Mauricie

TNO de Rivière-Windigo

TNO de Rivière-Windigo

Territoire non organisé de Rivière-Windigo

En fait, le TNO de Rivière Windigo a été fusionné avec l’agglomération de La Tuque, en Mauricie. La fusion a eu lieu le 26 mars 2003. Voici quelques unes des entités géographiques, plans d’eau et autres éléments du territoire :

Rivière Pierriche

Cours d’eau arrosant la région de La Tuque, la rivière Pierriche, issue du lac Marie, serpente en direction sud. Le long d’un parcours de quelque 60 km, elle reçoit les eaux des rivières Pierriche du Milieu et Pierriche Nord-Ouest. À environ 45 km au nordouest de La Tuque, elle débouche enfin dans le réservoir Blanc de la rivière Saint-Maurice par la baie de la Grande Pierriche. À 12 km en aval, la Petite rivière Pierriche se déverse également dans le Saint-Maurice par la baie de la Petite Pierriche. En plus des entités hydrographiques déjà mentionnées, deux lacs du secteur portent aussi le nom de Pierriche. Deux hypothèse sont formulées quant à la signification du toponyme : la première veut que Pierriche provienne d’une inversion de l’expression « riche en pierres », indiquant par le lit caillouteux ou rocheux du cours d’eau ; la seconde souligne que ce nom désigne souvent, par dérision, des terres qui, en raison de l’abondance des cailloux, sont impropres à la culture, comme c’est le cas dans ce coin du pais. En langue atikamekw, on identifie cette rivière sous l’appellation Pakitaakani Sipi, « là où on tend un filet ».

Canton de Decelles

Ce canton inhabité, dont le nom apparaît dans « Nomenclature des noms géographiques de la province de Québec », en 1916, est situé à une vingtaine de kilomètres au sud du réservoir Gouin. Le relief le plus élevé ne dépasse pas 594 mètres et la principale étendue d’eau porte le même nom que le canton. Alfred Duclos De Celles (1843-1925), né à Saint-Laurent près de Montréal, a été journaliste au « Journal de Québec » (1867-1872) et à « La Minerve » (1872-1880) avant d’être nommé assistant-bibliothécaire (1880-1885) et bibliothécaire en chef du parlement d’Ottawa (1885-1920). D’une activité intellectuelle débordante, il a rédigé des articles sur les sujets les plus divers et a publié de nombreux ouvrages, entre autres Les États-Unis, origine, institutions, développement (1896), Les Constitutions du Canada (1900), issu de son discours de réception à la Société royale du Canada, Les Patriotes de 1837 (1916) et Laurier et son temps (1920). Lors de l’adoption de la dénomination du canton, les deux constituants du patronyme ont été soudés.

Canton Châteauvert

Situé un peu au nord-est du lac Manouane ce canton, de forme irrégulière, est limité à l’ouest par le lac Châteauvert. Une route de gravier se subdivise en quelques embranchements au sud de cet espace géographique dont le point culminant s’élève à 592 mètres près du lac du Coucou. Victoir Châteauvert (1841-1920), né à Québec, fut commis et homme d’affaires avant de se lancer dans la politique. Il fut élu député conservateur à l’Assemblée législative pour le comté de Québec-Centre en 1892, puis défait en 1897. Il est décédé dans la même ville à l’âge de 79 ans. Le nom de ce canton est répertorié en 1921 dans Noms géographiques de la province du Québec.

Canton de Chouinard

C’est en mémoire d’honoré-Julien Chouinard (1850-1926), avocat et écrivain, député de Dorchester à la Chambre des communes (1887-1889), échevin du quartier Saint-Louis (Québec), de 1880 à 1889, et greffier de la ville de Québec de 1989 à 1927, que ce canton fut nommé. Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, de la Société de géographie de Québec et membre de la Société royale du Canada, il est l’auteur de l’Histoire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec et le principal promoteur des Fêtes du Tricentenaire de Québec (1908). Il était le père de François-Xavier qui fut, lui aussi, greffier de la ville de Québec., de 1927 à 1961. Le canton que son nom identifie est signalé dans « Noms géographiques de Québec » en 1921 et se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de La Tuque. Il est couvert de forêts et parsemé de plusieurs lacs dont le principal, le lac Bob-Grant, occupe le centre. La rivière Flamand Ouest y coule au sud.

Canton de Cloutier

Une grande partie du réservoir Blanc occupe ce canton situé à environ 40 km au nord-ouest de La Tuque. Cette grande étendue d’eau cruciforme, qui est un étalement de la rivière Saint-Maurice, s’insère dans un relief très vallonné dont le plus haut sommet dépasse les 500 mètres au nord, près d’une route secondaire menant à Windigo, hameau établi dans le canton voisin. Le nom qui identifie cette division géographique inhabitée – à l’exception des constructions du club McTavish – et traversée par la voie ferrée du Canadien National, rappelle la mémoire de François-Xavier Cloutier (1848-1934), originaire de Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Ordonné prêtre à Nicolet en 1872, il a d’abord œuvre dans l’enseignement et a exercé par la suite diverses fonctions administratives dans le diocèse de Trois-Rivière, avant de devenir évêque en 1899, le troisième en titre après monseigneur Louis-François Laflèche. Il est décédé, alors qu’il était encore en fonction.

Canton de Magnan

Baigné en grande partie par le lac du même nom qui constitue une partie du réservoir Gouin, le canton de Magnan se trouve dans la MRC du Haut-Saint-Maurice à quelque 110 km au sud de Chapais. Charles-Joseph Magnan (1865-1942), natif de Sainte-Ursule, débute dans la carrière d’enseignant à Louiseville et, après deux ans, il s’inscrit à l’École normale Laval où il obtient un brevet d’enseignement. Directeur de la revue L’Enseignement primaire (1890), il en deviendra propriétaire en 1894. Successivement membre du Bureau des examinateurs catholiques (1898), inspecteur général des écoles catholiques (1911), puis inspecteur des écoles normales (1925), il a publié de nombreux ouvrages pédagogiques. Il était le frère d’Hormisdas Magnan, fonctionnaire au ministère de la Colonisation et auteur du Dictionnaire historique et géographique des paroisses, missions et municipalités de la province de Québec (1925).

Canton de Drouin

Un canton en forme de triangle isocèle est situé au sud de la voie ferrée menant de La Tuque à Senneterre entre le hameau de Casey au nord-est et la municipalité de Parent, au nord-ouest. De dimensions deux fois moindres que la plupart des autres cantons, il est inhabité ; il contient quelques lacs de faible superficie dont l’un porte le même nom que le canton. Le personnage qui identifie cette unité territoriale est Olivier-Napoléon Drouin (1862-1934), commerçant de Québec, fondateur, entre autres entreprises, de la Rock City Company, une manufacture de cigarettes. Devenu échevin du quartier Saint-Roch en 1896, il le demeura au cours des six élections suivantes. Il accéda ensuite à la mairie en 1910 et fut élu sans opposition au cours des élections de 1912 et 1914. De 1917 à 1922, il a assumé la présidence de la Commission des chemins du Québec. Ce canton, qui est déjà cité en 1916, paraît régulièrement sur les cartes par la suite.

Centre de villégiature de McTavish

Le centre de villégiature de McTavish, constitué en 1990 de deux pourvoiries et de plusieurs chalets, est établi en bordure du réservoir Blanc, au confluent des rivières Saint-Maurice et Flamand, à environ 50 km au nord-ouest de La Tuque. Ce toponyme a été officialisé dans sa graphie actuelle en 1983, bien qu’il y ait eu à cet endroit, de 1945 à 1987, un club de chasse et de pêche, puis une pourvoirie, du nom de McTavis Club. Les principales sources consultées montrent que ce patronyme comporte toujours un « h » final. McTavish est desservi par un arrêt ferroviaire du même nom, propriété du Canadien National, qui s’appelait également McTavis Club avant 1983. L’on ignore l’origine exacte de cette appellation, mais l’on sait toutefois qu’elle a d’abord été attribuée, avant 1945, à un lac voisin du centre de villégiature. Il pourrait s’agir d’un descendant de Simon McTavish (né vers 1750 en Écosse, décédé à Montréal en 1804), marchand de fourrures et acteur privilégié des milieux financiers de Montréal, qui a joué un rôle majeur dans la création de la première Compagnie du Nord-Ouest.

Canton Dumoulin

Outre le lac Dumoulin, quantité de petites étendues d’eau arrosent ce canton situé à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de La Tuque et limité à l’est par la rivière Saint-Maurice. Celle-ci draine la rivière au Lait et la rivière Tom par la rivière aux Rats. Le relief se tient à une altitude variant entre 152 m à l’est et 459 m au sud-ouest. Sévère-Joseph-Nicolas Dumoulin (1793-1853) commença son ministère sacerdotal comme vicaire à la cathédrale de Québec, en 1817-1818. Il occupa ensuite la fonction de curé à Pembina (1818-1823) et à Yamachiche (1825-1853) où il a fondé un couvent, un collège est bâti le presbytère. Ce prêtre, qui a été nommé chanoine honoraire de la cathédrale de Montréal, est L’auteur d’une Notice sur les missions de la Rivière-Rouge et du Sault Ste-Marie (1824).

