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Deux romans sur Maigret

Deux romans sur Maigret

Deux romans policiers sur le commissaire Maigret

Maigret et le tueur

(Tout Simenon. Omnibus, janvier 2003. Oeuvre romanesque, tome 14)

Pour la première fois depuis qu’ils dînaient chaque mois chez les Pardon, Maigret devait conserver de cette soirée boulevard Voltaire un souvenir presque pénible.

Cela avait commencé boulevard Richard-Lenoir.

*

Puis on avait parlé de la cuisine provinciale, du cassoulet, de la potée lorraine, des tripes à la mode de Caen, de la bouillabaisse…

*
Vous devez avoir vos soucis, vous aussi, Quai des Orfèvres…

*
Eugénie, la bonne, qui travaillait depuis si longtemps boulevard Voltaire qu’elle faisait un peu partie de la famille, annonçait :

– C’est l’Italien, Monsieur…

*
– Il y a un blessé, sur le trottoir, qui doit être en train de mourir…
– Où ?
– Rue Popincourt, à moins de cent mètres.

*
Le médecin entrouvrit la porte du salon.

– Nous revenons tout de suite… Un blessé rue Popincourt…
– Prends ton parapluie…

*
Gino était napolitain. Il tenait, au coin de la rue du Chemin-Vert et de la rue Popincour, une boutique d’épicerie.

*
– Nous revenions de chez mon beau-frère, rue de Charonne…

*
Le coup d’œil qui les attendait, rue Popincourt, était inattendu.

*
– Allô… Le commisariat du XIe ?

Il était à deux pas, place Léon-Blum, l’ancienne place Voltaire.

– Allô, Ici, Maigret… Il y a un blessé rue Popincourt… Vers la rue du Chemin-Vert… Une ambulance est nécessaires…

*

Le quartier était désert et, moins de cinq minutes plus tard, l’ambulance, suivie par un des cars du commissariat, arrivait à l’hôpital Saint-Antoine.

*
Je dînais chez un ami, dans le quartier, lorsqu’on est venu avertir cet ami, qui est médecin, qu’un blessé était étendu sur le trottoir, rue Popincourt…

*
Dans le portefeuille, une carte d’identité et un permis de conduire au nom d’Antoine Batille, 21 ans, domicilié quai d’Anjou, à Paris. C’était dans l’île Saint-Louis, non loin du Pont-Marie.

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– Vous pourriez interroger Pagliati, l’épicier italien de la rue Popincourt, et les quatre hommes qui jouaient aux cartes chez Jules, s’ils sont encore au café…

*

Il aurait voulu se retrouver rue Popincourt, pousser la porte du petit café où il y avait comme de la brume autour du globe électrique et où les joueurs de cartes avaient probablement reprise leur partie.

*

Batille devait avoir son vrai bureau ailleurs, dans l’immeuble des Produits Mylène, que Maigret avait aperçu souvent avenue Matignon.

*

Il a été assailli, ce soir, sur le trottoir obscur de la rue Popincourt.

*
Il connaissait d’autant mieux l’île Saint-Louis qu’ils avaient habité la place des Vosges et qu’à cette époque il leur arrivait souvent, le soir, de se promener bras dessus bras dessous autour de l’île.

*
Il était étudiant… Il suivait les cours de lettres à la Sorbonne…

*
C’était dans un bar des environs des Ternes… Deux hommes étaient accoudés au zinc…

*
Les épaules serrés, il franchit le Pont-Marie, prit l’étroite rue Saint-Paul et, près du métro Saint-Paul, trouva enfin un taxi en stationnement.

– Boulevard Richard-Lenoir…
– Compris, patron…

*
– Le concierge prétend…
– Quelle concierge ?
– Celle du quai d’Anjou…

*
Tu vas me conduire rue Popincourt… Pas loin de la rue du Chemin-Vert… Je t’arrêterai…

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La petite voiture noire de la P.J. dépassait la place de la République et Maigret se trouvait dans son quartier, un réseau de rues étroites, populeuses, qui délimitaient le boulevard Voltaire d’un côté et le boulevard Richard-Lenoir de l’autre.

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Le meurtrier a fait quelques pas vers la rue du Chemin-Vert, puis il est revenu en arrière…

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A peine arrivé Quai des Orfèvres, dans son bureau où régnait une douce chaleur, Maigret appela la boutique des Pagliati.

*
Brasserie Lorraine, boulevard Beaumarchais.

*
Enregistré au Café des Amis, place de la Bastille.

Ce n’était pas loin du boulevard Beaumarchais, pas loin non plus de la rue Popincourt.

*
Les trains de péniche glissaient lentement sur la Seine grise et les remorqueurs baissaient leur cheminée au moment de passer sous le pont Saint-Michel.

*
C’est un encadreur dont la boutique se trouve rue du Faubourg-Saint-Antoine, deux ou trois maisons avant la rue, presque au coin de la rue Trousseau… La rue Trousseau, c’est ma rue…

*
Il a commencé, hier soir, par un restaurant du boulevard Beaumarchais, où il a enregistré des bribes d’une scène de ménage…
Puis il s’est rendu dans un café de la Bastille, et voici le texte de son enregistrement…

*

Presque toujours, ce sont des tableaux et des bibelots de valeur qui ont été emportés… A Tessancourt, ils ont négligé deux toiles qui n’étaient que des copies, ce qui indique…

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Il y a environ deux ans qu’il est installé rue du Faubourg-Saint-Antoine…

Il paraît qu’il venait de Marseille, mais ce n’est pas certain…

*

Ils sont allés à la Sorbonne interviewer plusieurs de ses camarades…

*
– Où étiez-vous cette nuit-là ?
– A Saint-Germain-des-Prés…

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Les journalistes fouillaient partout, rue Popincourt, quai d’Anjou, à la Sorbonne… Les postes périphériques s’en mêlaient. On avait déjà trouvé une étiquette à l’affaire : Le forcené de la rue Popincourt.

*

Ils l’utilisaient surtout, le samedi soir ou le dimanche matin, pour gagner Meung-sur-Loire où ils avaient leur petite maison.

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Suivaient les différentes mensurations du nommé Mila dont le dernier domicile connu était un garni de la rue Notre-Dame-de-Lorette. Cela se passait à l’entrée d’une usine de Puteaux.

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C’était le domaine de la Sûreté Nationale, rue des Saussaies, et, d’accord avec le juge d’instruction, Maigret téléphona à ce que l’on appelle maintenant son homologue.

*

C’était le commissaire Grosjean, un vétéran qui avait à peu près l’âge de Maigret et qui, comme lui, avait toujours la pipe à la bouche. Il était originaire du Cantal, dont il avait conservé l’accent savoureux.

Ils se rencontrèrent un peu plus tard dans les vastes bâtiments de la rue des Saussaies, que ceux de la P.J. appelaient volontiers : l’usine.

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Et alors ? lui demanda Janvier qui était resté en rapport avec les hommes en faction rue du Faubourg-Saint-Antoine.

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Sais-tu combien, chaque année, on repêche de corps, rien que du canal Saint-Martin ?

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Car pour du cinéma, ce fut vraiment du cinéma comme ils savent en organiser rue des Saussaies.

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Place de la Bastille, Émile Branchu se dirigeait vers le boulevard Beaumarchais, ouvrait la portière d’une DS noire en stationnement qui s’écartait immédiatement du trottoir.

*
A la porte de Châtillon, il marqua un temps d’arrêt et un homme grand, brun, qui se tenait au bord du trottoir, monta tout naturellement dans la voiture.

*

Ils avaient pris la route de Versailles et ils traversèrent le Petit-Clamart sans presque ralentir.

*

Ils tournèrent à gauche en direction de Châtenay-Malabry, puis à droite, vers Jouy-en-Josas.

*
Où dites-vous que vous êtes ?

Et Lortie de souffler : – Chemin des Acacias… Je l’ai vu sur la plaque…

*
L’auto de la rue des Saussaies vint se ranger derrière celle de Maigret, puis, quelques instants plus tard, l’impressionnant car bourré de policiers.

*
Vous y êtes ? Le fameux maroquinier de la rue Royale…

Non seulement sa maison était la plus élégante maroquinerie de Paris, mais il possédait des succursales à Cannes, à Deauville, à Londres, à New York et à Miami.

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Ici, le commissaire Grosjean, de la Sûreté Nationale… je me trouve dans votre villa, à Jouy-en-Josas…

*
Il possède une villa beaucoup plus importante au Cap-d’Antibes.

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La nuit dut être agitée rue des Saussaies, où les journalistes et les photographes, alertés par Dieu sait qui, comme toujours, ne tardèrent pas à accourir et à envahir les couloirs.

*

Pas de casier judiciaire.. il a vécu longtemps à Marseille mais il est originaire de Roubaix…

*
Cassette 2 : Autoroute du Sud un samedi soir.
Cassette 3 : Forêt de Fontainebleu, la nuit.
Cassette 4 : Métro 8 heures du soir.
Cassette 5 : Midi place de l’Opéra.

Venaient ensuite un entracte au théâtre du Gymnase, puis les sons d’un self-service de la rue de Ponthieu, le drugstore des Champs-Élysées.
Cassette 10 : Un café à Puteaux…

Sa curiosité s’élargissait et il changeait insensiblement de couche sociale : sortie de l’usine, musettes de la rue de Lappe, bar de la rue des Gravilliers, environs du canal Saint-Martin, bal des Fleurs, à la Villette, un café à Saint-Denis…

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La valise qu’elle apporta un peu plus tard portait la couronne dorée du maroquinier de la rue Royale…

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Le quatrième, le guetteur, était un pauvre type mal portant qui se donnait comme commissionnaire et habitait rue du Mont-Cenis, à Montmartre.

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Quelqu’un de la rue des Saussaies, probablement, peut-être un employé, une dactylo ?

*
Maigret chercha dans l’annuaire le numéro de téléphone de l’appartement du quai d’Anjou, le composa sur le cadran.

*
Il y avait des autos, parmi lesquelles beaucoup de limousines avec chauffeur, tout le long des quais, du pont Louis-Philippe au pont Sully, et d’autres stationnements de l’autre côté de l’île, quai de Béthune et quai d’Orléans.

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Au bord du trottoir, c’étaient surtout les habitants de l’île, les concierges, les commerçants de la rue Saint-Louis-en-l’Île.

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Allait-on se rendre en auto à l’église Saint-Louis-en-l’Île, qui était à deux cents mètres ?

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Ils suivaient, sur le trottoir, et rue Saint-Louis-en-l’Île, ils trouvaient une autre foule qui n’était pas présente auparavant quai d’Anjou.

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Ils franchirent la passerelle derrière Notre-Dame, s’arrêt`rent dans un bar au coin du boulevard du Palais.

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– Vous savez à quel bureau de poste le pneumatique a été déposé ?…
– Rue du Faubourg-Montmartre… Puis-je vous demander, commissaire, de ne pas passer le tuyau à mes confrères ?

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– Vous avez un frère ?
– J’en ai deux… Un dans l’armée, en Allemagne, l’autre qui travaille à Lyon…
– Vous êtes de Lyon ?
– Mon père était de Lyon…. Maintenat qu’il est mort, la famille s’est dispersée et je suis seule à Paris avec ma mère… Nous habitons la rue Saint-Paul… Quand j’ai appris qu’on cherchait une serveuse rue Saint-Louis-en-l’Île…

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Ils avaient rebroussé chemin, lentement, franchi le Pont-Marie, et ils se trouvaient maintenant rue Saint-Paul.

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Maigret soupira et, au métro Saint-Paul, prit un taxi que le conduisit chez lui en quelques minutes.

*
Nous pourrons marcher jusqu’aux Grands Boulevards…

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Ce soir-là, Maigret avait envie d’un western et ils durent aller jusqu’à la porte Saint-Denis pour en trouver un.

*
– Voyez le cachet et dites-moi où elle a été postée…
– Boulevard Saint-Michel.

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Nous, nous allons à Meung…

Ils déjeunèrent rapidement, sa femme et lui, boulevard Richard-Lenoir.

*
Ce soir-là, ils allèrent se promener à pas tranquilles, descendant jusqu’à la Loire qui, après les pluies du début de la semaine, roulait des eaux boueuses et charriait des branches d’arbres.

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Il n’avait pas vingt et un ans et il s’était abattu dans une mare d’eau, rue Popincourt, pour ne plus jamais se relever…

*
Rue Popincourt, le mardi soir, il pleuvait tellement que cela ressemblait à un cataclysme et, d’ailleurs, dans la Manche et la mer du Nord, des bateaux de pêche avaient été perdus.

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Je crois qu’il ne tardera pas à craquer et qu’il mangera le morceau. Sa femme, qui a été jadis figurante au Châtelet, le supplie de le faire.

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Dans le cours de votre dernier article, vous parlez du « forcené » de la rue Popincourt.

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– Vous savez, j’en ai vu beaucoup…
– Je sais…
– Du temps du bagne, certains m’écrivaient régulièrement de la Guyanne… D’autres, leur peine finie, viennent parfois me voir…

*
Même au Quai des Orfèvres, nous sommes différents les uns des autres…

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– Dans quel quartier êtes-vous ?
– Sur les Grands Boulevards…

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J’ai un petit logement, rue de l’École-de-Médecine, dans un bâtiment très ancien qui se trouve au fond de la cour… Je travaille rue Laffitte, dans une compagnie d’assurances… Ou plutôt je travaillais…

*
– De quelle ville êtes-vous originaire ?
– Saint-Amand-Montrond, au bord du Cher, Il y a là une grande imprimerie, l’Imprimerie Mamin et Delvoye, qui travaille pour plusieurs éditeurs de Paris… Nous vivions – mes parents y vivent encore – dans une petite maison, près du canal du Berry…

*
Vous connaissez la région ?

Je l’ai traversée.

Le Cher coule parallèlement au canal… par endroits, il s’en approche d’une dizaine de mètres… Il est large, peut profond, avec des pierres et des roches qui permettent de le traverser à gué…

Les rives sont couvertes d’osiers, de saules, d’arbustes de toutes sortes… Surtout du côté de Drevant, un village à trois kilomètres environ de Saint-Armand…

*
A Paris, au début, j’ai eu faim, et il m’est arrivé, comme à tant d’autres, de décharger des légumes aux Halles… Je lisais les petites annonces et me précipitais partout où il y avait une place à prendre…

*

Je suis allé à la bibliothèque Sainte-Geneviève… J’ai dévoré des traités de psychiatrie, espérant toujours découvrir une explication…

*
Un neurologue du boulevard Saint-Germain m’a fait un électro-encéphalogramme… D’après lui, je n’ai rien au cerveau…

*
Buvez… Tout à l’heure, nous allons nous rendre au Quai des Orfèvres…

Première édition : Presses de la Cité, 1969.
Épalinges (Vaud), le 21 avril 1969.

Paysage urbain. Photo de Megan Jorgensen.

Maigret hésite

(Tout Simenon. Omnibus, janvier 2003. Oeuvre romanesque, tome 14).

– Bonne journée hier? Demandait-il à Janvier. – Chez ma belle-mère, à Vaucresson, avec les enfants.

*

Pour toi, Lucas… C’est au sujet de l’affaire Lebourg…

*

L’enveloppe était blanche, de bonne qualité. Le timbre portait le cachet du bureau de poste de la rue de Miromesnil.

*

– Tu as retrouvé le fabricant de papier?
– Géron et Fils, qui possèdent depuis trois ou quatre générations les Moulins du Morvan, à Autun… Ils travaillent directement avec des éditeurs d’art et avec deux papeteries, l’une rue du Faubourg-Saint-Honoré, l’autre avenue de l’Opéra… – Ce n’est pas tout en haut du faubourg Saint-Honoré, à gauche?

*

Il lui restait trois clients… L’un est mort l’an dernier, un comte qui possédait un château en Normandie et une écurie de courses… Sa veuve vit à Cannes et n’a jamais recommandé de papier à lettres.

*

– Reste un client?
– Reste un client, et c’est pourquoi je dis que c’est trop facile. Il s’agit de M. Émile Parendon, avocat, avenue Marigny, qui utilise ce papier depuis plus de quinze ans et qui n’en veut pas d’autre.

*

Le professeur Parendon, chirurgien à Laennec… Membre de l’Académie de médecine, de l’Académie des sciences morales et politiques, et tout, et tout…

*

Un chirurgien illustre, un premier président, un spécialiste en droit maritime qui habite l’avenue Marigny et qui se sert du papier le plus coûteux…

*

Maigret tricha, ce jour-là. Il téléphona à sa femme qu’il était retenu par son travail. Il avait envie de fêter ce soleil printanier en déjeunant à la Brasserie Dauphine, où il s’offrit même un pastis au comptoir.

Maigret avait pris l’autobus jusqu’au Rond-Point et, dans les cent mètres qu’il parcourut à pied avenue Marigny, il rencontra au moins trois visages qu’il crut reconnaître. Il avait oublié qu’il longeait les jardins de l’Élysée et que le quartier était jour et nuit sous bonne garde…

*

Ici aussi, le commissaire trouva un visage de connaissance, un certain Lamule ou Lamure, qui avait travaillé longtemps rue des Saussaies.

*

Quand mon beau-père (coup d’œil au premier président) a pris sa retraite et est allé vivre en Vendée, il y a eu une sorte de conseil de famille… Elles sont quatre sœurs, mariées toutes les quatre… On a en quelque sorte partagé l’héritage avant la terre et ma femme a reçu cet appartement avec qu’il contient, y compris le portrait et les bustes… Une de ses sœurs héritera de la gentilhommière de Vendée, dans la forêt de Vouvant, et les deux autres se partageront les titres…

*
Votre père vit toujours, n’est-ce pas? – Il habite presque en face, rue de Miromesnil, dans un appartement qu’il s’est aménagé pour ses vieux jours.

*

Nous avions un appartement aussi vaste, mais beaucoup plus moderne que celui-ci, rue d’Aguesseau… Mon frère, qui est neurologue, l’occupe avec sa famille.

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Son nom de famille est Fauchois… il vient de Berry, comme ma famille…

*
Enfin, il reste celui que nous appelons le scribe, un garçon d’une vingtaine d’années fraîchement débarqué de Suisse et qui a, je pense, des ambitions d’auteur dramatique…

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Les anges gardiens de l’Élysée se promenaient d’un air nonchalant et lui adressaient un signe discret de reconnaissance.

Une vieille femme, au coin du Rond-Point, vendait des lilas qui sentaient les jardins de banlieue et il résista au désir d’en acheter. De quoi aurait-il eu l’air avec une botte de fleurs encombrantes au Quai des Orfèvres?

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Il profita du beau temps pour descendre les Champs-Élysées jusqu’à la concorde où il prit enfin un autobus.

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Ils trouvèrent, au Quartier latin, un restaurant dont la terrasse était entourée d’une cloison vitrée et qu’un brasero réchauffait agréablement. La spécialité consistait en fruits de mer et Maigret en prit d’à peu près toutes les sortes, y compris des oursins arrivés du Midi par avion le jour même.

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Il paya l’addition et il faisait si doux qu’ils rentrèrent à pied en faisant un détour pour passer par l’île Saint-Louis. Il trouva des lilas, rue Saint-Antoine, de sorte qu’il y en eut quand même dans l’appartement ce soir-là.

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Non, il ne croyait pas à une mauvaise farce. Il n’y avait rien de dramatique, pourtant, dans l’atmosphère de l’avenue Marigny.

*

Voila cinq ans que je travaille pour M. Parendon. C’est seulement ma seconde place à Paris. – Quelle était la première? – Dans une maison de commerce de la rue Réaumur.

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– C’est René… Je veux dire M. Tortu… qui m’a parlé de cet emploi… – Vous le connaissiez bien? – Nous mangions, le soir, dans le même restaurant de la rue Caulaincourt. – Vous habitez Montmartre? – Place Constantin-Pecqueur…

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Un soir, peu avant que je n’entre ici, nous sommes allés ensemble au cinéma, place Clichy, en sortant de Chez Maurice… Chez Maurice, c’est notre restaurant de la rue Caulaincourt…

*
J’ai préféré le suivre chez lui, rue des Saules…

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Fils de paysans du Berry, il s’est toujours comporté en paysan, employant volontiers, même dans ses cours, un langage rude et imagé. C’était, il y a quelques années encore, une force de la nature. Comme il habite à deux pas, rue de Miromesnil, il venait souvent faire une visite en passant et les enfants l’adoraient…

*

Il y avait, rue de Miromesnil, vestige des anciens jours, un petit restaurant sombre, où le menu était encore écrit sur une ardoise et où, par une porte vitrée, on apercevait la patronne, énorme sur des jambes comme des colonnes, officiant à son fourneau.

*

Quelques vieux inspecteurs de la rue des Saussaies fréquentaient le coin et aussi des employés comme on n’en voit plus guère et qu’on imagine en manches de lustrine devant d’antiques bureaux noirs.

*
Là, il trouverait peut-être un pauvre type qui avait vraiment tué parce qu’il ne pouvait plus faire autrement, ou encore un jeune fauve de Pigalle, monté de Marseille ou de Bastia, qui avait descende un rival pour se faire croire qu’il était un homme.

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Je retourne justement avenue Marigny, S’il y a du nouveau, on peut m’y appeler.

