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Le cataclysme

Le cataclysme

Atlantis : Le cataclysme et le second cataclysme

par Robert Howard, extraits du « Le Roi Kull »

Alors le Cataclysme ébranla le monde. Atlantis et la Lémurie furent recouverts par les eaux, et les îles pictes furent soulevées et formèrent les cimes montagneuses d’un nouveau continent. Certaines parties du Continent Thurien disparurent sous les flots ou bien, en s’enfonçant, formèrent de grands lacs intérieurs ou des mers.

Des volcans entrèrent en activité et de terrifiants tremblements de terre abattirent les cités étincelantes des empires. Des nations entières furent anéanties.

Les barbares s’en sortirent un peu mieux que les races civilisées. Les habitants des îles pictes furent anéantis, mais une de leurs colonies, installée dans les montagnes, près de la frontière sud de la Valusie, pour servir de force-tampon en prévision d’une invasion étrangère, fut préservée. De même, le royaume continental des Atlantes échappa à la destruction générale, et, tandis que leur île s’enfonçait dans la mer, des milliers d’entre eux s’enfuirent à bord de bateaux. De nombreux Lémuriens s’échappèrent vers la côte orientale du Continent Thurien qui fut relativement peu touché. Là, ils furent réduits en esclavage par la très vieille race qui y vivait, et leur histoire, durant des milliers d’années, est celle d’une cruelle servitude.

Dans la partie occidentale du continent, ces bouleversements naturels entraînèrent l’apparition de nouvelles formes de plantes et de vie animale. Des jungles épaisses recouvrirent les plaines, de grands fleuves se frayèrent un chemin vers la mer, d’importantes montagnes sortirent du sol et se dressèrent vers le ciel. Des lacs recouvrirent les ruines des anciennes cités dans les vallées fertiles. Vers le royaume continental des Atlantes, fuyant des régions englouties par les eaux, accoururent des myriades d’animaux et de sauvages… des hommes-singes et des singes.

Contraints de se battre continuellement pour défendre leur vie, ils parvinrent cependant à préserver les vestiges de leur condition antérieure de barbarie hautement avancée. Privés de minéraux et de minerais, ils apprirent à travailler la pierre comme leurs ancêtres lointains et ils avaient atteint un réel niveau artistique lorsque leur culture encore récente entra en contact avec la puissante nation picte. Les Pictes, eux aussi, étaient retournés à l’âge du silex, mais ils avaient progressé beaucoup plus vite, en ce qui concernait la population et l’art de la guerre. Ils étaient dépourvus de la nature artistique des Atlantes ; ils formaient une race plus rude, plus pratique, plus prolifique. Ils ne laissèrent aucune peinture rupestre ni aucune sculpture en ivoire, comme leurs ennemis ; par contre ils léguèrent à la postérité des armes en silex remarquablement efficaces, et en grande quantité.

Ces royaumes de l’âge de pierre s’affrontèrent et, après plusieurs guerres sanglantes, les Atlantes dépassés par le nombre régressèrent et vécurent comme des sauvages. L’évolution des Pictes fut stoppée net. Cinq cents ans après le Cataclysme, les royaumes barbares avaient disparu. À présent, c’est une nation de sauvages, les Pictes, qui fait continuellement la guerre à des tribus sauvages, les Atlantes. Les Pictes avaient l’avantage du nombre et étaient unis, alors que les Atlantes étaient divisés en petits clans disséminés. Tel était l’Occident en ces jours.

Le Second Cataclysme

À l’est très lointain, coupé du reste du monde par la formation de montagnes gigantesques et celle d’une série de grands lacs, les Lémuriens travaillent durement, asservis par leurs maîtres très anciens.

Le sud lointain est toujours voilé de mystère. Préservé du Cataclysme, sa destinée est toujours préhumaine.

Des races civilisées du Continent Thurien, quelques membres de l’une des nations non valusiennes vivent parmi les collines du sud-est, les Zhemris. Ici et là, de par le monde, sont disséminés des clans de sauvages simiesques qui ignorent tout de l’ascension et de la chute des grandes civilisations. Mais dans le nord lointain, un autre peuple ne va pas tarder à apparaître.

À l’époque du Cataclysme, une bande de sauvages, dont le niveau n’avait guère dépassé celui de l’Homme de Neandertal, s’enfuit vers le nord pour échapper à la destruction. Ils trouvèrent des régions recouvertes de neige où vivait seulement une espèce de singes des neiges, des animaux immenses et féroces, à la fourrure blanche, qui, apparemment, étaient natifs de l’endroit. Ils les combattirent et les poussèrent au-delà du cercle arctique. Les sauvages pensaient que ces singes y trouveraient la mort. Mais ceux-ci s’adaptèrent à leur nouvel et rude environnement ; ils survécurent et prospérèrent.

Après que les guerres entre les Pictes et Atlantes eurent détruit les prémices de ce qui aurait pu être une nouvelle culture, un autre Cataclysme, de moindre ampleur, modifia l’aspect du continent originel ; une grande mer intérieure se forma, là où il y avait eu la série de lacs, séparant encore plus l’ouest et l’est, et les tremblements de terre, les inondations et les volcans achevèrent la ruine des barbares, entamée avec leurs guerres tribales.

Un millier d’années après ce second Cataclysme, le monde occidental a l’aspect d’une contrée sauvage de jungles, de lacs et de fleuves impétueux. Dans les collines couvertes de forêts du nord-ouest, vivent des bandes errantes d’hommes-singes qui ignorent le langage humain, ne savent pas allumer un feu et ne possèdent pas d’outils. Ce sont les descendants des Atlantes qui ont régressé et vivent dans un état bestial, au sein de la jungle chaotique de laquelle, des ères plus tôt, leurs ancêtres étaient sortis en rampant. Au sud-ouest vivent disséminés les clans de sauvages dégradés, habitant des cavernes, dont le langage est extrêmement primitif. Pourtant ils portent toujours le nom de Pictes, terme qui en est venu à désigner simplement les hommes eux-mêmes pour les distinguer des véritables bêtes féroces auxquelles ils s’opposent, en une lutte perpétuelle pour la vie et la nourriture. C’est leur seul lien avec leur condition antérieure. Ni les Pictes à l’aspect répugnant, ni les Atlantes simiesques n’ont de contact avec d’autres tribus ou peuples.

Loin à L’est, les Lémuriens, retombés dans un état bestial en raison de leur esclavage impitoyable, se sont révoltés et ont exterminé leurs maîtres. Ce sont des sauvages qui errent parmi les ruines d’une civilisation inconnue. Les survivants de cette civilisation qui ont échappé à la fureur de leurs esclaves sont partis vers l’ouest. Ils rencontrent alors ce mystérieux royaume préhumain, au sud, et le renversent, pour y substituer leur propre culture, modifiée au contact de l’autre, plus ancienne.

La Stygie : tel est le nom de ce nouveau royaume et, apparemment, les survivants de l’ancienne nation semblent avoir survécu : ils sont même vénérés, bien que leur race, en tant qu’entité, ait été détruite.

Ici et là, dans le monde, des groupes de sauvages, de faible importance, présentent les signes d’une irrésistible marche en avant : ils sont isolés et ne forment pas de clans. Mais au nord, les tribus grandissent et prospèrent. Ils portent un nom : ce sont les Hyboriens ou Hyboris ; leur dieu est Bori… Un grand chef qui vécut, selon les légendes, en des temps très anciens, bien avant le roi que les conduisit vers le nord, aux jours du Grand Cataclysme, dont les tribus ont seulement gardé le souvenir, déformé, au travers des mythes.

Ces tribus se sont répandues à travers le nord et certaines migrations s’effectuent même lentement vers le sud. Jusqu’ici elles ne sont entrées en contact avec aucune autre race ; leurs guerres ont été intestines.

Le vrai calme n'existe pas pour ceux qui connaissent la mécanique du monde en marche vers les cataclysmes, de cataclysme en cataclysme. (Les Années sans pardon, par Viktor Lvovitch Kibaltchitch, dit Victor Serge, écrivain français, né en 1890 et mort en 1947).
Le vrai calme n’existe pas pour ceux qui connaissent la mécanique du monde en marche vers les cataclysmes, de cataclysme en cataclysme. (Les Années sans pardon, par Viktor Lvovitch Kibaltchitch, dit Victor Serge, écrivain français, né en 1890 et mort en 1947). Photo de Megan Jorgensen.

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