Canton de Déziel

Ce canton est baigné à l’ouest par les lacs du Déserteur, Déziel et Brochu, lesquels font partie du réservoir Gouin dont les ramifications compliquées se dirigent en tout sens. Se déployant sur une surface qui s’élève jusqu’à 640 m d’altitude, ce territoire est arrosé par la rivière Wapous et par le ruisseau Little dans le secteur nord-est. Le nom attribué à cette division géographique est celui de monseigneur Joseph-David Déziel (1806-1882), qui a exercé son ministère dans trois paroisses différentes avant de fonder celle de Notre-Dame-de-la-Victoire en 1851, détachée de la paroisse de Saint-Joseph-de-Lévis. Outre cette fondation, on lui doit également celles du collège de Lévis (1853) qui fut affilié à la Faculté des arts de l’Université Laval comme collège classique en 1879, le couvent de Lévis pour filles (1858), l’hospice Saint-Michel pour les prêtres âgés (1858) et un hospice-orphelinat pour les jeunes filles (1879). Actif non seulement dans le domaine religieux qui était le sien, il est de plus reconnu pour avoir participé à la fondation de la municipalité de Lévis. Peu de temps après sa mort, ses paroissiens lui élevèrent un monument en face de l’église Notre-Dame-de-la-Victoire en témoignage d’appréciation pour son oeuvre. Le nom du canton de Déziel est indiqué en 1916 dans « Nomenclature des noms géographiques de la province de Québec » et l’on y précise qu’il s’agit d,une nouvelle dénomination.

Rivière de la Galette

Né dans la région du lac Delâge, à environ 7 km au sud-est du lac des Cinq Milles, ce cours d’eau du territoire non organisé de Rivière-Windigo, coule généralement vers le nord-est, crée sur son passage le lac de la Galette et se jette dans la baie Bouzanquet du réservoir Gouin, à 26 km au sud-ouest du Saint-Maurice. Vraisemblablement en 1906 par l’arpenteur de Courval, la rivière avait alors une longueur de plus de 55 km et était considérée comme un des affluents du Saint-Maurice. La formation du réservoir Gouin, par suite de la construction du barrage du même nom en 1918, modifia la situation et réduisit sa longueur à environ 15 km. Un trait du relief rappelant la forme d’une galette est probablement à l’origine de ce nom et des autres lieux portant cette appellation. Au Québec, le terme galette, qui désignait autrefois une sorte de biscuit plat et assez dur, détermine notamment une espèce de crêpe faite avec de la farine de maïs ou de sarrasin. La toponymie a retenu ce nom depuis longtemps. En Nouvelle-France, un document de 1673 mentionne d’ailleurs des « Rapides La Galette », un poste de traite appelé « La Galette » et un endroit nommé « La Galette au dessous du Fort de Chambly ». De nos jours, on compte une dizaine d’entités, surtout des lacs, baptisées Galette.

Canton de Frémont

À environ 65 km, à l’ouest de La Tuque, ce canton orienté diagonalement est irrigué par la rivière Flamand Ouest, où affluent les ruisseaux la Ligne, West et la crique Valley, ainsi que par le ruisseau Clair. L’ensemble de ce réseau hydrographique, constitué par un enchevêtrement de nombreux petits lacs et de cours d’eau plutôt mineurs, est relié à la rivière Saint-Maurice. De 296 m d’altitude le long de la principale rivière, le terrain, assez vallonné, s’élève à 563 m, à l’ouest. On a attribué à cette unité géographique le nom de Jules-Joseph-Taschereau Frémont (1855-1902), avocat admis au barreau en 1878, docteur en droit (1887) et professeur de cette discipline à l’Université Laval. Il a été maire de Québec (1890-1894) et député du comté de Québec à la Chambre des communes de 1891 à 1896, cumulant les deux charges durant trois années au moins. Le canton est répertorié comme nouvelle dénomination, en 1916, dans le premier rapport de la Commission de géographie.

