Médias au Québec

La télé et les enfants

La télé et les enfants

La télé et les enfants

Ceux qui font l’université
Par André A. Lafrance
Texte paru dans l’Interdit, mars-avril 1979, #268

On parle beaucoup ces temps-ci de l’influence de la télévision commerciale sur le développement intellectuel des enfants. Récemment les lettres des lecteurs du journal La Presse faisaient état d’un débat passionné sur le sexisme apparent de l’émission Passe-partout; une revue de pop-psychologie américaine publiait une série d’articles sur le rôle du montage rapide dans l’émission Sésame Street, et son impact négatif sur les jeunes spectateurs.

L’Université de Montréal possède un laboratoire, consacré à la télévision et l’enfant, qui s’intéresse depuis plusieurs années à ces phénomènes de commercialisation.

Nous avons rencontré l’un de ses directeurs, Madame Daniéle Brady.

Danièle Brady, 37 ans, est professeur adjoint au département de Technologie éducationnelle à la faculté des Sciences de l’Éducation et co-directeur du Laboratoire de recherches sur la télévision et l’enfant.

Daniéle Brady est originaire de Drummondville. Elle a terminé son cours classique au Collège Ste-Marie, en se spécialisant en biochimie. Elle est venue à l’Université de Montréal pour faire un baccalauréat en anthropologie physique.

Au cours de ses études, elle s’intéressa à la génétique et à l’adaptation de l’homme â son milieu. Elle fut membre du groupe de recherche Caraïbe, sous la direction de Jean Benoist: c’est avec ce groupe qu’elle fit un « terrain » aux Antilles françaises en 1968. Puis elle s’inscrit à ce qui s’appelait alors le département de pédagogie audio-visuelle pour acquérir une formation utile à la production de films ethnologiques.

En décembre 1969, elle fait partie d’un groupe de 6 étudiants en maîtrise qui fondent avec le professeur Gabriel Larocque le Laboratoire de recherches sur la télévision et l’enfant. On s’y propose de s’intéresser aux apprentissages fondamentaux, et plus particulièrement à l’étude du réel et du fictif dans le récit télévisuel par rapport à l’enfant. Elle rédige alors son mémoire de maîtrise consacré à l’explication causale des personnages dans les émissions pour enfants.

Elle s’attache au phénomène d’identification ressentie par les enfants face à des personnages tels que Fanfreluche qui représente un adulte qu’ils pourraient rencontrer sur la rue. Quant à Fifi Brin d’acier, ils ne pouvaient s’identifier à elle puisqu’elle possédait des pouvoirs magiques. Elle ne pouvait être un enfant comme eux puisqu’elle « n’a pas de parents et elle ne va pas à l’école ».

En 1972, les activités du laboratoire sont influencées par le passage â Montréal de Michel Tardy, sémiologue de l’Université de Strasbourg, On commença à s’intéresser à la reconstitution que l’enfant faisait du contenu d’une émission qu’il venait de voir. Danièle Brady se rendit à Strasbourg pour soutenir sa thèse de doctorat sur la lecture que fait l’enfant du dessin animé. Puis, elle devient co-directeur du Laboratoire et dirige maintenant 2 groupes d’étudiants.

Le premier a reçu une commande de recherches du ministère de l’Éducation pour faire l’évaluation de la série Passe-Partout et voir l’utilisation que peuvent en faire les parents et les pédagogues. L’autre groupe a reçu un contrat de Radio-Canada pour préparer une émission sur l’information et l’adolescent dans le cadre de la série L’enfance à vivre.

Le laboratoire qu’elle dirige a travaillé, jusqu’à ce jour, sur la perception d’émissions déjà produites. Les résultats de ces recherches mènent ses membres a songer maintenant a une collaboration plus directe avec le milieu de la production. Cela pourrait se concrétiser par une intervention en cours de production ou encore sur l’élaboration de modèles d’émissions de radio ou de télévision.

danielle brady

Danielle Brady. Photo : L’Interdit, #268, mars-avril 1979.

Captativité

Terme employé par les psychanalystes pour désigner la tendance instinctuelle du tout jeune enfant à s’approprier dans le monde ce qui l’entoure, l’approche ou le sert.

Au stade de captativité succède le stade d’offrande ou d’«oblativité ».

Le terme de captativité peut être étendu au comportement de l’adulte; il y a des « mères captatives » à l’égard de leur enfant, incapables de lui laisser prendre peu à peu son autonomie.

Les enfants uniques deviennent facilement captatifs.

Signes de miroir

Un certain nombre d’auteurs ont étudié le comportement et les réactions de l’enfant devant le miroir pour dégager à travers les différents stades de son développement la reconnaissance qu’il peut prendre de son propre corps et l’évolution de ses relations avec le monde extérieur et avec autrui (Preyer, Schilder, Lhermitte, Wallon, Zazzo, Lacan, etc.). Cette reconnaissance de son propre corps est intimement liée à la notion de schéma corporel (v. ce mot). Soulairac et ses collaborateurs (S.M.P., 26 avril 1954) ont étudié le comportement des arriérés devant le miroir; le déficit psychomoteur et la mauvaise intégration avec le monde extérieur peuvent entraîner des troubles du schéma corporel. « L’arriéré, disent ces auteurs, est incapable de réaliser une synthèse correcte de ses expériences et de ses acquisitions plus ou moins archaïques (même si le comportement actuel est assez évalué ».

Certains schizophrènes, dont l’attention est concentrée sur leur propre personnalité, passent de fréquents ou de longs moments devant une glace pour y saisir les aspects de leur physionomie et l’expression de leur regard. C’est ce que l’on a appelé le signe du miroir. Ce symptôme possède une grande valeur révélatrice.

Lire aussi :

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *