Ligne du temps : Parlement du Canada-Uni
1841 : Parlement du Canada-Uni – À la suite des rébellions de 1837-1838, le gouvernement britannique adopte une nouvelle structure politique pour sa colonie canadienne. En 1841, la reine Victoria sanctionne l’Acte d’Union qui fusionne les territoires du Haut et du Bas-Canada pour former le Canada-Uni. Désormais, il n’y aura qu’un seul Parlement. Kingston hérite du statut de la capitale, mais après quelques mois, les parlementaires demandent de déplacer le siège du gouvernement. En fait, Kingston manque de capacité d’accueil et le Parlement, installé dans un ancien hôpital, offre très peu de commodités. La ville est aussi jugée trop près des États-Unis en cas de conflit. En ce moment, la population du Bas-Canada est de 670 000 personnes et celle du Haut-Canada atteint 455 000 âmes.
Décembre 1843 :
Montréal joue un rôle essentiel sur le plan économique, politique et social. C’est la métropole du Canada-Uni, le centre des richesses. C’est aussi une plaque tournante du commerce grâce à son port international. On y trouve à la fois des citoyens anglophones et francophones. La ville offre beaucoup de commodités et de nombreux logements. Elle a tout ce qu’il faut. Après plusieurs débats, donc, les parlementaires demandent de faire de Montréal la capitale, un choix réservé à la reine dans l’Acte d’Union. Ceci marque un début d’autonomie locale face à Londres.
1844 :
Le statut de capitale donne à Montréal une nouvelle prestance. La cité grandit et s’internationalise. Le marché Sainte-Anne : Construite en 1833 en pierre de taille, le marché Sainte-Anne est localisé entre le centre-ville de Montréal et un quartier en pleine expansion. Son architecture de style néoclassique est imposante. C’est dans cet édifice majestueux qu’on installera le parlement après avoir relocalisé les marchands. Rappellerons qu’il s’agit du plus grand édifice public de son époque et le premier marché intérieure de Montréal. Il disposait d’étals des marchands au rez-de-chaussée et au premier étage, d’une vaste salle de concert et de bal et de celliers. La longueur de l’édifice était de 104 mètres.
Au printemps 1844, l’architecte George William Richardson Browne aménage l’intérieur du bâtiment du marché Sainte-Anne pour accueillir le parlement. Cet édifice prestigieux est élégant et majestueux, l’ameublement est luxueux et le tout convient bien aux besoins des parlementaires. On y aménage des bureaux pour les comités et officiers du Parlement, une salle de l’Assemblée législative (Chambre des communes actuelle) une salle du Conseil législatif (sénat actuel), la bibliothèque du Conseil législatif, la bibliothèque de l’Assemblée législative, un restaurant eu un hall d’entrée.
28 novembre 1844 :
Un événement officiel important. L’ouverture de la première session parlementaire est annoncée par 21 coups de canon.
1847-1848 :
À l’heure des réformes. Le Parlement de Montréal est témoin d’une page majeure de l’histoire canadienne. En mars 1848, le parti réformiste, dirigé par le duo LaFontaine et Baldwin, gagne les élections. De nombreuses réformes s’accélèrent : La langue française est reconnue comme l’une des langues officielles de l’État ; l’Assemblée gagne le plein contrôle sur le budget du pays ; On crée les ministères (travaux publics, poste, éducation, etc.) pour répondre aux besoins de la population.
Le ministère Lafontaine-Baldwin est reconnu comme « Gouvernement responsable ». Cette autonomie locale au sein de l’Empire britannique constitue une étape importante dans la genèse de la Confédération canadienne. Un enjeu est l’adhésion au Gouvernement responsable.
1849 :
Les femmes perdent leur droit de vote. Elles le retrouveront à compter de 1918 au fédéral.
25 avril 1849 :
L’incendie du Parlement. Les tories sont furieux et organisent une assemblée au Champ-de-Mars. Plus de 1500 personnes y participent, dont plusieurs membres de la communauté d’affaires anglophone. Après des discours exaltés, un des meneurs, le chef des pompiers Alfred Perry, incite la foule à se rendre au parlement. Les manifestants se ruent vers l’édifice et interrompent la séance en criant et en lançant des pierres. Une douzaine de casseurs entrent et saccagent l’intérieur. L’incendie se déclare et se propage rapidement. Les émeutiers empêchent les pompiers d’arroser le brasier. On ne déplore aucun décès, mais le bâtiment est une perte totale.
Le parlement est éclairé par des lampes à gaz. L’incendie se propage rapidement, sans doute à cause d’une conduite d’alimentation qu’on aurait brisée, volontairement ou accidentellement. Cernés par le feu, les conseillers législatifs sont obligés de fuir en glissant le long des colonnes de la galerie du premier étage. Le parlement abritait deux bibliothèques faisant partie des premières bibliothèques parlementaires en Amérique. Environ 22 000 volumes disparaissent en fumée.
1849 :
En réponse à l’incendie : Peu après l’incendie du parlement, les députés anglophones et francophones, avec le soutien du clergé et de la presse, organisent des assemblées ou des pétitions de citoyens dans tout le Canada-Uni. On y déclare alors son oppositions aux troubles de Montréal ainsi que son soutien au gouvernement et à la couronne britannique. Le nouvel arrangement des pouvoirs gagne l’assentiment populaire. Les tories et les républicains sont marginalisés. Peu après, Montréal perd son statut de capitale. Mais l’histoire du parlement dépasse le temps et s’enfouit au-dessous du site historique du Marché Sainte-Anne.
À l’époque, on voit trois mouvements politiques importants, soit Réformistes, Tories et Républicains. Les Réformistes désirent plus de pouvoirs pour l’Assemblée législative tout en demeurant au sein de l’Empire (représentants : Louis-Hippolyte LaFontaine, Robert Baldwin, tous les deux, Chefs du gouvernement). Tories : de riches marchands anglophones attachés à la couronne britannique. Ils rejettent le gouvernement responsable pour conserver leur emprise sur le pouvoir (représentés par Allan N. Macnab, député et leader tory). Républicains : ils s’opposent au gouvernement responsable, car cela implique de rester dans l’Empire britannique. Ils souhaitent vivre dans une république comme les États-Unis (leur leader est Louis-Joseph Papineau).
Nouvelle organisation politique :
Un gouvernement responsable, plus représentatif de la population.
Londres se réserve certains pouvoirs, notamment sur les relations internationales et l’armée (Reine Victoria et Gouvernement britannique). Gouverneur général qui doit respecter les décisions locales prises par le Parlement. – Le Conseil exécutif : Désormais, les ministres du Conseil exécutif choisis par les députés élus, issus du parti majoritaire à l’Assemblée. Ils contrôlent maintenant la législation et l’administration locale. Le Gouverneur général administrera la Conseil législatif.
À cette époque, la politique se fait autrement : La session est courte (2 à 3 mois) et l’Assemblée législative siège en soirée. Les parlementaires ne sont pas des politiciens professionnels et plusieurs demeurent à l’hôtel.
Plusieurs pères de la Confédération canadienne, comme John A. Macdonald, George-Étienne Cartier et Étienne-Paschal Taché siégeaient déjà au Parlement de Montréal.
1849-1865 :
Entre 1849 et 1865, Québec et Toronto se partagent alternativement le titre de capitale. Le Parlement déménage aux quatre ans.
Octobre 1857 :
Ottawa (Bytown) choisi comme capitale du Canada-Uni par la reine Victoria.
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