La face sombre du plaisir (texte rédigé par Megan Jorgensen en 1999)
Le « cargo » est la célèbre molécule dopamine, utilisée par le noyau accumbens pour transmettre des signaux au VTA. La dopamine, un neurotransmetteur excitateur, stimule l’activité des cellules nerveuses au lieu de les inhiber.
Le processus classique de la dopamine inclut sa libération par une cellule présynaptique dans la fente synaptique. Elle traverse ensuite cette fente et se lie à un récepteur de la cellule postsynaptique, déclenchant son activation. La dopamine est ensuite libérée et retourne à son origine neuronale via un processus appelé recapture.
Ce neurotransmetteur joue un rôle dans de nombreux comportements, comme l’apprentissage, la mémorisation et l’éveil émotionnel. La dopamine intervient aussi dans la sensation de douleur ainsi que dans l’activité motrice du corps humain.
Dérégulation de la dopamine
La dérégulation de la dopamine peut avoir des conséquences graves, notamment la schizophrénie en cas de production excessive. Cette théorie est connue sous le nom d’hypothèse dopaminergique de la schizophrénie. En revanche, une carence en dopamine dans certaines zones du cerveau provoque la maladie de Parkinson. En plus de réguler le plaisir, la dopamine intervient aussi dans la coordination des mouvements musculaires.
L’un des rôles les plus insidieux de la dopamine est son implication dans les comportements addictifs. L’effet toxique de sa surstimulation montre à quel point nous pouvons être attirés par le plaisir intense. Un exemple frappant provient des célèbres expériences menées dans le laboratoire de James Olds.
Des électrodes métalliques ont été insérées dans le noyau accumbens d’un rat pour le stimuler électriquement. L’électrode était reliée à une barre que l’animal pouvait actionner pour provoquer une stimulation. Chaque pression déclenchait une décharge électrique, procurant une sensation de plaisir immédiat au rat.

Dimension addictive du plaisir
Cette étude révolutionnaire a apporté des éclairages précieux sur la dimension addictive du plaisir. Le noyau accumbens stimule électriquement le VTA grâce à la dopamine, ce « cargo moléculaire » essentiel.
Cette stimulation procure une sensation de plaisir, mais un excès peut entraîner des conséquences graves, notamment l’addiction. L’addiction, simplement, est une dépendance comportementale à une substance chimique ou à une activité donnée.
Certaines dépendances, comme le jeu compulsif, présentent des caractéristiques similaires à celles des comportements addictifs. Elles impliquent parfois les mêmes processus neurologiques que les addictions liées à des substances chimiques.
Les trois principales caractéristiques des comportements addictifs sont les suivantes :
- L’incapacité de contrôler l’envie.
- L’apparition de symptômes de sevrage.
- L’interférence négative avec la vie quotidienne et les relations.
Envie : L’une des caractéristiques les plus évidentes de l’addiction est une envie intense après une consommation occasionnelle. Dans le cas du crack, l’euphorie est rapide mais courte, incitant à vouloir davantage dès qu’elle disparaît. Les envies peuvent apparaître dans l’heure suivant l’ingestion, poussant à augmenter les doses au fil du temps.
Tolérance à l’interférence : Elle désigne la diminution de l’effet euphorique d’une dose « normale » d’une drogue après une période. Progressivement, il devient nécessaire de consommer plus pour retrouver une sensation de plaisir initial. Finalement, la drogue ne procure plus d’euphorie, mais devient essentielle pour fonctionner normalement.
Symptômes de sevrage : Avec le temps, le corps passe de la recherche de plaisir à l’évitement d’une souffrance accrue. Le sevrage peut entraîner dépression, anxiété, violence ou un besoin insatiable, parfois dangereux pour la vie. Dans le cas de la cocaïne, de grandes doses sont souvent nécessaires, augmentant ainsi les risques pour la santé.
La biologie derrière les comportements addictifs
Les chercheurs ont découvert, dans les grandes lignes, la biologie derrière les comportements addictifs liés à la toxicomanie.
- Le VTA joue un rôle crucial dans les phases initiales de l’installation de l’addiction à la cocaïne.
- Le noyau accumbens, cible du VTA, contribue à médiatiser les réponses de plaisir engendrées par les drogues.
- Ces deux régions et les circuits neuronaux connectés utilisent la dopamine pour fonctionner.
- L’abus de drogues suractive ces systèmes, libérant de grandes quantités de dopamine dans leurs circuits.
Ce puissant effet crée une euphorie si intense qu’il alimente uniquement le désir de se droguer davantage.
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