelle inconnue. Toutefois, plusieurs sites Web, émissions TV, articles dans les médias sont souvent accompagnés de revendications magique et surnaturelles.

Deux côtes magnétiques sont connues aujourd’hui sur le territoire du Québec : l’une située dans l’Estrie (la région connue traditionnellement comme les Cantons de l’Est), près de la frontière américaine, entre les municipalités La Patrie et Chartierville, sur la route 257. L’autre se situe sur la route Saint-Louis, dans Chaudière-Appalaches, sur le territoire de Notre-Dame-Auxiliatrice-de-Buckland, dans la MRC de Bellechasse. La présence d’une route rectiligne facilite l’illusion car elle donne un point de repère le long duquel se déplacer mais un tel axe de communication n’est en théorie pas obligatoire.

Voici l’explication la plus plausible de ce phénomène curieux et plutôt amusant : L’observateur qui se trouve en bas de la pente et qui regarde en direction de l’amont, voit la route descendre une pente peu marquée. Arrivée à un creux, la route semble changer de pente et prendre de l’altitude jusqu’au point de fuite.

En réalité, pourtant, depuis l’endroit où est placé l’observateur jusqu’au point de fuite, la route ne fait que monter. L’observateur peut placer son véhicule dans le creux supposé de la route, moteur coupé et freins desserrés. Selon son observation visuelle, il ne devrait pas se déplacer mais le véhicule, suivant la pesanteur, va rouler vers le bas de la pente, à reculons si l’observateur fait face au point de fuite. L’illusion ne fonctionne pas si l’observateur se place face à la pente de la route.

L’illusion repose sur le fait que la pente face à l’observateur n’est pas constante mais présente une brusque augmentation : le secteur entre l’observateur et le changement de pente semble alors plus ou moins horizontal, voire en pente descendante, tandis que l’autre secteur après le changement de pente est conforme à la réalité avec une pente ascendante prononcée.

Le facteur le plus important qui contribue à l’illusion est un horizon totalement ou principalement obstrué ; sans horizon il devient difficile de juger la pente d’une surface. Les objets que l’on pourrait supposer être plus ou moins perpendiculaires au sol peuvent effectivement être penchés, compensant la référence visuelle.

Cette illusion est similaire à la chambre d’Ames, dans laquelle les balles peuvent également paraître rouler contre la gravité.

L’effet provient donc d’une erreur visuelle par rapport aux alentours : une illusion d’optique. Le sens constaté de la descente (en laissant descendre un objet cylindrique ou sphérique par exemple) correspond bien au sens déterminé par un relevé de niveaux.

En fait, la magie n’avait rien à voir la dedans, mais la magie fait de l’audience.

côte magnétique

La côte magnétique près de Chartierville, dans l’Estrie – Arrêtez ici, actionnez les clignotants d’urgence – mettez le véhicule au point mort (N) – Regardez en arrière et expérimentez. Bonne journée ! Source de l’image : Wikipedia

Côte magnétique à Orororoo

Côte magnétique à Orroroo, en Australie du Sud. Source de l’image : Wikipedia

Chartierville

D’abord connue sous le nom de municipalité du canton d’Emberton (1879), la municipalité de Chartierville devait recevoir officiellement son nom et son statut présents en 1978, l’appellation identifiant déjà le bureau de poste depuis 1879.

Comme l’établissement humain a été fondé par la Société de colonisation de Saint-Hyacinthe et de Baot en 1875, sous l’égide de l’abbé Jean-Baptiste Chartier (1832-1917), c’est ce prêtre que l’on a voulu honorer, en faisant toutefois suivre son patronyme de l’élément -ville, pratique assez répandue au Québec. Ce dernier a également vu son prénom retenu lors de la création officielle de la paroisse de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste en 1878.

En raison de ses nombreuses fondations paroissiales, il a été surnommé le missionnaire colonisateur des Cantons-de-l’Est. Sa mission comportait le rapatriement des Canadiens français établis en Nouvelle-Angleterre, programme qu’une loi allait consacrer en 1871. À cet égard, Emberton était l’un des cantons visés, en raison de son voisinage du New Hampshire. Au total, on attira plus de Québécois que de Franco-Américains dans cette opération. Les Chartiervillois habitent l’un des villages les plus élevés du Québec, niché à 515 mètres. Blotti dans une cuvette adossée à la chaîne des montagnes frontalières, les montagnes Blanches, – la frontière américaine est distante d’à peine 5 kilomètres, – le village domine les vallées qui entourent le mont Mégantic en estrie. On retrouve à Chartierville l’une des plus importantes « côtes magnétiques » du Canada, phénomène tributaire d’une illusion d’optique.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *