Site de Chryse Planitia

Le site de Chryse Planitia semble accidenté (par William K. Hartmann, traduit par Megan Jorgensen)

Au lieu de la plaine poussiéreuse, lisse et sans relief espérée, les images orbitales de Viking ont révélé une myriade de structures géologiques différentes à Chryse Planitia. Bien que de grands cratères d’impact manquaient dans la zone, des groupes de petites fosses de 100 mètres étaient fréquents dans certaines localités. Ce sont des éjectas projetés hors de certains grands cratères qui les ont apparemment formées. D’autres cratères à bords élevés et collines coniques pourraient être d’origine volcanique.

De grandes collines profilées, longues de 20 à 30 miles, sont probablement le résultat de l’écoulement d’eau. Ou encore la poussière emportée par le vent les forma. Elles présentaient en effet des falaises indiquant une érosion. À proximité, certaines régions montraient des complexes de ravins incroyablement intriqués d’environ 100 mètres de large : un atterrissage dans une telle zone pourrait être fatal pour Viking. Une autre forme de terrain, possiblement apparentée, était un complexe de chenaux peu profonds de plusieurs miles de large, au sol clair et bordé d’escarpements, suggérant des pentes dangereuses. Les fonds de ces chenaux pourraient être plus lisses, peut-être recouverts de poussière légère.

Un problème dans la sélection du site était que l’atterrisseur Viking ne pouvait être ciblé avec 99% de certitude que dans une zone elliptique d’environ 50 km sur 120 km. Il est difficile de trouver une zone aussi grande à Chryse totalement dépourvue de topographie inquiétante.

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Du 22 au 26 juin, des photos reçues ont montré encore plus de détails sur le site de Chryse. Il est devenu clair que de nombreux types de processus géologiques s’étaient produits dans la zone depuis que les chenaux avaient déposé leurs sédiments. Les géologues pouvaient reconnaître certaines unités stratigraphiques de source connue. Tels les éjectas de cratères, et d’autres unités d’origine inconnue. Lors d’une réunion le 25 juin, les planificateurs de mission ont examiné toutes les informations disponibles. Les experts devaient décider donc s’il fallait cibler l’atterrissage du 4 juillet à Chryse. Le consensus était que personne ne pouvait prédire si des pentes de 20 degrés et des rochers de 25 cm pourraient exister dans la région. En effet, personne n’était sûr des processus géologiques qui avaient formé le relief à l’échelle métrique dans la région.

On a annoncé la décision de retarder l’atterrissage le 27 juin. L’objectif était de permettre plus de temps pour étudier la géologie d’autres sites possibles. Comme le site de secours à Tritonis Lacus, dans une zone relativement « sans relief » à l’est de Syrtis Major. Les petits cratères secondaires, ravins et escarpements domineraient-ils la géographie à petite échelle dans toutes les parties de Mars ? Ou peut-on trouver une zone lisse, peut-être formée par le dépôt de sédiments ? On consacrera la fin juin et le début juillet à essayer de répondre à ces questions.

(Revue Astronomy, août 1976, vol. 4, #8).

Voir aussi :

Chryse Planitia. Photo : NASA.
Chryse Planitia. Photo : NASA.

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