Canton Geoffrion

Ce canton de forme rectangulaire, inhabité et disposé obliquement, s’étend au sud-ouest de la La Tuque dans un milieu baigné de nombreux lacs, notamment au centre et le long de sa limite ouest. Le principal cours d’eau de ce territoire dont l’altitude varie entre 259 et 518 m est la rivière aux Rats, affluent du Saint-Maurice, et son petit tributaire la rivière Bellavance. La rivière Wessonneau Nord, qui prend sa source parmi les lacs au centre de ce canton, se dirige elle aussi vers le Saint-Maurice, à l’est. Cette unité territoire traversée par un chemin forestier a été nommée en l’honneur du notaire Félix Geoffrion (1832-1894). Né à Varennes, il a commencé sa carrière à titre de registraire du comté de Verchères (1854-1863) qui le choisit comme député libéral à la Chambre d’assemblée, puis à la Chambre des communes, de 1867 jusqu’à sa mort. Ministre du Revenu de l’Intérieur (1874-1876), il exerce ensuite, et ce, jusqu’à son décès, les fonctions de président de la compagnie du chemin de fer Montréal, Chambly et Sorel. Le canton est signalé comme nouvelle dénomination dans le premier rapport de la Commission de géographie, en 1916, « Nomenclature des noms géographiques de la province de Québec ».

Canton de Harper

Ce canton de la vallée du Saint-Maurice est situé à quelques kilomètres à l’ouest de La Tuque. Le territoire est marqué par la présence de nombreuses nappes d’eau dont les lacs Cinconsine et Gaucher. Il constitue de plus un lieu de pêche et de chasse par la présence de la ZEC Wessonneau et de pourvoiries. Son nom rappelle depuis le premier quart du XXe siècle le missionnaire Jacques Harper (1807, 1839) qui s’est noyée dans la rivière Saint-Maurice en se rendant chez les Attikameks, alors appelés Têtes-de-Boules. Il avait été auparavant vicaire à Charlesbourg.

Hameau de Hibbard

Ce hameau du territoire non organisé de Rivière-Windigo est situé à 446 m d’altitude sur le parcours de la voie ferrée du Canadian National et à une centaine de kilomètres au nord-ouest de La Tuque, dans la région de la Mauricie. L’identification précise de ce nom de famille, devenu toponyme, demeure inconnue. Le toponyme est cependant attesté avant 1916 et a d’abord désigné une petite gare ferroviaire. Il paraîtra ensuite sur diverses cartes. En 1943-1945, on sait qu’il ne se trouvait dans les lieux que deux personnes desservies par un bureau de poste offrant le service hivernal.

Canton de Laliberté

À quelque 90 km à l’ouest de La Tuque, ce canton est occupé presque en entier par le lac Manouane, dans la MRC du Haut-Saint-Maurice. Il a été désigné en 1908 en l’honneur de Jean-Baptiste Laliberté (1843-1926), alors président de la Commission du port de Québec (1896-1911). Après ses études à l’École normale Laval, Laliberté se spécialise dans la fourrure et débute comme apprenti chez le marchand M.-Va. Nichol. En 1867, il devient propriétaire de sa propres entreprise qui, à son décès, compte plus de 300 employés. J.-B. Laliberté Ltée est l’un des plus anciens magasins toujours en activité dans la basse-ville de Québec. Proclamé en 1908.

Canton Levasseur

À quelque 130 km à l’ouest de Roberval, dans la partie sud-est du réservoir Gouin, ce territoire inhabité est largement occupé par la baie Kikendatch et le lac Levasseur. À l’instar de ses voisins qui portent les noms de musiciens et d’écrivains, ce canton, désigné peu avant 1916, honore Louis-Nazaire -Zéphirin Levasseur ou LeVasseur (1848-1927). Longtemps journaliste à L’Événement, un quotidien de Québec dont il fut rédacteur en chef, Nazaire LeVasseur, devint fonctionnaire du gouvernement canadien à Québec et occupa la fonction de consul pour divers pays d’Amérique latine. Musicien de talent, il participa à la fondation du Septuor Haydn et de l’Académie de musique puis à celle de la Société symphonique de Québec, ancêtre de l’orchestre symphonique actuel. Chroniqueur prolifique, il a publié de nombreux textes dans La Musiqu, revue dont il était le fondateur, dans son Histoire de la musique de Québec et dans son recueil Têtes et figures (1920). Président de la Société de Géographie de Québec de 1898 à 1905, il a, entre 1889 et 1921, publié un nombre considérable d’articles dans le Bulletin de cette société. Sa fille, Irma LeVasseur, première femme médecin spécialisée au Québec, est aussi commémorée dans la toponymie québécoise.

Un petit canard… la paix sur la Terre. Photographie de Megan Jorgensen.

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