Littérature

Maria Chapdelaine

Maria Chapdelaine

Maria Chapdelaine – roman par Louis Hémon

La région du lac St-Jean, c’est le pays de Maria Chapdelaine. Le roman de Louis Hémon a popularisé dans le monde entier le nom du village de Péribonca et la région du lac St-Jean.

Hémon était venu en ce pays en quête probablement d’aventures à raconter ou de types à observer. Évidemment, la vie simple et laborieuse des colons lui plut. La simplicité du style et la vérité du récit et des descriptions dénotent une observation aiguë de tous les détails de mœurs, servie par une sympathie sincère.

L’auteur introduit l’élément romanesque en plaçant son héroïne en présence de trois prétendants à sa main, Lorenzo Surpenant, le citadin ; François Paradis, bûcheron et chasseur ; Eutrope Gagnon, le colon de race.

François Paradis, « beau de corps à cause de sa force visible, et beau de visage à cause de ses traits nets et de ses yeux téméraires », plaît à la douce Maria. Un grand amour naît et s’épanouit dans son âme pour ce brave garçon qui lui a parlé avec une sympathie voilée, qui est parti aux chantiers d’abattage pour l’hiver et qui a promis de revenir au printemps. Et voici où le tragique s’introduit.

Maria apprend que François s’est égaré dans la grande forêt enneigée et qu’on ne l’a plus revu. Et c’est bientôt après, la mort de la douce et vaillante mère Chapdelaine. Deux immenses douleurs sont entrées dans l’âme de Maria.

Voilà qu’auprès du lit funèbre où gît sa mère, les réflexions faites à hautes voix par le père Samuel Chapdelaine, lui rappellent la vie de labeur et de dévouement que la pauvre morte a dû mener au côté de son mari défricheur de terre. Un effroi lui vient de vivre cette vie rude en un pays au climat sévère, quand Lorenzo Surprenant pourrait l’emmener vers « l’inconnu magique des villes ». Et elle estite sur l’orientation à donner à sa vie.

Et c’est ici le point culminant du roman. Maria Chapdelaine s’apparente à sainte Jeanne d’Arc. Des voix se font entendre en elle, non pour lui commander de libérer sa patrie d’une domination étrangère, mais pour réveiller cet instinct atavique qui a tenu le peuple canadien français inébranlablement attaché à sa foi, à sa langue, à ses traditions ancestrales.

« Une voix lui rappelle « les cent douceurs inconnues du pays qu’elle voulait fuir », une autre lui chante la douceur des noms français qui ‘ornent le pays. Enfin une troisième voix plus grande et plus forte … la voix de Québec… s’élève. Elle dit la ténacité merveilleuse « des descendants de Français, restés les mêmes, après plusieurs générations. « Nous sommes venus il y a trois cents ans et nous sommes restés… ceux qui nous ont menés ici pourraient revenir parmi nous sans amertume et sans chagrin, car s’il est vrai que nous n’avons guère appris, assurément nous n’avons rien oublié… Au pays de Québec rien n’a changé… Et nous nous sommes maintenus, peut-être afin que dans plusieurs siècles encore le monde se tourne vers nous et dise : Ces gens sont d’une race qui ne sait pas mourir,… Nous sommes un témoignage… Au pays de Québec rien ne doit mourir et rien ne doit changer. »

Maria Chapdelaine a compris : « Alors je vais rester ici… de même ! » Elle épousera le colon Eutrope Gagnon.

L’attachement du Canadien du Québec au sol de son pays, idéalisé dans les dernières pages du roman de Louis Hémon, se traduit en acte en cette région. Sur la plaine saguenayenne, entre St-Siméon et Chicoutimi, le touriste pourra voir, près de la route, le travail des colons s’attaquant à la forêt, la repoussant, lui arrachant la terrer fertile qui produira la nourriture des hommes. Le même travail s’est accompli à sa naissance des paroisses aujourd’hui prospères qui entourent le lac St-Jean et il se continue à la lisière des bois qui les environnent. L’histoire des Chapdelaine se répète ici tout autour de nous.

 

Maria Chapdelaine. Illustration par Megan Jorgensen.
Maria Chapdelaine. Illustration par Megan Jorgensen.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *