Le behaviorisme classique et le petit Albert
Behaviorisme classique : Au début du XXe siècle, de nombreux psychologues ont conclu que l’introspection ne suffisait pas pour étudier l’esprit humain. Ils ont proposé de passer à l’analyse du comportement par des expériences contrôlées en laboratoire comme méthode d’étude.
John Watson n’était pas le premier partisan de cette approche behavioriste, mais il était le plus visible. Bien que sa carrière ait été écourtée par ses infidélités, il devint un psychologue influent et controversé du XXe siècle.
S’appuyant sur la théorie stimulus-réponse initiée par Thorndike, il est souvent considéré comme le père du behaviorisme. En 1913, sa conférence « Psychology as the Behaviorist Views It » a présenté une idée révolutionnaire pour l’époque.
Il proposait que la psychologie scientifique abandonne les discussions sur les états mentaux et se concentre sur le comportement. Cette conférence, connue comme le « manifeste behavioriste », a transformé l’approche psychologique en mettant l’accent sur le contrôle.
Avant ses travaux à l’université Johns Hopkins, les études comportementales étaient principalement menées sur des animaux. Watson, influencé par son expérience militaire, souhaitait étudier la condition humaine à travers des expériences spécifiques.
Il pensait que les humains ont trois émotions fondamentales : peur, colère et amour, et voulait tester leur conditionnement. Son objectif était de comprendre si des stimuli pouvaient provoquer ces émotions en manipulant des réponses comportementales.

Le petit Albert
Avec son assistante Rosalie Rayner, Watson mena une série d’expériences sur « Albert B. », un bébé de neuf mois. Ces tests visaient à enseigner à un enfant la peur d’un animal en l’associant à un bruit effrayant répétitif.
Watson voulait également vérifier si cette peur pouvait se transférer à d’autres animaux ou objets et combien de temps elle durait. Bien qu’aujourd’hui considérées comme cruelles, ses méthodes étaient alors perçues comme une évolution logique des études sur les animaux.
Dans l’expérience célèbre du « Petit Albert », Watson observa les réactions du bébé en lui présentant divers objets et animaux. Albert, sain mais « stolide et peu émotif », ne montrait aucune peur, touchant même les rats, chiens, singes et autres objets.
Watson établit une référence pour mesurer les changements dans les comportements du bébé envers les objets introduits. Lors d’une autre occasion, il frappa un métal pour produire un bruit soudain, effrayant Albert jusqu’aux larmes.
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Ce bruit devint un stimulus non conditionné provoquant une peur immédiate chez le bébé, selon Watson. En l’associant à la vue du rat, il espérait conditionner Albert à craindre cet animal après répétitions.
Lorsque Albert avait un peu plus de 11 mois, Watson réalisa l’expérience en introduisant le rat blanc. Quand l’enfant touchait le rat, Watson frappait une barre métallique, provoquant la peur et les pleurs d’Albert.
Il a répété ce processus sept fois lors de deux sessions, à une semaine d’intervalle. Après cela, Albert montrait de la détresse dès que le rat apparaissait, même sans le bruit effrayant.
Watson appliqua le conditionnement classique, similaire aux expériences de Pavlov, en associant le bruit au rat. Le bruit provoquait une peur naturelle chez l’enfant. Cette peur se transfère ensuite au rat après le conditionnement.
Initialement neutre, le rat devint un « stimulus conditionné » entraînant une « réponse conditionnée » de peur chez Albert. Watson testa aussi si cette peur se généralisait à d’autres objets semblables. Tels comme un lapin ou un manteau de laine.
Albert montra la même peur envers ces objets que pour le rat, confirmant l’impact du conditionnement classique. Les expériences démontrèrent que l’on peut conditionner les émotions humaines, allant au-delà du simple apprentissage comportemental physique.
Un mois plus tard, les réactions d’Albert au rat, au lapin et au chien restaient inchangées. Cependant, l’expérience s’arrêta lorsque sa mère le retira de l’hôpital à une date préalablement fixée.
(Bibliographie The Little Book of Psychology).