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Les mêmes marronniers, le même mur qui entour le jardin de l’Élysée, j’allais ajouter les mêmes passants…

*
D’où êtes-vous? De Morges… Au bord du Léman… Vous connaissez?…

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Quand on vient, comme moi, du canton de Vaud, il faut d’abord s’habituer à Paris… Dès que j’ai débarqué à la Gare de Lyon, j’ai compris…

*
– Vous avez fait de la prison, Ferdinand?
– Seulement de la prison militaire, en Afrique…
– Vous êtes français?
– Je suis d’Aubagne…
– Comment se fait-il que vous vous soyez engagé dans la Légion étrangère?
– J’étais jeune… J’avais fait quelques bêtises…
– A Aubagne?
– A Toulon… De mauvaises fréquentations, quoi…

*
Le petit jouet de madame, un 6.33 fabriqué à Herstal… Il faudrait tirer à bout portant pour faire mal à quelqu’un.

*

Il se souvenait d’un bar sympathique, au coin de l’avenue Marigny et de la rue du Cirque, et il ne tarda pas à s’accouder au comptoir. Parce qu’il se trouvait au coin de la rue du Cirque, il se souvint du docteur Martin, le médecin personnel de Parendon.

*
Toi, Lapointe, tu peux partir, manger quelque chose et aller prendre ton poste avenue Marigny… S’il se passe quoi que ce soit de louche, n’hésite pas à me téléphoner, même en pleine nuit, boulevard Richard-Lenoir…

*

Tandis qu’il prononçait la dernière phrase, son regard s’était fixé sur un des candélabres du pont Saint-Michel.

*
C’est un neurologue qui habite rue d’Aguesseau, le frère de mon Parendon…

*
Le bureau du commissaire Maigret… le commissaire désirerait vivement dire quelques mots au docteur… Comment? A Nice?… Oui… Un instant…

– Vous êtes toujours à l’appareil& Pourriez-vous me dire où le docteur est descendu? Au Negresco?… Je vous remercie…

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Appelle le Negresco. Il est six heures… La séance de travail doit être terminée… S’il n’est pas à un cocktail quelconque… Ils durent attendre une dizaine de minutes, car le Negresco était toujours occupé. – Allô? Ici, la Police Judiciaire de Paris, mademoiselle…

*

Les Péruviens sont rentrés vers trois heures du matin après avoir soupé chez Maxim’s. Ils avaient assisté auparavant à une grande première du cinéma, aux Champs-Élysées.

*
Il est sorti de l’immeuble car il a l’habitude d’aller au bar du coin de la rue du Cirque boire son premier café et manger des croissants frais…

*

Chez le directeur, il fut surtout question du fils d’un ministre qui, à quatre heures du matin, avait eu un accident d’automobile, au coin de la rue François-Ier, dans des conditions déplaisantes.

*

Par-dessus les garages, on voyait les nombreuses fenêtres d’un immeuble de six étages, rue du Cirque.

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Il a retrouvé la mère, dans un village du Berry… Elle n’a pas le téléphone et il a chargé quelqu’un, là-bas, de l’emmener à la cabine…

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Vous trouverez un restaurant pas mauvais, rue de Miromesnil… Cela s’appelle Au Petit Chaudron… Ensuite, vous vous partagerez les étages des immeubles que vous apercevez d’ici, rue du Cirque…

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Expliquez-vous plus clairement… C’est une réponse que votre professeur au lycée Racine n’accepterait pas…

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Emmenez-moi Quai des Orfèvres, si vous voulez…

*

Il préféra ne pas la prendre au mot. A Meung-sur-Loire, il lui arrivait de pêcher à la ligne et il avait sorti une fois de l’eau une anguille qu’il avait eu toutes les peines du monde à décrocher de l’hameçon.
*
Personne, en la regardant, n’aurait pu se douter de ce qui s’était passé ce jour-là avenue Marigny et encore moins de ce qui venait de se passer dans tout le bleu du boudoir.
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Vous conduirez directement Mme Parendon au 36, quai des Orfèvres, vous franchirez la voûte et vous tournerez à gauche dans la cour.

Épalinges (Vaud), le 30 janvier 1967.
Première édition : Presses de la Cité, 1968.

 

Maigret hésite. Photo de Megan Jorgensen.
Maigret hésite. Photo de Megan Jorgensen.

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